Une mission des services du Fonds monétaire international (FMI) conduite
par M. Christoph A. Klingen a séjourné à Niamey du 23 octobre au 6 novembre
2017 afin de mener des discussions sur la première revue du programme
appuyé par la facilité élargie de crédit (FEC).
[1]
Le programme du Niger a été approuvé par le conseil d'administration du FMI
le 23 janvier 2017 (voir communiqué de presse no 17/18).
À l’issue de la visite, M. Klingen a publié la déclaration ci-après :
« Les autorités nigériennes et l’équipe du FMI ont convenu, au niveau des
services du FMI, d’un un accord en vue de la conclusion de la première
revue du programme appuyé par la FEC. Sous réserve de l'approbation par la
Direction générale et le Conseil d'administration du FMI, le Niger
bénéficiera d’un décaissement de 14,1 millions de DTS (environ 10,97
milliards de FCFA). L’examen du dossier par le Conseil d'administration est
actuellement prévu en janvier 2018.
« Les résultats macroéconomiques du Niger sont globalement satisfaisants,
en dépit des problèmes sécuritaires et de l’évolution défavorable des cours
des matières premières, en particulier pour l'uranium. Bénéficiant d’une
bonne campagne agricole et d’un rebond de la production pétrolière, le PIB
réel a affiché une croissance de 5 % en 2016 et l’inflation est restée
maîtrisée à 0,2 %. Le déficit des transactions courantes s’est sensiblement
amélioré pour s’établir à moins de 16 % du PIB, grâce à l’achèvement de
plusieurs projets d’investissement à forte intensité d’importations. Le PIB
réel devrait s’accroître de 5,2 % en 2017, tiré principalement par la
vigueur des secteurs des hydrocarbures et des services, et soutenu par une
plus forte croissance du crédit. L’inflation resterait bien maîtrisée et le
déficit des transactions courantes devrait vraisemblablement s’améliorer
encore en 2017. La croissance se stabiliserait à 5,2 % en 2018, mais à
moyen terme, les efforts de réforme du gouvernement devraient être
récompensés par une accélération de la croissance. L’inflation serait
maintenue en dessous du critère de convergence de l’UEMOA de 3 % et la
position des réserves de change devrait commencer à se consolider à compter
de 2017.
« Tous les critères de réalisation quantitatifs pour juin 2017 ont été
respectés. Les objectifs de déficit budgétaire et de réduction des arriérés
de paiement intérieurs ont été atteints. Toutefois, les recettes n’ont pas
atteint les niveaux prévus, en raison du repli des échanges commerciaux
avec le Nigeria et des retards accusés dans la mise en œuvre de certaines
mesures à fort potentiel de recettes, notamment au niveau de la douane.
Compte tenu de l'engagement ferme du gouvernement à mener une politique
budgétaire prudente, les déficits budgétaires de base et global devraient,
cette année, être réduits à 4 % et 5,4 % du PIB, respectivement. Des
progrès ont été réalisés dans la mise en œuvre des réformes structurelles,
bien que certains repères structurels n'aient pas été pleinement respectés
dans les délais en raison de contraintes de capacités.
« Pour l’année 2018, le gouvernement a présenté une politique budgétaire
solide soutenue par des mesures concrètes afin de parvenir à un
accroissement des recettes, des actions visant à contenir les dépenses
financées sur ressources intérieures, et des programmes permettant de
rehausser la qualité de la dépense publique. Les objectifs prévus pour les
soldes budgétaires global et de base permettent d’une part de placer les
finances publiques sur la voie d’atteindre le critère de convergence de
l’UEMOA de 3 % du PIB pour le déficit budgétaire global dons compris d’ici
2020, et d’autre part d’apurer rapidement les arriérés de paiement
intérieurs. Le projet de budget 2018 vise également une absorption plus
complète des ressources extérieures en augmentation, ce qui contribuera à
court terme à donner une impulsion à l'économie et à améliorer sensiblement
les perspectives à long terme. Un programme de réformes structurelles pour
l’année 2018 a été convenu, et axé sur la mobilisation des recettes et
l'amélioration de la gestion des finances publiques.
« La mission s’est également entretenue avec les autorités sur les
politiques de nature à développer un secteur privé robuste et à s’attaquer
à la forte croissance démographique. Ils ont convenu que des progrès sur
ces deux fronts sont essentiels pour améliorer de façon durable le niveau
de vie et faire reculer la pauvreté. Le programme prévoit des politiques
visant à développer le secteur financier et à améliorer davantage
l'environnement des affaires, ainsi que des mesures pour diversifier
l'économie dans les secteurs minier et hors mines.
« La mission a été reçue en audience par le Président de la République, SEM
Issoufou MAHAMADOU, et a tenu des réunions avec le Ministre des Finances,
M. Massoudou HASSOUMI, les Ministres du Plan et des Mines, le Ministre
Délégué au Budget, le Directeur National de la BCEAO ainsi que d'autres
hauts cadres de l’administration. Les services du FMI ont également
rencontré des représentants de la société civile, du secteur privé et des
partenaires techniques et financiers.
« La mission du FMI tient à remercier les autorités de leur hospitalité
chaleureuse et des entretiens constructifs.»
[1]
La facilité élargie de crédit (FEC) est le principal outil dont
dispose le FMI pour accorder une aide financière à moyen terme aux
pays à faible revenu. Un financement au titre de la FEC est assorti
d’un taux d’intérêt nul, d’un différé d’amortissement de cinq ans
et demi et d’une échéance finale de dix ans.