Groupe intergouvernemental des vingt-quatre pour les questions monétaires internationales et le développement, Communiqué, 18 avril 2013

le 18 avril 2013

Communiqué
18 avril 2013

1. Nous, les ministres du Groupe intergouvernemental des Vingt-Quatre pour les questions monétaires internationales et le développement, avons tenu notre quatre-vingt-neuvième réunion à Washington, le 18 avril 2013 sous la présidence de M. Luis Videgaray Caso, Secrétaire aux Finances et au Crédit public du Mexique, assisté de M. Ashraf El-Araby, Ministre de la Planification et de la Coopération internationale de l’Égypte, Premier Vice-Président, et de M. Alain Bifani, Directeur général des Finances du Liban, Second Vice-Président.

Croissance et productivité dans l’après-crise

2. Bien que l’action des pays avancés et des pays émergents et en développement ait réduit les risques à court terme, nous demeurons préoccupés par la fragilité et le rythme de la reprise mondiale en raison des difficultés et incertitudes qui persistent dans de nombreux pays avancés, y compris dans la zone euro et aux États-Unis. Il faut faire davantage pour dissiper les incertitudes, rétablir la confiance et affermir la croissance. Nous appelons les pays avancés à prendre en compte les retombées négatives pour les pays émergents et en développement de la prolongation des politiques monétaires non conventionnelles, notamment sur l’inflation, et de la volatilité des flux de capitaux et des cours des matières premières. Nous engageons vivement le FMI et le Groupe de la Banque mondiale à œuvrer davantage en faveur d’une plus grande cohérence dans la politique économique mondiale.

3. La croissance des pays émergents et en développement reste robuste, en dépit des contreperformances des pays avancés. Des politique macroéconomiques et des réformes structurelles appropriées restent essentielles pour encourager une croissance tirée par la productivité et reconstituer les marges de manœuvre, pour sauvegarder la stabilité financière et pour gérer la volatilité des flux de capitaux, y compris au moyen de mesures de précaution. Nous convenons de lancer de nouveaux travaux et de promouvoir le dialogue sur les enseignements de nos expériences respectives quant aux moyens de doper la productivité et la création d’emploi pour jeter les bases d’une croissance durable et solidaire.

Réforme du FMI

4. Nous réaffirmons qu’il est important de donner suite aux engagements pris dans le cadre de la réforme de 2010 des quotes-parts et de la gouvernance du FMI afin d’asseoir la crédibilité des efforts engagés pour rehausser la légitimité et l’efficacité du FMI. Nous regrettons que la date-butoir d’octobre 2012 arrêtée pour l’entrée en vigueur de la réforme des quotes-parts et de la gouvernance du FMI de 2010 n’ait pas été tenue et qu’il n’y ait pas eu d’accord sur une nouvelle formule de calcul des quotes-parts avant l’échéance de janvier 2013 fixée pour la révision. Nous soulignons qu’il est important de ne pas en différer l’examen, en vue de parvenir en temps voulu à un accord sur une formule de calcul réformée en profondeur qui puisse servir de base à la 15ème révision générale des quotes-parts, qui doit être achevée d’ici janvier 2014. Nous réaffirmons notre position selon laquelle tout réalignement des quotes-parts visant à rendre compte du poids grandissant des pays émergents et en développement dynamiques au sein de l’économie mondiale ne doit pas se faire aux dépens des autres pays émergents et en développement.

5. Nous sommes fermement convaincus que l’objectif fondamental de la réforme des quotes-parts doit être de renforcer la participation et la représentation des pays émergents et en développement, y compris les pays pauvres et les petits pays à revenu faible ou intermédiaire, et à mieux prendre en compte l’évolution du poids relatif des pays dans l’économie mondiale. La formule actuelle est encore entachée de graves défauts et elle ne répond pas à ces objectifs. Plusieurs mesures sont donc nécessaires pour remédier à ces déficiences. Le poids économique relatif des pays a sensiblement changé. Le PIB en PPA est le meilleur indicateur du poids économique relatif et il convient de lui faire jouer un rôle plus prépondérant dans la formule, en réduisant le biais de la taille, notamment par un facteur de compression plus élevé. Nous sommes d’avis qu’il convient de remédier aux insuffisances de l’indice de variabilité de manière à prendre suffisamment en compte le besoin de ressources du FMI, si cet indice est appelé à rester dans la formule, et nous demandons que tout facteur de compensation concernant la variabilité tienne compte du but premier de cet indice, qui est de rehausser les quotes-parts relatives des pays vulnérables, notamment des pays pauvres. Nous demandons aussi qu’il soit remédié aux graves défauts de conception et de mesure de l’indice d’ouverture, s’il doit continuer à faire partie de la formule. Nous reconnaissons que les réserves doivent être maintenues dans la formule avec leur pondération actuelle. Nous réaffirmons en outre que le renforcement des quotes-parts relatives des pays pauvres doit se faire directement au moyen de la formule de calcul des quotes-parts.

6. Nous regrettons que le récent remaniement du Conseil n’ait pas été suffisamment poussé pour répondre à l’objectif d’accroître la participation et la représentation des pays émergents et en développement. Nous invitons les pays avancés européens à donner suite à leur engagement de fusionner leurs sièges. Nous réitérons la demande que nous formulons depuis longtemps d’un troisième siège pour l’Afrique subsaharienne, pour autant que cela ne se fasse pas aux dépens des autres pays émergents ou en développement. Le dialogue doit être poursuivi dans la perspective de cet objectif et toutes les options disponibles doivent être étudiées.

7. Nous nous félicitons de la décision du Conseil de faciliter l’affectation des bénéfices exceptionnels restants des ventes d’or pour accroître les ressources du fonds fiduciaire pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (RPC) et nous appelons tous les pays qui ne l’ont pas encore fait à déclarer leurs engagements concernant la distribution de ces bénéfices. Nous avons cependant beaucoup de réserves à propos de la réduction de moitié des normes et limites d’accès aux facilités concessionnelles du FMI lorsque la 14ème révision générale des quotes-parts prendra effet. Nous invitons le FMI à veiller à ce qu’aucun pays admissible au fonds fiduciaire RPC ne soit lésé, en faisant un effort concerté pour mobiliser des ressources supplémentaires, y compris par le biais de contributions bilatérales et de la prolongation du non-remboursement au Compte des ressources générales (CRG) des frais administratifs du fonds fiduciaire RPC. Les bailleurs de fonds doivent prendre les mesures nécessaires pour remplir leurs engagements financiers en faveur de la réduction de la pauvreté et de la croissance dans les pays à faible revenu, car cela reste crucial pour leur développement. Nous saluons la proposition visant à assouplir les règles du FMI relatives au plafonnement de la dette en fonction de la situation de chaque pays et convenons que le but ultime doit être de préserver la viabilité de la dette, y compris en offrant des incitations pour assurer un financement suffisamment concessionnel.

8. Nous prenons acte du regain d’attention que le FMI accorde aux États petits et vulnérables et appelons de nos vœux le prompt achèvement des consultations avec les autorités nationales et les autres partenaires au développement pour donner corps à des directives nouvelles et révisées applicables au travail du FMI auprès de certains de ses petits pays membres.

Programme pour le développement et rôle de la Banque mondiale

9. Les échéances des Objectifs du Millénaire pour le développement étant proches, nous soulignons qu’il est vital de redoubler d’efforts pour atteindre ces objectifs convenus à l’échelle internationale, en particulier pour les pays qui sont à la traîne. Nous nous félicitons des travaux entrepris et coordonnés par les Nations Unies en vue d’établir les grandes lignes du programme de développement pour l’après-2015 et nous encourageons le Groupe de la Banque mondiale à continuer à accompagner les efforts menés par les Nations Unies. Nous demandons qu’un ensemble d’objectifs ambitieux soit défini, avec une planification claire et une ferme volonté de mobiliser les ressources nécessaires, de renforcer les partenariats et d’établir des conditions favorisant le développement, notamment le renforcement du système financier, la reconnaissance des besoins des pays et l’amélioration de l’efficacité de l’aide.

10. Nous invitons le Groupe de la Banque mondiale à contribuer au programme de développement pour l’après-2015 conformément à sa mission et en usant de ses atouts comparatifs. Nous saluons la vision et l’objectif exposés par le Président Kim pour mettre plus rapidement fin à l’extrême pauvreté et assurer une prospérité partagée, et nous convenons de la nécessité de se centrer sur l’impératif d’une croissance solidaire et équitable pour jeter les bases d’une réduction de la pauvreté et d’une création d’emplois durables. Nous nous félicitons de l’accent mis sur la viabilité, qui doit être comprise dans ses dimensions sociale, économique et environnementale. Nous sommes également d’avis que le changement climatique et les catastrophes naturelles sont d’énormes menaces pour le développement économique, mais le rôle que joue la Banque mondiale en aidant les pays à maîtriser et gérer ces défis devrait être basé sur sa mission fondamentale de réduction de la pauvreté. Nous prenons note des efforts que la Banque mondiale déploie pour renforcer le secteur privé et nous appelons à l’amélioration et au renforcement des partenariats avec tous les partenaires et parties prenantes.

11. Nous prenons note des éléments de la stratégie unifiée esquissée par le Groupe de la Banque mondiale et attendons avec intérêt qu’ils soient précisés. Nous invitons à nouveau la Banque mondiale à améliorer la flexibilité et la réactivité de ses politiques et instruments. Nous reconnaissons le travail qu’elle a accompli pour faire face aux enjeux et besoins particuliers aux pays en transition, et nous l’engageons à déployer des efforts particuliers pour venir en aide aux pays arabes en transition et aux autres États fragiles et en proie à des conflits en intensifiant ses concours financiers et son appui aux politiques, et en tenant dûment compte des réalités sociales et politiques.

Financement du développement

12. Nous soulignons qu’il est crucial que les pays en développement disposent durablement d’un financement suffisant pour répondre aux aspirations de développement mondiales. Nous appelons de nos vœux la reconstitution dans de bons délais et à un niveau approprié des ressources de l’AID, compte tenu des énormes besoins des pays les plus pauvres et vulnérables, ainsi que celles du Fonds pour l’environnement mondial (FEM), compte tenu de la nécessité impérieuse de protéger l’environnement pour les générations futures. Nous éprouvons des inquiétudes quant à la viabilité du financement de la BIRD et nous réitérons notre demande de solutions nouvelles et novatrices pour renforcer les capacités financières de la Banque mondiale et de la SFI.

13. Nous notons combien il est important de mobiliser des ressources et des investissements à l’appui des infrastructures, pour que nos pays puissent réaliser leurs objectifs cruciaux dans les domaines du développement économique, de l’inclusion et du développement humain. L’ampleur des besoins de financement des infrastructures et les déficiences de l’actuelle architecture de financement du développement exigent de renforcer et de redéployer tous les axes de financement à long terme. Les institutions financières internationales, dont le Groupe de la Banque mondiale, ont un rôle crucial à jouer à cette fin, mais, compte tenu de l’ampleur des besoins et du déficit de financement, il sera aussi important d’actionner d’autres mécanismes de financement complémentaires. Dans ce contexte, nous saluons l’accord conclu entre les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) pour établir une nouvelle Banque de développement et nous attendons avec intérêt des précisions sur son travail avec les autres pays émergents et en développement et les institutions financières concernées.

Autres questions

14. Nous rappelons l’importance que revêt la diversité du personnel à tous les niveaux pour renforcer la légitimité et l’efficacité des institutions financières internationales et nous demandons que des efforts continuent d’être déployés pour développer les initiatives dans ce sens afin d’accroître au sein du personnel la proportion de ressortissants des régions sous-représentées.

15. La prochaine réunion des ministres du G-24 devrait avoir lieu le 10 octobre à Washington.
LISTE DES PARTICIPANTS1

Les Ministres du Groupe intergouvernemental des Vingt-Quatre pour les questions monétaires internationales et le développement ont tenu leur quatre-vingt-neuvième réunion le 18 avril 2013 à Washington, sous la présidence de M. Luis Videgaray Caso, Secrétaire aux finances et au crédit public du Mexique, assisté de M. Ashraf El-Araby, Ministre de la planification et de la coopération international de l’Égypte, Premier Vice-Président, et de M. Alain Bifani, Directeur général des finances du Liban, Second Vice-Président.

La réunion des ministres a été précédée le 17 avril 2013 par la cent-unième réunion des suppléants du Groupe des Vingt-Quatre, sous la présidence de MM. Alfonso Guerra, Directeur des affaires internationales à la Banque du Mexique, et Bosco Marti, Chef des affaires internationales au Ministère des finances et du crédit public du Mexique.

Groupe africain : Omar Bougara, Algérie; Nialé Kara, Côte d’Ivoire; Jean Claude Masangu, République démocratique du Congo; Elmorsy Hegazy, Égypte; Atnafu Teklewold, Éthiopie; Luc Oyoubi, Gabon; Kofi Wampah, Ghana; Ngozi Okonjo-Iweala, Nigéria; Pravin Gordhan, Afrique du Sud.

Groupe asiatique : P. Chidambaram, Inde; Mahmoud Bahmani, République islamique d'Iran; Nada Mufarrij, Liban; Yaseen Anwar, Pakistan; Cesar Purisima, Philippines; Sarath Amunugama, Sri Lanka; Maya Choueiri, Syrie.

Groupe latino-américain: Hernan Lorenzino, Argentine; Rogerío Studart, Brésil; Luis Fernando Mejia, Colombie; Johnny Gramajo, Guatemala; Manuel Ramos Francia, Mexique; Bosco Marti, Mexique; Julio Velarde, Pérou; Larry Howai, Trinité-et-Tobago; José Rojas-Ramirez, Venezuela.

Observateurs : Jassim Almannai, Fonds monétaire arabe; Guanjyao Zhu, Chine; Ines Bústillo, Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes; Ramon Espinel, Équateur; Winston Thompson, Groupe des 77; Stephen Pursey, Bureau international du travail; Abdul Aziz Al Hinai, Banque islamique de développement; Mohammed Daïri, Maroc; Manuel Montes, Centre Sud; Suleiman Al-Herbish, OFID; Yousef Al Bassam, Arabie Saoudite; Sultan Alsuwaidi, Émirats arabes unis; Yuefen Li, Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement; Shamshad Akhtar, UNDESA.

Invités : Christine Lagarde, Directrice générale, Fonds monétaire international

Jim Yong Kim, Président, Banque mondiale

Secrétariat du Groupe des Vingt-Quatre : Amar Bhattacharya, Analisa Bala, Susanne Quadros, Rachael Holt, Ndzouli Mendouga

Secrétariat du FMI pour le G-24 : Rosalind Mowatt, Iulia Teodoru, Dalila Bendourou


1 Personnes assises à la table de discussion.

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