- L'équipe du FMI est parvenue à un accord au niveau des services avec les
autorités de la République du Congo sur un programme de trois ans au titre
de la Facilité élargie de crédit (FEC) pour aider le pays à maintenir la
stabilité macroéconomique et impulser une reprise économique dans le
contexte de la pandémie.
- La politique budgétaire jouera un rôle central dans le renforcement de la
reprise tout en contenant les risques et en maintenant la viabilité de la
dette. Il sera également essentiel de donner la priorité aux dépenses
sociales et d'infrastructures telles que reprises dans le Plan National de
Développement 2022/2026.
- L'avancement des réformes en matière de gouvernance, de transparence et
de lutte contre la corruption sera essentiel pour améliorer l'efficacité
des dépenses publiques, l'environnement des affaires et la confiance
économique.
Washington, DC :
Une équipe du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par Pritha Mitra,
Cheffe de mission pour la République du Congo, a effectué une mission
virtuelle auprès des autorités congolaises du 7 au 15 octobre et le 4
novembre 2021, afin de discuter d'un programme devant être soutenu par un
accord de la Facilité élargie de crédit (FEC)
[1]
du FMI.
Au terme de la mission, Mme Mitra a fait la déclaration suivante :
« L'équipe du FMI est parvenue à un accord au niveau des services avec les
autorités de la République du Congo sur un programme de trois ans qui
pourrait être appuyé par un accord au titre de la Facilité élargie de
crédit (FEC) d'un montant de 324 millions de DTS ou $456 millions. Le
programme économique viserait à maintenir la stabilité macroéconomique et
impulser une reprise économique dans le contexte de la pandémie et, dans
les années à venir, à favoriser une croissance plus élevée, plus résiliente
et inclusive.
« Après avoir été durement touchée par la pandémie de COVID-19 et les chocs
des prix du pétrole, l’activité économique redémarre lentement, avec une
croissance du PIB réel qui devrait passer de -0,2 % en 2021 à 2,4 % en
2022. Cette reprise devrait être stimulée par la hausse des prix du
pétrole, le rebond de la production pétrolière du Congo, le déploiement des
vaccins, les dépenses sociales, le remboursement des arriérés intérieurs et
l'expansion de l'agriculture, de l'exploitation minière et des services.
Cependant, les perspectives sont entourées d'une incertitude importante
avec des risques de nouvelles vagues de pandémie et de volatilité des prix
du pétrole.
« La politique budgétaire jouera un rôle central dans le renforcement de la
reprise tout en gérant les risques et en maintenant la viabilité de la
dette. La priorité accordée aux dépenses sociales et d'infrastructures, en
particulier dans les domaines de la santé, de l'éducation et de
l'agriculture, sera essentielle pour renforcer la résilience de l’économie
et améliorer la croissance inclusive. La mobilisation des recettes et la
réduction des dépenses non prioritaires soutiendront ces objectifs tout en
permettant l'assainissement budgétaire progressif nécessaire pour renforcer
la soutenabilité de la dette.
« Dans ce contexte, il serait approprié de cibler un déficit primaire non
pétrolier de 15,5 % du PIB non pétrolier dans le budget de l'exercice 2022.
L'amélioration des recettes facilitera l'augmentation de l'assistance
sociale et des dépenses d'investissement indispensables tout en réduisant
le déficit primaire hors pétrole de 1,7 % du PIB hors pétrole par rapport à
son niveau de 2021. À cette fin, il sera important d'augmenter le
recouvrement des arriérés d'impôts, de réduire les exonérations fiscales et
douanières, et de poursuivre fermement les réformes déjà engagées en
matière de politique et d'administration fiscales, ainsi que la réduction
des transferts aux entreprises publiques (EsP).
« À moyen terme, ces efforts budgétaires devraient être soutenus par une
révision du régime fiscal dans le secteur pétrolier, une suppression plus
importante des exonérations de TVA et une rationalisation des autres
dépenses fiscales, une amélioration des pratiques de passation des marchés
et une gestion plus efficace des investissements publics.
« Projetée à 94 % du PIB à la fin de 2021, la dette est soutenable mais des
vulnérabilités importantes persistent. Les principaux sont les risques de
liquidité et celles liées aux chocs négatifs sur les prix du pétrole. Alors
que les besoins immédiats en liquidités sont soutenus par l'Initiative de
suspension du service de la dette (ISSD) du G20, relever ces défis
nécessitera une stratégie renforcée de gestion de la dette et une
amélioration des statistiques de la dette. Ces mesures viendront compléter
les remboursements substantiels en cours de la dette extérieure—suite à une
restructuration des prêts commerciaux extérieurs—et les remboursements des
arriérés intérieurs. En attendant l'apurement des arriérés extérieurs et la
conclusion des négociations de restructuration en cours, la dette est
classée comme étant en « détresse ».
« Le remboursement des arriérés intérieurs, qui permet de réduire les
créances douteuses, renforce la stabilité financière. À cet égard, la
finalisation rapide de l'audit des arriérés intérieurs accumulés au cours
de 2019-2020 et la communication claire de tout nouveau plan de
remboursement des arriérés intérieurs seront essentielles.
« L'avancement des réformes en matière de gouvernance, de transparence et
de lutte contre la corruption sera essentiel pour améliorer l'efficacité
des dépenses publiques, l'environnement des affaires et la confiance
économique. Les mesures prévues comprennent le dépôt au Parlement de la
nouvelle loi anti-corruption, l'audit et la publication des informations
relatives à la production pétrolière et aux revenus pétroliers
effectivement perçus par le gouvernement, ainsi que le renforcement de la
gestion des finances publiques - par l'audit des dépenses liées à la
pandémie, et l’adoption d’un contrôle et d’une transparence accrus des
dépenses publiques et le recouvrement des recettes pétrolières et non
pétrolières.
« Un plus grand soutien des partenaires au développement sera essentiel à
la réussite de la mise en œuvre de la stratégie de réforme économique et
structurelle des autorités.
« La mission a rencontré le Ministre des Finances, du Budget et du
Portefeuille public, M. Rigobert Roger Andely, et d'autres hauts
fonctionnaires du gouvernement. La mission du FMI a également rencontré des
représentants de la société civile, du secteur privé et des partenaires au
développement.
« L'équipe du FMI remercie les autorités pour leur forte coopération et
pour les discussions franches et constructives qui ont eu lieu».
[1]
La FEC est un accord de prêt qui permet un engagement soutenu du
programme à moyen et à long terme en cas de problèmes prolongés de
balance des paiements.