Washington, DC : Le Conseil
d'administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu aujourd'hui
la quatrième revue de l'accord au titre de la facilité élargie de crédit
(FEC) en faveur de la République démocratique du Congo (RDC) approuvé le 15
juillet 2021 (voir PR 21/217). L'achèvement de la quatrième revue a permis
un décaissement immédiat équivalent à 152,3 millions de DTS (environ 203,3
millions de dollars) pour soutenir les besoins de la balance des paiements,
ce qui porte le total des décaissements à ce jour à 761,5 millions de DTS
(environ 1 017 millions de dollars).
Les performances macroéconomiques de la RDC font preuve de résilience
malgré une incertitude élevée, renforcée par l'escalade du conflit armé
dans l'est de la RDC et les élections à venir à la fin de 2023. La
croissance du PIB réel est estimée à 8,9 % en 2022, soutenue par une
production minière plus élevée que prévu, qui a également entraîné une
augmentation significative des recettes. L'inflation a atteint 13 % à la
fin de 2022, alimentée par les pressions sur les dépenses et la
dépréciation du taux de change connexe, et ce malgré une baisse des prix à
l'importation. Le déficit de la balance des transactions courantes s'est
creusé pour atteindre 5,3 % du PIB, la croissance plus forte des
exportations n'ayant que partiellement compensé l'augmentation des
importations et la détérioration du compte des services. À la fin de 2022,
les réserves internationales brutes atteignaient 4,5 milliards de dollars
(environ deux mois d'importations). Le déficit budgétaire intérieur à la
fin de 2022 est estimé à 1,2 % du PIB, conformément aux engagements du
programme, bien que la taille et la composition des dépenses soient
différentes, principalement en raison de l'augmentation des dépenses
exceptionnelles liées à la sécurité, compte tenu de la marge de manœuvre
budgétaire créée par l'augmentation des recettes. L'exécution budgétaire
jusqu'en mai 2023 révèle que les dépenses exceptionnelles demeurent élevées
et que les autres dépenses sont sous-exécutées, dans un contexte de baisse
des recettes.
Les progrès réalisés dans le cadre du programme demeurent satisfaisants.
Tous les critères de réalisation à fin décembre ont été respectés. Tous les
objectifs indicatifs à fin 2022 ont été atteints, à l'exception de deux
d'entre eux : celui relatif au plancher des dépenses sociales et celui
relatif au plafond des garanties de la banque centrale pour les prêts de
l'administration centrale, en raison de lacunes dans le suivi et bien
qu'aucune nouvelle garantie n'ait été octroyée. Tous les repères
structurels ont été respectés, à l'exception de celui relatif à la
publication des contrats miniers, en raison de retards. Les autorités ont
désormais publié tous les accords liés au contrat minier renégocié avec
Ventora et au contrat pour la coentreprise Primera Gold.
À l'issue de la discussion du Conseil d'administration, M. Kenji Okamura,
directeur général adjoint et président par intérim, a fait la déclaration
suivante :
L'économie de la République démocratique du Congo a fait preuve de
résilience, malgré l'escalade du conflit dans l'est et l'effet persistant
des chocs passés. La croissance est estimée à 8,9 % en 2022, avec une
inflation plus élevée que prévu car les dépenses publiques rapides ont
accéléré la dépréciation du taux de change. Le conflit dans l'est a pesé
sur les finances publiques ; des recettes inférieures aux prévisions en
2023 et des dépenses exceptionnelles plus élevées limitent les autres
dépenses prioritaires. Malgré ces vents contraires, les résultats obtenus
dans le cadre de la facilité élargie de crédit (FEC) restent globalement
satisfaisants. Les perspectives de croissance restent favorables, tandis
que les risques, liés au conflit dans l'est du pays, aux élections de fin
2023 et aux chocs négatifs sur les termes de l'échange, sont orientés à la
baisse.
Le déficit budgétaire devrait diminuer en 2023, ce qui aidera la politique
monétaire à freiner l'inflation. La baisse des recettes et l'augmentation
des dépenses exceptionnelles justifient un contrôle des dépenses et une
redéfinition des priorités, tout en poursuivant les efforts de mobilisation
des recettes. L'amélioration de l'efficacité des dépenses, des contrôles
plus stricts sur les dépenses dans le cadre des procédures d'urgence et une
meilleure gestion de la trésorerie permettront d'améliorer l'exécution du
budget et de dégager une marge de manœuvre pour les dépenses sociales et de
développement indispensables. Des progrès dans les réformes structurelles
budgétaires, notamment celles liées à la fonction publique, à la subvention
des carburants, la chaîne des dépenses et au fonctionnement du Trésor, la
gestion des investissements publics et la crédibilité du budget, sont
nécessaires pour améliorer l'efficacité des dépenses et la gouvernance.
La volonté de resserrer davantage la politique monétaire, de renforcer le
cadre de la politique monétaire et d'améliorer l'indépendance et les
sauvegardes de la banque centrale favorisera la stabilité des prix.
L'accumulation de réserves contribuera à renforcer la résistance aux chocs
extérieurs. La promulgation des règlements relatifs à la nouvelle loi
bancaire renforcera la surveillance et la résilience financières.
Les réformes visant à renforcer l'État de droit et le système judiciaire, à
lutter contre la corruption, et à améliorer la transparence dans le secteur
minier et les finances publiques sont essentielles pour améliorer le climat
des affaires en vue de favoriser l'investissement privé et la
diversification économique. Il est également essentiel d’agir pour sortir
de la liste grise du GAFI et de mettre en œuvre le nouveau cadre de lutte
contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme. La mise en
œuvre de l'ambitieux programme climatique du pays serait également
importante compte tenu de la vulnérabilité du pays au changement
climatique.
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Tableau 1.
République démocratique du Congo : principaux
indicateurs économiques et financiers, 2022-25
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2022
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2023
|
2024
|
2025
|
|
|
Est.
|
Rapport n°22/390
|
Proj.
|
Rapport n°22/390
|
Proj.
|
Proj.
|
|
|
(variation annuelle en pourcentage, sauf indication
contraire)
|
|
PIB et prix
|
|
|
|
|
|
|
|
PIB réel
|
8.9
|
6.3
|
6.8
|
6.5
|
4.7
|
5.3
|
|
PIB (industries extractives)
|
22.6
|
10.9
|
11.7
|
9.6
|
4.3
|
4.0
|
|
PIB (hors industries extractives)
|
3.1
|
4.2
|
4.4
|
4.9
|
4.9
|
6.1
|
|
Déflateur du PIB
|
6.3
|
6.1
|
11.4
|
6.8
|
6.6
|
6.2
|
|
Indice des prix à la consommation (moyenne annuelle)
|
9.3
|
10.8
|
14.8
|
7.2
|
7.1
|
7.1
|
|
Indice des prix à la consommation (fin d’année)
|
13.1
|
8.3
|
11.5
|
6.9
|
7.1
|
7.0
|
|
|
|
|
|
(variation annuelle en pourcentage de la monnaie au sens
large en début de période)
|
|
Monnaie et crédit
|
|
|
|
|
|
|
|
Avoirs extérieurs nets
|
-7.0
|
11.3
|
22.9
|
15.8
|
8.9
|
14.1
|
|
Avoirs intérieurs nets
|
10.4
|
7.2
|
-6.0
|
4.0
|
4.2
|
-0.7
|
|
Crédit intérieur
|
16.8
|
10.6
|
12.4
|
13.3
|
6.2
|
7.8
|
|
Monnaie au sens large (M2)
|
3.4
|
18.5
|
16.9
|
19.9
|
13.1
|
13.4
|
|
|
|
|
|
(pourcentage du PIB, sauf indication contraire)
|
|
Situation financière de l’administration centrale
|
|
|
|
|
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|
|
Recettes et dons
|
16.6
|
16.8
|
14.8
|
16.5
|
16.5
|
16.8
|
|
Dépenses
|
17.1
|
18.3
|
16.1
|
19.0
|
17.6
|
18.2
|
|
Solde budgétaire intérieur
|
-1.2
|
-0.6
|
-0.5
|
-0.8
|
-0.2
|
-0.2
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Investissement et épargne
|
|
|
|
|
|
|
|
Épargne nationale brute
|
6.2
|
10.0
|
4.6
|
12.1
|
7.9
|
12.0
|
|
Investissement brut
|
11.5
|
14.0
|
10.1
|
15.1
|
11.8
|
14.8
|
|
Hors secteur public
|
8.0
|
8.0
|
6.0
|
8.0
|
6.0
|
8.0
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Balance des paiements
|
|
|
|
|
|
|
|
Exportations de biens et services
|
43.2
|
37.8
|
42.8
|
38.0
|
41.1
|
38.9
|
|
Importations de biens et services
|
48.2
|
41.6
|
48.2
|
40.5
|
45.6
|
43.2
|
|
Solde des transactions courantes
(transferts officiels compris)
|
-5.3
|
-3.9
|
-5.5
|
-3.0
|
-3.9
|
-2.8
|
|
Solde des transactions courantes (hors transferts
officiels)
|
-6.2
|
-5.3
|
-6.3
|
-4.1
|
-5.0
|
-4.2
|
|
Réserves officielles brutes (en semaines des
importations)
|
7.9
|
9.9
|
10.0
|
11.2
|
10.2
|
11.2
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Dette du secteur public
|
|
|
|
|
|
|
|
Service de la dette en pourcentage des recettes publiques
|
6.9
|
7.6
|
7.4
|
7.4
|
6.1
|
6.1
|
|
|
|
|
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Sources: autorités congolaises ; estimations et projections
des services du FMI.
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