Des progrès ont-ils été enregistrés dans la résolution du problème de la dette cachée ?
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Quelles mesures correctives et garanties concrètes le FMI exigera-t-il pour s’assurer que de telles inexactitudes dans la communication des données relatives aux finances publiques ne se reproduisent plus ?
Une équipe des services du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par Mercedes Vera Martin, cheffe de mission pour le Sénégal, effectuera une visite à Dakar du 19 août au 1er septembre. Cette visite sera l’occasion de poursuivre les discussions avec les autorités en vue de la mise en place d’un programme appuyé par le FMI. Les services du FMI consulteront également d’autres acteurs économiques et sociaux au cours de la mission.
Les entretiens concernant un nouveau programme appuyé par le FMI ont débuté lors des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale qui se sont tenues en octobre 2025 à Washington.
Les entretiens visent essentiellement à parvenir à une vision commune des perspectives macroéconomiques, des besoins de financement, ainsi que des politiques et des réformes susceptibles d’être soutenues par un accord de prêt du FMI.
L’objectif global est d’aider le Sénégal à préserver la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette et à favoriser une croissance durable et inclusive.
L’économie sénégalaise a fait preuve de résilience malgré une conjoncture mondiale difficile, aidée en cela par une forte croissance dans le secteur des hydrocarbures. Les soldes extérieurs et budgétaires se sont améliorés, grâce aux exportations de pétrole et aux efforts déployés par les autorités pour maîtriser les dépenses. Toutefois, les sources de vulnérabilité liées aux finances publiques et à la dette restent importantes.
Des risques importants pèsent sur les perspectives à court terme. La hausse des cours mondiaux du pétrole accentuera les tensions sur les finances publiques, notamment en raison du coût des subventions à l’énergie généralisées. Dans le même temps, les sources considérables de vulnérabilité liées à la dette, les incertitudes au niveau mondial et le resserrement des conditions financières pourraient compliquer l’accès au financement.
Les entretiens avec les autorités ont porté principalement sur la nécessité de s’attaquer aux causes profondes de la dette cachée. Il a notamment été question d’audits visant à déterminer l’encours de la dette publique et de réformes convenues d’un commun accord destinées à renforcer la gestion de la dette et à prévenir la communication de nouvelles informations erronées à l’avenir.
Les services du FMI suivent de près la mise en œuvre des mesures convenues visant à préserver la crédibilité, à réduire les facteurs de vulnérabilité et à renforcer la gestion des finances publiques.
Une fois que les autorités auront remédié aux causes profondes de la dette cachée et auront conçu des mesures de lutte contre les déséquilibres macroéconomiques sous-jacents dans le cadre d’un nouveau programme appuyé par le FMI, le conseil d’administration de FMI se prononcera sur l’octroi d’une dérogation afin d’éviter un remboursement anticipé des financements du FMI.
Dans le cadre de nos activités, nous nous appuyons sur les données fournies par les autorités nationales. Il importe de souligner que le FMI est une institution qui ne cesse d’apprendre, et nous tirons les enseignements de cette expérience afin de renforcer encore nos cadres de surveillance et d’intégrité des données.
Les autorités mettent en œuvre des réformes essentielles visant à renforcer la surveillance et la transparence budgétaires, notamment en centralisant la gestion de la dette, en améliorant la qualité des données relatives à celle-ci, en procédant à des audits des arriérés de paiement et en renforçant les contrôles budgétaires.
Ces réformes seront mises en œuvre en plusieurs étapes. Le FMI continuera de suivre la mise en œuvre de ces réformes, notamment dans le cadre des entretiens relatifs à un nouveau programme appuyé par le FMI.
Les services du FMI saluent les autorités pour leur volonté de transparence et pour les mesures prises afin de repérer et de déclarer la dette cachée.
Les services du FMI et les autorités ont examiné différentes options qui permettraient de renforcer la viabilité des finances publiques et de la dette. L’action du FMI porte principalement sur l’évaluation de la viabilité de la dette, des perspectives macroéconomiques, ainsi que des politiques et réformes appropriées. Toute décision relative à une stratégie en matière de dette, quelle qu’elle soit, demeure de la responsabilité des autorités sénégalaises.
Dans ce contexte, les services du FMI et de la Banque mondiale coopèrent étroitement avec les autorités afin de mettre à jour l’analyse de la viabilité de la dette, de manière à tenir compte des données sur la dette et des perspectives macroéconomiques les plus récentes.
Comme pour tous les pays membres du FMI, tout financement accordé par l’institution doit s’appuyer sur des perspectives soutenables en matière d’endettement et être soutenu par des politiques qui placent les finances publiques sur une trajectoire crédible et durable.
Le FMI reste résolu à accompagner le Sénégal dans ses efforts visant à préserver la stabilité macroéconomique et à promouvoir une croissance durable et inclusive.