- La croissance économique en 2021 a dépassé les attentes. Les
perspectives sont toutefois assombries par les probables répercussions
de la guerre en Ukraine sur l’activité économique.
- Face à la hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires, ainsi
qu’à l’accroissement des revendications sociales, maintenir la discipline
budgétaire sera crucial pour préserver la viabilité de la dette.
- Il convient de garder le cap du programme de réformes pour renforcer la
résilience de l’économie.
Washington, le 18 mars 2022
: Une équipe des services du Fonds monétaire international (FMI), dirigée
par M. Edward Gemayel, a mené une mission hybride du 9 au 15 mars 2022 pour
dresser le bilan de l’évolution économique récente, évaluer les
répercussions économiques de la guerre en Ukraine et des sanctions contre
le Mali, et examiner la progression des réformes appuyées par l’instrument
de coordination de la politique économique, l’accord de confirmation et la
facilité de crédit de confirmation.
À l’issue de la mission, M. Gemayel a fait la déclaration suivante.
« L’économie sénégalaise a retrouvé en 2021 sa trajectoire de croissance
d’avant la pandémie, grâce à la vigueur de la production industrielle et du
secteur des services. La croissance du PIB réel est estimée à 6,1 % en
2021, soit environ un point de pourcentage de plus que prévu. L’inflation
moyenne a été maîtrisée à 2,2 %, même si les prix des produits alimentaires
ont augmenté de 2,9 %. Malgré des recettes fiscales inférieures aux
attentes, l’exécution du budget a été, dans l’ensemble, en ligne avec les
objectifs, avec un déficit budgétaire global de 6,3 % du PIB.
Cependant, la guerre en Ukraine assombrit les perspectives
macroéconomiques. La hausse des prix mondiaux des produits alimentaires et
de l’énergie s’ajoute aux défis actuels de la politique économique, y
compris les séquelles de la pandémie, l’insécurité régionale et
l’augmentation des revendications sociales à l’approche des élections
législatives de juillet. Tous ces éléments accroissent les risques de
ralentissement de la croissance économique et se traduiront probablement
par une aggravation des pressions inflationnistes et une augmentation
considérable des dépenses publiques.
L’espace budgétaire du Sénégal s’est nettement rétréci avec l’augmentation
soutenue de la dette publique au cours des dix (10) dernières années, lié
notamment à l’amplification des investissements publics. Comme les
ressources sont limitées, il sera essentiel d’améliorer la mobilisation de
recettes, de rationaliser et mieux cibler les subventions et de revoir
l’ordre de priorité des dépenses, afin d’éviter de grands dérapages
budgétaires et de préserver la viabilité de la dette.
Le renforcement de la résilience de l’économie dépendra de la poursuite de
réformes structurelles clés, en particulier celles visant à i) accélérer la
mise en œuvre de la stratégie de mobilisation des recettes à moyen terme ;
ii) opérationnaliser le nouveau cadre budgétaire régissant l’utilisation
des recettes tirées des hydrocarbures ; iii) préparer une feuille de route
pour l’élimination progressive des subventions à l’énergie, tout en
améliorant le mécanisme actuel de protection des personnes les plus
démunies ; iv) réviser le cadre juridique des marchés publics afin
d’augmenter la fréquence des appels d’offres ouverts et concurrentiels.
L’équipe du FMI tient à remercier les autorités et les autres
interlocuteurs pour leur excellente coopération et pour les échanges francs
et constructifs qui ont eu lieu pendant cette visite. Elle réaffirme
l’appui du FMI aux efforts que les autorités déploient pour mettre en œuvre
leur programme de réformes économiques. Les discussions relatives à la
prochaine revue du programme soutenu par l’instrument de coordination de la
politique économique, l’accord de confirmation et la facilité de crédit de
confirmation sont prévus pour fin avril 2022.
Lors de la visite, l’équipe du FMI a rencontré M. Abdoulaye Daouda Diallo,
Ministre des Finances et du Budget, Mme Sophie Gladima, Ministre de
l’Énergie, des hauts responsables du gouvernement, ainsi que des
représentants des milieux d’affaires et de la société civile. »