Bulletin du FMI : La baisse des prix du pétrole met à mal les pays du Moyen-Orient et d’Asie centrale
IMF News, January 21, 2015
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- Published: January 21, 2015
Contexte et constat général
- Publication datée du 21 janvier 2015.
- Le FMI publie une mise à jour des Perspectives économiques régionales portant sur les régions du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord, de l’Afghanistan et du Pakistan (MOANAP) et du Caucase et de l’Asie centrale (CAC).
- Les prix du pétrole ont reculé de plus de 55 % depuis septembre 2014, pour s’établir à un niveau observé brièvement en 2009.
- Facteurs évoqués pour la baisse : offre supérieure aux prévisions (en particulier des États-Unis) sans baisse compensatoire de la production de l’OPEP, et demande mondiale affaiblie (notamment Chine, Japon, zone euro).
Effets macroéconomiques et prévisions régionales
- Le FMI prévoit des pertes considérables sur les plans des exportations et des recettes pour les pays exportateurs des régions MOANAP et CAC.
- Dans les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), les recettes tirées des exportations de pétrole et de gaz devraient diminuer d’environ 300 milliards de dollars.
- Pour les pays importateurs, la baisse des prix réduit la facture des importations énergétiques et peut alléger les budgets publics, les entreprises et les consommateurs.
- Les perspectives de croissance pour les régions MOANAP et CAC en 2015 ont été révisées à la baisse en tenant compte de l’évolution du marché pétrolier et de l’économie mondiale.
Impacts spécifiques et vulnérabilités
- L’effondrement des prix devrait entraîner une détérioration sensible du solde budgétaire des pays exportateurs des régions MOANAP et CAC.
- À l’exception du Koweït, du Qatar et du Turkménistan, tous les pays de la région devraient afficher un déficit budgétaire en 2015.
- Pour la région CAC, l’impact est aggravé par la récession grandissante en Russie, liée par le commerce, les envois de fonds et l’investissement direct étranger.
- Les pays sans réserves ou capacités d’emprunt considérables devront s’adapter plus rapidement, avec des conséquences négatives pour la croissance économique.
Facteurs déterminants à moyen terme
- Les perspectives des prix du pétrole dépendront de la réaction de l’investissement et de la production du secteur pétrolier à la baisse des prix.
- Il faudra observer si l’OPEP reprend un rôle de producteur d’appoint ou si les prix seront davantage influencés par le coût marginal de la production de pétrole de schiste.
Recommandations politiques et mesures prioritaires
- Pays exportateurs de pétrole :
- Éviter de réduire brutalement leurs dépenses malgré l’évolution défavorable du marché pétrolier.
- Ajuster la position budgétaire à moyen terme de manière progressive mais résolue afin d’assurer la viabilité des finances publiques et l’équité entre générations (déclaration de Masood Ahmed, Directeur du Département Moyen-Orient du FMI).
- Réformer les subventions énergétiques.
- Diversifier l’économie hors du pétrole et promouvoir la transformation du secteur privé en moteur durable de croissance et de création d’emplois.
- Pays importateurs de pétrole :
- Éviter de dépenser les gains exceptionnels attribuables à la baisse des prix en engagements difficiles à inverser si les prix remontent.
- Poursuivre la réforme des subventions énergétiques.
- Accélérer la création d’emplois et la croissance, notamment en améliorant le climat des affaires, la gouvernance, l’éducation et l’intégration commerciale.
- Mesure générale :
- Profiter de la période de pétrole moins cher pour accélérer des réformes économiques structurelles.
Chiffres et constats clés à retenir
- Baisse des prix du pétrole : plus de 55 % depuis septembre 2014.
- Niveau des prix observé brièvement en 2009.
- Perte estimée pour les recettes d’exportation de pétrole et de gaz dans les pays du CCG : environ 300 milliards de dollars.
- Année de référence pour déficits généralisés : 2015.
- Croissance nécessaire pour réduire sensiblement le chômage (selon le FMI) : une croissance soutenue de plus de 8 %.
Source : Bulletin du FMI — mise à jour des Perspectives économiques régionales (21 janvier 2015).