Une équipe des services du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par
M. Cheikh Anta Gueye a séjourné à Niamey du 3 au 10 mai 2017 pour évaluer
l’évolution économique en 2016 et au début de 2017, ainsi que pour examiner
avec les autorités les mesures correctives qu’il convient de prendre pour
atteindre les objectifs fixés pour fin juin 2017 dans le cadre du programme
appuyé par l’accord au titre de la facilité élargie de crédit (FEC)
[1]. Le programme a été approuvé par le Conseil d’administration le 23 janvier
2017 (voir
Communiqué de presse no 17/18).
À la fin de la visite, M. Gueye a publié la déclaration ci-après :
« Les résultats macroéconomiques du Niger sont globalement satisfaisants.
Selon les estimations, la croissance est passée de 4 % en 2015 à 5 % en
2016, grâce à une bonne campagne 2016/17 et à un redressement de la
production pétrolière fin 2016. Mais le rythme de l’activité économique est
à peine supérieur à la croissance de la population et continue de souffrir
des problèmes de sécurité et de la crise humanitaire, de l’évolution
défavorable des prix à l’exportation de l’uranium et du pétrole, et des
difficultés économiques dans les pays voisins. L’inflation annuelle moyenne
est restée maîtrisée à 0,2 % fin 2016. Les perspectives économiques à moyen
terme restent favorables, mais sont exposées à des risques liés à la
sécurité régionale et aux prix des matières premières.
« L’exécution du budget en 2016 a souffert de moins-values de recettes, qui
s’expliquent en partie par l’évolution défavorable dans les secteurs des
matières premières et la persistance des problèmes économiques dans les
pays voisins. Par ailleurs, les mesures mises en œuvre par l’administration
des douanes n’ont pas produit les résultats attendus. À fin décembre 2016,
la plupart des objectifs budgétaires ont été atteints, excepté ceux liés
aux recettes, qui étaient inférieures de 0,8 % du PIB à l’objectif
« Les moins-values de recettes ont persisté au premier trimestre de 2017.
Le contrôle soutenu des dépenses par le biais de la régulation budgétaire a
contribué à maintenir le déficit budgétaire et le financement intérieur en
deçà des objectifs du programme appuyé par la FEC. Des progrès ont été
accomplis dans la mise en œuvre des réformes structurelles. Les autorités
ont notamment bien avancé dans la mise en place du Compte Unique du Trésor,
et la mise à jour de la politique nationale du genre de 2008,
particulièrement en ce qui concerne l’autonomisation des femmes et la
réduction des inégalités entre hommes et femmes.
« Les autorités ont souligné leur solide attachement au programme et leur
détermination à prendre immédiatement les mesures correctives nécessaires
pour atteindre les objectifs fixés dans le programme appuyé par la FEC pour
fin juin 2017. Il s’agit de mener des contrôles concernant l’impôt sur le
revenu et la TVA, d’améliorer le recouvrement des arriérés d’impôts,
d’utiliser les valeurs de transaction effectives pour l’évaluation des
taxes douanières, et d’empêcher la fraude sur la commercialisation des
produits pétroliers et d’améliorer la gestion des exonérations fiscales.
Pour le moyen terme, les autorités préparent une stratégie de réduction du
déficit budgétaire pour remplir les critères de convergence de l’UEMOA et
la mise en place d’un dispositif qui permettra d’améliorer le recouvrement
de la TVA.
« La mission a rencontré le Président Issoufou Mahamadou et le Premier
Ministre Brigi Rafini, le Ministre des Finances Massoudou Hassoumi, le
Ministre Délégué au Budget Ahmat Jidoud, et d’autres hauts cadres de
l’administration ainsi que le Directeur national de la BCEAO. L’équipe a
rencontré aussi des représentants de la société civile, du secteur privé et
des bailleurs de fonds.
« La mission du FMI tient à remercier les autorités de leur hospitalité
chaleureuse et des entretiens constructifs et productifs. »
[1]
La facilité élargie de crédit (FEC) est le principal outil dont
dispose le FMI pour accorder une aide financière à moyen terme aux
pays à faible revenu. Un financement au titre de la FEC est assorti
d’un taux d’intérêt nul, d’un différé d’amortissement de cinq ans
et demi et d’une échéance finale de dix ans.