Une mission des services du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par Samir Jahjah, s’est rendue à Bangui du 6 au 13 septembre 2016 pour évaluer
l’évolution économique et financière à fin d’août, passer en revue les progrès réalisés dans la mise en oeuvre du programme
appuyé par l’arrangement récemment approuvé au titre de la Facilité élargie de crédit (
FEC
) 1 et faire le point sur la préparation de la Conférence des bailleurs de fonds qui doit se tenir le 17 novembre 2016 à Bruxelles.
À l’ issue de la visite, M. Jahjah a fait la déclaration suivante:
« Depuis le début de l’année, l’économie est sur une trajectoire de forte reprise. L’activité économique reprend, notamment dans les secteurs du café, du
coton et de la forêt. Le commerce et le transport affichent également une performance supérieure aux prévisions. Pour autant, la croissance économique
globale demeure faible en raison de la faiblesse des dépenses d’investissement publics, l’insuffisance des infrastructures de base et les carences
persistantes du secteur bancaire. Les prix des produits alimentaires ont baissé au cours des six premiers mois de l’année, mais il a été observé une
certaine remontée au cours de l’été, du fait du retour des réfugiés et des fortes précipitations qui ont perturbé la récolte de manioc. Les recettes
budgétaires et les dépenses publiques sont globalement conformes aux projections, tandis que l’apurement des arriérés de paiements a excédé les niveaux
projetés.
« En conséquence, les projections actuelles visent une croissance économique de 5,2 % et une inflation de 4 %, avec cependant des risques à la hausse si
les récentes pressions inflationnistes observées à Bangui persistent pendant le reste de l’année. Le solde budgétaire global devrait correspondre à
l’objectif du programme, à savoir un déficit primaire de 3,3 % du PIB en 2016.
« La mise en œuvre du programme de réformes structurelles du gouvernement semble être bien partie et, en l’absence d’événements inattendus, le gouvernement
devrait atteindre son objectif de recettes pour 2016. Le budget révisé pour 2016, soumis au Parlement, inclut des mesures additionnelles pour mobiliser
davantage de recettes intérieures, grâce notamment à une nouvelle structure de prix à la pompe des produits pétroliers. Les dépenses courantes sont
maîtrisées, Toutefois, les autorités prévoient d’inscrire de nouvelles dépenses liées à la démobilisation, lesquelles ont reçu un soutien financier de la
part des membres de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale. Les appuis budgétaires projetés jusqu’à la fin de l’année devraient se
concrétiser —ce qui permettra au gouvernement d’accumuler des réserves financières et offrir une marge de manœuvre budgétaire qui contribuera à empêcher
l’accumulation d’arriérés de paiements intérieurs, notamment en matière de pensions.
« Pour ce qui est des perspectives futures, l’économie devrait croitre davantage en 2017, appuyée par les efforts de paix et de réconciliation en cours, la
poursuite de la mise en œuvre de politiques macro-économiques et structurelles appropriées, la mise en place d’un plan d’investissement basé sur des
projets répondant aux priorités de l’heure et soutenus par une éventuelle assistance importante des partenaires de développement qui doivent se réunir à
Bruxelles le 17 novembre 2016. La mission salue les efforts déployés par le gouvernement visant l’obtention par le Processus de Kimberley de la suspension
partielle des exportations de diamants.
« La mission du FMI a rencontré le Président, M. Faustin Archange Touadera, le Premier ministre, M. Simplice Mathien Sarandji, le Ministre de l’économie,
du Plan et de la Coopération Internationale, M. Félix Moloua, le Ministre d’État pour la sécurité, M. Sacko, le Ministre des Finances et du Budget, M.
Henri-Marie Dondra, le 1er Vice-Président de l’Assemblée Nationale, Mr. Aurelien Simplice Zingas, le Président de la Commission des Finances et
du Budget, M. Martin Ziguélé et le Directeur national de la Banque des États d’Afrique centrale, M. Ali Chaibou. La mission a également rencontré des hauts
fonctionnaires de l’État en charge des questions financières et économiques, des représentants du secteur privé et les représentants des retraités et des
partenaires de développement.
« La mission remercie les autorités de la République Centrafricaine pour leur chaleureuse hospitalité et les discussions fructueuses. »
1 La FEC est un accord de prêt qui offre un programme soutenu du moyen au long terme dans les cas de problèmes persistants de balance des paiements. L’accord
en faveur de la République centrafricaine, pour un montant équivalant à 83,55 millions de DTS (environ 115,8 millions de dollars, soit 75 % de la
quote-part), a été approuvé le 21 juillet 2016 (voir
Communiqué de presse No.16/352
).