Une équipe des services du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par
M. Ali Mansoor, a séjourné à Dakar du 7 au 19 septembre 2017 et a eu des
entretiens dans le cadre de la cinquième revue de l’instrument de soutien à
la politique économique (ISPE)
approuvé en juin 2015
.
À l’issue de cette visite, l'équipe a rendu publique la déclaration
suivante :
« La croissance économique devrait rester solide, au-dessus de 6 %, et
l'inflation se situerait à 2 % en 2017. Cependant, la dette publique a
continué d'augmenter et le service de la dette qui était de 24% des
recettes en 2014, pourrait atteindre 30% en 2017. L'assainissement
budgétaire doit se poursuivre. Cela nécessitera la mobilisation de recettes
intérieures, en particulier la suppression progressive des exonérations à
faible incidence socioéconomique, la réduction des projets d'investissement
financés sur ressources propres qui n'ont pas été évalués par la banque
intégrée de projets, et une stricte limitation des financements nets du
Trésor aux opérations budgétaires de l’année en cours.
« La mise en œuvre du programme appuyé par l'ISPE demeure globalement
satisfaisante. Les objectifs quantitatifs à fin juin 2017 ont été réalisés,
hormis l’objectif indicatif relatif aux recettes fiscales du fait d’un
niveau de recette pétrolières inférieur aux prévisions. Des progrès
importants ont été accomplis dans la mise en œuvre des trois repères
structurels liés à l'administration des recettes et à la gestion des
finances publiques.
« Les perspectives macroéconomiques pour 2018 sont favorables, mais la
charge croissante du service de la dette publique doit être prise en
considération. La mission salue la détermination des autorités en vue
d’éliminer les besoins de financement en sus du déficit budgétaire, au
moyen de : i) la restructuration de La Poste ; ii) la mise en œuvre des
réformes du Fonds national de retraites ; et iii) l’application des règles
budgétaires dans la gestion des comptes de dépôts.
« L’assainissement budgétaire devrait connaître un léger ralentissement en
2018, conduisant à un déficit de 367 milliards FCFA (3,5 % du PIB) afin de
dégager une marge pour exécuter les projets financés par des ressources
concessionnelles. Pour éviter que cet assouplissement n'entraîne une
croissance excessive du service de la dette à moyen terme, il sera
essentiel de réduire les exonérations fiscales, d'intégrer les recettes
quasi budgétaires dans le budget, et d'assurer l'évaluation de tous les
nouveaux projets d'investissement financés sur ressources intérieures. Si
ces mesures sont appliquées en 2018, elles devraient contribuer à ramener
le service de la dette aux niveaux de 2014 au cours des 10 prochaines
années.
« Afin de maintenir l'élan de la croissance à moyen terme, les réformes
prévues au régime de zone économique spéciale (ZES) doivent être étendues
pour promouvoir le développement des PME et mobiliser l'IDE afin d’assurer
une production compétitive au plan mondial. La mission salue les
propositions faites par les autorités concernant le recours au compacte
pour l'Afrique du G20 pour étendre et accélérer les réformes de la ZES
visant à instaurer une gouvernance économique fondée sur des règles et un
régime fiscal transparent. Le remplacement des trêves fiscales de 50 ans
dans la ZES par un impôt sur le revenu de 15 % ne pouvant faire l'objet
d'exonérations est une mesure positive. D'autres réformes doivent viser à
soumettre tous les investisseurs de la ZES à la TVA assortie d'un régime de
remboursement rapide pour les exportateurs. Cela assouplirait les contrôles
quant aux investisseurs admissibles dans la zone, facilitant ainsi la
sortie des PME du secteur informel. L'appui dans le cadre du compacte pour
l'Afrique permettra également de s'attaquer aux goulets d’étranglement
infrastructurels de la ZES, en particulier celui de l'électricité.
« Les délibérations du Conseil d'administration du FMI sur la cinquième
revue du programme appuyé par l'ISPE sont provisoirement programmées pour
décembre 2017 ».
L'équipe des services du FMI a rencontré le Premier Ministre, les ministres
ou les responsables du gouvernement chargés de l’Économie, des finances et
du plan, de la Fonction publique, de l’Industrie et des mines, et de la
Promotion des investissements, le Directeur national de la BCEAO, d’autres
hauts fonctionnaires et les représentants des partenaires au développement.
Elle tient à remercier les autorités pour leur hospitalité, leur étroite
collaboration et le climat de franchise qui a prévalu tout au long des
entretiens.