Une mission des services du Fonds monétaire international (FMI) conduite
par M. Christoph A. Klingen a séjourné à Niamey du 28 mars au 10 avril 2018
afin de mener des discussions sur la deuxième revue du programme appuyé par
la facilité élargie de crédit (FEC).
[1]
Le programme du Niger a été approuvé par le conseil d'administration du FMI
le 23 janvier 2017 (voir communiqué de presse no 17/18).
À l’issue de la visite, M. Klingen a publié la déclaration ci-après :
« Les autorités nigériennes et l’équipe du FMI ont convenu, au niveau des
services du FMI, d’un accord en vue de la conclusion de la deuxième revue
du programme appuyé par la FEC. L’examen du dossier par le Conseil
d'administration est prévu en juin 2018.
« La performance macroéconomique globale du Niger reste forte et les
réformes, ainsi que le soutien des partenaires techniques et financiers,
ouvrent une fenêtre d'opportunité pour les années à venir. En dépit des
défis sécuritaires, des prix de l'uranium défavorables et une campagne
agricole moins bonne que prévue, le PIB réel a progressé de 4,9% en 2017,
soutenu par le rebond de la production pétrolière et une forte activité
dans les secteurs des BTP et des télécommunications. Le PIB réel devrait
augmenter de 5,2% en 2018, principalement grâce aux secteurs de l'énergie
et des services, et à l'activité de construction liée aux préparatifs du
Sommet de l'Union Africaine de 2019. Il devrait augmenter davantage à moyen
terme, les efforts de réforme et l'absorption de l'aide extérieure portant
leurs fruits. L'inflation a atteint un niveau modéré de 2,4% en 2017,
malgré une légère hausse au dernier trimestre. Au cours de l'année 2018, on
s'attend à ce que le niveau transitoire actuel soit rapidement ramené à sa
tendance historique bien contenue, grâce notamment à la vente de céréales à
prix modéré dans le cadre du plan de soutien aux populations vulnérables.
« Tous les critères de réalisation quantitatifs pour fin décembre 2017 dans
le cadre du programme économique et financier du Gouvernement ont été
respectés. Le déficit budgétaire global a diminué de manière significative,
tout en protégeant les dépenses de réduction de la pauvreté. Les objectifs
concernant le financement intérieur net et la réduction des arriérés de
paiement intérieurs ont été largement respectés. Toutefois, les recettes
budgétaires ont été inférieures aux niveaux attendus, reflétant en partie
la réduction des taxes sur les télécommunications, le report des ventes de
licences de télécommunications et des circonstances économiques
défavorables échappant au contrôle du gouvernement. La bonne performance
des recettes budgétaires au premier trimestre de 2018 marque cependant un
retournement de tendance, les recettes budgétaires attendues pour
l'ensemble de l'année étant à portée de main.
« Pour le reste de l'année 2018, le solde budgétaire de base devrait
s'améliorer à 4% du PIB, plaçant fermement le Niger sur la voie de
l’atteinte du critère de convergence de l'UEMOA pour le déficit budgétaire
global de 3% du PIB d'ici 2021, tout en créant suffisamment d'espace pour
l’absorption de l'aide financière extérieure accrue promise pour le PDES
2017-21. La réalisation de ces objectifs repose sur la poursuite des
résultats encourageants sur les recettes budgétaires enregistrées au début
de 2018, appuyés par le renforcement systématique des administrations
fiscale et douanière à travers les plans de performance, la lutte contre la
contrebande de carburant et le recouvrement des arriérés d’impôts. Des
avancées sont également prévues sur d’autres réformes structurelles
budgétaires, notamment le renforcement de la gestion de la dette,
l'exploitation intégrale du budget programme, la numérisation des paiements
budgétaires et la mise en œuvre du compte unique du Trésor.
« La mission s’est également entretenue avec les autorités sur les
politiques visant à développer un secteur privé robuste et à faire face à
la croissance démographique rapide. Ils ont convenu que des progrès sur ces
deux fronts sont essentiels pour une amélioration durable des conditions de
vie et la réduction de la pauvreté. Des progrès louables ont été accomplis
pour améliorer l'environnement des affaires et ralentir la croissance
démographique. L'approfondissement du secteur financier et l'amélioration
de l'accès au financement sont des éléments clés du programme de réformes
pour l'avenir.
« La mission a été reçue en audience par le Président de la République,
Issoufou MAHAMADOU et le Premier Ministre, Brigi RAFINI. Elle a eu
également des réunions avec le Ministre des Finances, Massoudou HASSOUMI,
le président de la Cour des comptes, les Ministres en charge du Plan, de
l'Agriculture et du Pétrole, le Ministre Délégué au Budget, le Directeur
National de la BCEAO, ainsi que d'autres hauts cadres de l’administration.
Les services du FMI ont également rencontré des représentants de la société
civile, du secteur privé et des partenaires techniques et financiers.
« La mission du FMI tient à remercier les autorités de leur hospitalité
chaleureuse et des entretiens constructifs.»
[1]
La facilité élargie de crédit (FEC) est le principal outil dont
dispose le FMI pour accorder une aide financière à moyen terme aux
pays à faible revenu. Un financement au titre de la FEC est assorti
d’un taux d’intérêt nul, d’un différé d’amortissement de cinq ans
et demi et d’une échéance finale de dix ans.