Washington, DC: Le Conseil
d'administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé le
cinquième revue de l'accord au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC)
pour la République démocratique du Congo (RDC), approuvé le 15 juillet 2021
(voir
CP 21/217
). L'achèvement de la cinquième revue permet un décaissement immédiat
équivalent à 152,3 millions de DTS (environ 202,1 millions de dollars) afin
de soutenir les besoins de la balance des paiements, portant le
décaissement total à ce jour à 913,8 millions de DTS (environ 1219,1
millions de dollars).
La situation socio-politique et sécuritaire est de plus en plus complexe,
reflétant les prochaines élections générales du 20 décembre, 2023 et le
conflit en cours dans l'est de la RDC. Malgré ce contexte, l'économie
demeure résiliente, avec une croissance du PIB réel projetée à 6,2 % en
2023, soutenue par un secteur extractif toujours dynamique malgré les chocs
négatifs des termes de l'échange. La forte dépréciation du franc congolais
a eu un impact sur l'inflation, qui a atteint 23,3 % en glissement annuel
en juillet 2023, avant de diminuer modérément à la suite des mesures prises
par la Banque centrale du Congo (BCC). Le déficit du compte courant reste
élevé, en raison de la détérioration des termes de l'échange et de
l'augmentation plus importante que prévue des importations. L'accumulation
de réserves internationales a ralenti en raison d'un manque à gagner de
recettes minières libellées en dollars et des interventions effectuées par
la BCC pour parer les pressions à la dépréciation du taux de change. Étant
donné un espace budgétaire limité en raison de la sous-performance des
recettes, les dépenses ont été réorientées vers la sécurité et les élections
au détriment du règlement des arriérés, et le déficit fiscal intérieur de
2023 est projeté à 0,8 % du PIB. La politique budgétaire se concentrera sur
la mobilisation des recettes et sera soutenue par des progrès dans les
réformes de la gestion des finances publiques et des investissements.
Les progrès réalisés dans le cadre du programme FEC ont été globalement
satisfaisants. Tous les critères de réalisation (CR) à fin juin 2023 ont
été respectés sauf un : le CR sur le solde budgétaire intérieur n'a pas été
atteint en raison de la sous-performance des recettes du gouvernement
central et d'ajustements insuffisants des dépenses. Le CR continu sur
l'introduction de nouvelles pratiques de change multiples n'a pas non plus
été respecté. Tous les objectifs indicatifs (OI) à fin juin 2023 ont été
atteints, sauf deux : celui lié au plancher des dépenses sociales et celui
lié au plancher des recettes du gouvernement central. Les réformes
structurelles avancent, bien qu’à un rythme plus lent : sur les neuf
repères structurels, six ont été atteints, deux ont été mis en œuvre avec
des retards, et le dernier concernant la recapitalisation de la banque
centrale a été partiellement atteint et reporté.
À la conclusion de la discussion du Conseil d'administration, M. Kenji
Okamura, Directeur général adjoint et Président par intérim, a fait la
déclaration suivante :
« La croissance de la République démocratique du Congo reste résiliente
malgré les chocs négatifs des termes de l’échange et la crise sécuritaire
et humanitaire liée au conflit armé dans l’est. Malgré les efforts de la
Banque centrale du Congo (BCC) pour freiner l’inflation, la dépréciation et
les pressions inflationnistes persistent. Malgré ces difficultés, la
performance au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) reste
globalement satisfaisante. Même si les perspectives de croissance restent
favorables pour 2023 et 2024, les risques sont fortement orientés à la
baisse, en raison de la poursuite des combats dans l’est du pays, des
mécontentements potentiels par rapport au processus électoral et des chocs
défavorables des termes de l’échange. »
« Le déficit budgétaire intérieur de 2023, bien que plus étroit qu’en 2022,
devrait se creuser par rapport à la quatrième revue en raison de recettes
inférieures aux prévisions et d’un ajustement insuffisant des dépenses, qui
ont été réorientées vers la sécurité et les élections. La mobilisation
continue des recettes, la maîtrise des dépenses – notamment grâce à la
suppression progressive des subventions aux carburants – et l’amélioration
de l’efficacité de la chaîne des dépenses sont essentielles pour créer un
espace pour les dépenses sociales, les investissements prioritaires et
l’apurement des arriérés. Les réformes qui renforcent la gouvernance et la
transparence budgétaires, améliorent la crédibilité budgétaire et limitent
le recours aux procédures d’urgence et les dérapages dans la gestion de la
trésorerie devraient se poursuivre afin de renforcer les cadres de gestion
des finances publiques et des investissements publics. »
« Au-delà de la volonté de la banque centrale de resserrer sa politique
monétaire, le renforcement du cadre de mise en œuvre de la politique
monétaire est essentiel pour parvenir à la stabilité des prix et renforcer
l'attractivité du franc congolais. La poursuite des efforts visant à
accumuler des réserves tout en préservant le rôle d’amortisseur du taux de
change est primordiale pour renforcer la résilience extérieure. Les efforts
visant à renforcer la gouvernance et les sauvegardes de la BCC et à
garantir sa capitalisation adéquate doivent se poursuivre ».
« Faire progresser les réformes visant à améliorer la gouvernance et la
transparence, y compris dans le secteur minier, renforcer les cadres de
lutte contre la corruption et de LBC/FT et améliorer le climat des affaires
sont essentiels pour soutenir le développement du secteur privé et
promouvoir une croissance diversifiée, durable et inclusive. »
|
Tableau 1.
République démocratique du Congo : principaux
indicateurs économiques et financiers, 2022-25
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2022
|
2023
|
2024
|
2025
|
|
|
Est.
|
Rapport
n°23/244
|
Proj.
|
Rapport
n°23/244
|
Proj.
|
Rapport
n°23/244
|
Proj.
|
|
|
(variation annuelle en pourcentage, sauf indication
contraire)
|
|
PIB et prix
|
|
|
|
|
|
|
|
|
PIB réel
|
8.8
|
6.8
|
6.2
|
4.7
|
4.8
|
5.3
|
5.6
|
|
PIB (industries extractives)
|
22.2
|
11.7
|
9.1
|
4.3
|
4.4
|
4.0
|
6.4
|
|
PIB (hors industries extractives)
|
3.1
|
4.4
|
4.7
|
4.9
|
5.0
|
6.1
|
5.3
|
|
Déflateur du PIB
|
5.0
|
11.4
|
16.7
|
6.6
|
13.0
|
6.2
|
8.1
|
|
Indice des prix à la consommation (moyenne annuelle)
|
9.3
|
14.8
|
19.4
|
7.1
|
14.7
|
7.1
|
8.5
|
|
Indice des prix à la consommation (fin d'année)
|
13.1
|
11.5
|
20.8
|
7.1
|
11.6
|
7.0
|
7.0
|
|
|
|
|
|
(variation annuelle en pourcentage de la monnaie au sens
large en début de période)
|
|
Monnaie et crédit
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Avoirs extérieurs nets
|
-7.0
|
22.9
|
29.8
|
8.9
|
10.7
|
14.1
|
13.2
|
|
Avoirs intérieurs nets
|
10.4
|
-6.0
|
2.4
|
4.2
|
10.0
|
-0.7
|
2.8
|
|
Crédit intérieur
|
16.7
|
12.4
|
28.5
|
6.2
|
12.6
|
7.8
|
11.0
|
|
Monnaie au sens large
|
3.5
|
16.9
|
32.3
|
13.1
|
20.7
|
13.4
|
16.0
|
|
|
|
|
|
(pourcentage du PIB, sauf indication contraire)
|
|
Situation financière de l’administration centrale
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Recettes et dons
|
16.9
|
14.8
|
14.3
|
16.5
|
14.9
|
16.8
|
14.7
|
|
Dépenses
|
17.5
|
16.1
|
15.9
|
17.6
|
16.3
|
18.2
|
15.8
|
|
Solde budgétaire intérieur
|
-1.2
|
-0.5
|
-0.8
|
-0.2
|
-0.6
|
-0.2
|
-0.4
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Investissement et épargne
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Épargne nationale brute
|
6.8
|
4.6
|
5.1
|
7.9
|
6.8
|
12.0
|
9.3
|
|
Investissement
|
11.8
|
10.1
|
10.4
|
11.8
|
10.8
|
14.8
|
12.6
|
|
Hors secteur public
|
8.0
|
6.0
|
6.0
|
6.0
|
6.0
|
8.0
|
8.0
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Balance des paiements
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Exportations de biens et services
|
42.1
|
42.8
|
42.5
|
41.1
|
39.6
|
38.9
|
37.2
|
|
Importations de biens et services
|
46.9
|
48.2
|
48.0
|
45.6
|
45.2
|
43.2
|
42.6
|
|
Solde des transactions courantes
(transferts officiels compris)
|
-5.0
|
-5.5
|
-5.3
|
-3.9
|
-4.1
|
-2.8
|
-3.2
|
|
Solde des transactions courantes (hors transferts
officiels)
|
-6.1
|
-6.3
|
-6.1
|
-5.0
|
-5.4
|
-4.2
|
-4.6
|
|
Réserves officielles brutes (en semaines des
importations)
|
8.3
|
10.0
|
9.6
|
10.2
|
10.4
|
11.2
|
11.0
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Dette du secteur public
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Service de la dette en pourcentage des recettes publiques
|
7.0
|
7.4
|
8.3
|
6.1
|
7.4
|
6.1
|
7.3
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Sources: autorités congolaises ; estimations et
projections des services du FMI.
|