Si l’économie canadienne a repris vigueur, les perspectives sont moins
optimistes. Dans son évaluation annuelle de l’économie canadienne, le FMI
note qu’une augmentation des dépenses dans les infrastructures peut
stimuler la croissance à court terme et à long terme.
La croissance de l’économie canadienne a atteint près de 4 % en rythme
annuel au premier trimestre de 2017, soit la croissance la plus rapide
parmi les pays membres du G7. L’ajustement de l’économie à la baisse des
prix du pétrole étant pratiquement achevé, la croissance devrait
s’accélérer à 2,5 % cette année, contre 1,5 % en 2016.
Cependant, cette reprise tient principalement à un affermissement de la
demande des consommateurs et de l’activité dans le secteur du logement,
tandis que l’investissement des entreprises et les exportations hors
énergie restent faibles. Cela soulève des questions quant à la durabilité
de cette reprise à un moment où les perspectives de l’économie canadienne
sont exposées à des risques considérables, en raison des déséquilibres
croissants sur le marché du logement et de l’incertitude accrue qui entoure
la politique commerciale et la politique fiscale des États-Unis.
La faible croissance de la productivité et le vieillissement de la
population pèseront aussi sur la croissance potentielle. Pour soutenir
l’économie, le gouvernement canadien cherche à accroître les dépenses dans
les infrastructures, un facteur important pour rehausser la productivité,
note le rapport.
Une population vieillissante
Par le passé, la croissance du marché du travail a été le moteur principal
de la croissance canadienne. Cependant, le Canada, comme bon nombre
d’autres pays, fait face à un vieillissement rapide de sa population, les
baby-boomers nés après la Seconde Guerre mondiale atteignant l’âge de la
retraite. Le ratio de la population en âge de travailler (15 à 64 ans) à la
population totale a diminué d’environ 2 points depuis 2010 (année où il
avoisinait 69 %) et devrait encore tomber de 7 points au cours des 20
prochaines années.

Le gouvernement a engagé des réformes structurelles ambitieuses pour
inverser la tendance à la baisse de la croissance à long terme, par exemple
en réduisant les obstacles aux échanges commerciaux intérieurs, en
améliorant le cadre de l’innovation, en investissant dans l’éducation et la
formation, ainsi qu’en encourageant l’arrivée d’immigrants hautement
qualifiés. En outre, il a fait des dépenses dans les infrastructures un
pilier de sa stratégie de croissance, car diverses études montrent que,
s’il est bien exécuté, l’investissement dans les infrastructures est
bénéfique tant à court terme qu’à long terme. Le gouvernement fédéral a
l’intention de doubler l’investissement public pour le porter à 187
milliards de dollars canadiens (soit 7 ½ % du PIB) sur les 10 prochaines
années.
Une nouvelle banque de l’infrastructure
Dans le cadre de son programme d’investissement dans les infrastructures,
le gouvernement fédéral a mis en place récemment une Banque de
l’infrastructure du Canada, qui deviendra opérationnelle d’ici fin 2017.
Cette banque privilégiera les projets de grande envergure, complexes et
générateurs de recettes, qui sont dans l’intérêt public mais ne seraient
pas réalisables parce que les risques sont trop élevés et que les
rendements financiers sont trop faibles pour attirer des investisseurs
privés. Elle collaborera étroitement avec les autorités provinciales et
locales, ainsi qu’avec des partenaires du secteur privé, pour transformer
la manière dont les infrastructures sont planifiées, financées et fournies
au Canada, et sera autorisée à investir 35 milliards de dollars canadiens.
Comme des capitaux privés seront attirés, la demande de ressources
budgétaires sera réduite, ce qui permettra de diminuer l’emprunt public ou
de dégager des fonds pour d’autres projets prioritaires. La Banque de
l’infrastructure du Canada sera différente du modèle des partenariats
public-privé, où l’État conserve la propriété de l’actif et finance le
projet sur son budget.
Obtenir l’adhésion du public
L’adhésion du public à la stratégie de base de la Banque de
l’infrastructure du Canada constitue un préalable à son succès. Le
gouvernement et la banque elle-même doivent bien faire comprendre au public
les bienfaits de la participation d’investisseurs privés en indiquant que
ces derniers apportent leurs compétences techniques, leur discipline et
leur créativité pour réduire le risque et le coût global des projets.
La publication des critères de sélection des projets et des investisseurs,
ainsi qu’une procédure de sélection concurrentielle de ces derniers,
convaincra la population que ses intérêts sont satisfaits au moindre coût.
La Banque de l’infrastructure du Canada constitue un nouvel outil important
de promotion de la croissance à long terme au Canada, note le rapport.