Le Conseil d’administration du FMI approuve un accord élargi de 642 millions de dollars au titre du mécanisme élargi de crédit (MEDC) en faveur du Gabon
IMF News, June 20, 2017
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- Published: June 20, 2017
Résumé de l’accord
- Accord triennal élargi au titre du mécanisme élargi de crédit (MEDC) approuvé le 19 juin 2017 pour le Gabon.
- Montant de l’accord : 464,4 millions de DTS (soit environ 642 millions de dollars et 215 % de la quote-part du pays).
- Décaissement immédiat ouvert par la décision du Conseil : 71,43 millions de DTS, soit environ 98,8 millions de dollars.
- Le montant restant sera étalé sur la durée du programme et soumis à des revues semestrielles.
Objectifs stratégiques du programme
- Assurer la stabilité macroéconomique et jeter les bases d’une croissance durable et équitable.
- Atteindre la viabilité de la dette au niveau national.
- Contribuer à rétablir et préserver la stabilité extérieure pour la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).
- Appuyer les grands objectifs du programme national de relance économique du Gabon.
Défis macroéconomiques récents
- La chute des cours du brut depuis le milieu de 2014 a provoqué une forte baisse des exportations de pétrole et des recettes budgétaires.
- Trois grands défis identifiés :
- Ralentissement de la croissance : 2,1 % en 2016, contre 3,9 % en 2015.
- Augmentation des niveaux d’endettement public.
- Insuffisance des marges de manœuvre budgétaire et extérieure.
- Déficit des transactions courantes : dépassant 10 % du PIB en 2016, contre un excédent moyen d’environ 14 % du PIB sur la période 2010-14.
- Inflation moyenne : 2 % en 2016 (alignée sur le critère de convergence de la CEMAC).
- Conséquences budgétaires : financement intérieur bancaire élevé et accumulation d’arriérés suite au creusement du déficit budgétaire global.
Perspectives et scénarios à moyen terme
- Perspectives favorables si les politiques prudentes prévues sont mises en œuvre.
- Croissance potentielle : renouer avec les niveaux antérieurs de 4-5 % grâce à la stratégie de diversification des autorités.
- Rôle des investissements : d’importants investissements dans l’agriculture et la logistique devraient développer un avantage comparatif dans l’agroalimentaire et valoriser les activités d’aval hors pétrole.
- Condition : succès conditionné à la mise en œuvre rigoureuse des politiques et réformes envisagées.
Piliers et mesures clés du programme
- Trois grands piliers :
- Un assainissement budgétaire bien équilibré réduisant l’impact sur la croissance et protégeant les populations vulnérables.
- Des réformes structurelles pour accroître l’efficience et la transparence des dépenses publiques.
- Des politiques destinées à renforcer la stabilité du secteur financier et la diversification économique.
- Protection des secteurs sociaux : priorisation de la santé, de l’éducation et de la protection sociale pour préserver le capital humain et protéger les plus vulnérables.
- Mesures pour les recettes :
- Amélioration de la mobilisation des recettes non pétrolières.
- Renforcement du civisme fiscal et lutte contre la fraude fiscale.
- Modernisation des déclarations d’impôts et des procédures de paiement.
- Élargissement de l’assiette fiscale en réduisant les régimes spéciaux et les exonérations, notamment en matière de TVA.
- Création d’un office des recettes.
- Gestion des arriérés : mise en œuvre d’une stratégie de remboursement intégral des arriérés durant la période du programme.
- Réformes de gestion des finances publiques : mise en œuvre des directives de la CEMAC, amélioration de la transparence budgétaire, gestion des investissements publics, renforcement de la surveillance financière des entreprises publiques et des organismes d’État.
Politique budgétaire et cibles chiffrées
- Objectifs budgétaires pour 2017 et comparaison avec 2016 :
- Ramener le déficit global (base caisse) à 4,6 % du PIB en 2017, contre 6,6 % en 2016.
- Déficit primaire hors pétrole cible : 8,9 % du PIB non pétrolier en 2017, contre 11 % en 2016.
Stabilité financière et inclusion
- Mesures proposées :
- Sauvegarde de la stabilité du secteur financier et promotion de l’inclusion financière pour accompagner les objectifs économiques.
- Résolution rapide des trois banques publiques en difficultés.
- Renforcement du dispositif de supervision des banques commerciales pour appuyer l’intermédiation financière et favoriser une croissance tirée par le secteur privé.
Réformes structurelles et climat des affaires
- Actions recommandées pour diversifier l’économie :
- Amélioration du climat des affaires (création d’entreprises, obtention de permis de construire, transfert de propriété, paiement des taxes et impôts, exécution des contrats).
- Amélioration de la production et de la diffusion de statistiques économiques.
Dimension régionale
- Le programme s’inscrit dans la stratégie tracée par les Chefs d’État de la CEMAC (Sommet de décembre 2016 à Yaoundé) :
- Maintien de la parité fixe actuelle.
- Opérations d’importants ajustements budgétaires dans chaque pays.
- Durcissement de la politique monétaire au niveau régional.
- La réussite du programme dépendra aussi de la mise en œuvre de politiques et réformes d’accompagnement par les institutions régionales.
Communiqué de presse N° 17/233 — 20 juin 2017. Département de la communication du FMI.