Une mission du Fonds Monétaire International (FMI), dirigée par Monsieur
Chris Walker a visité la région Nord du pays (Cap Haïtien, Milot, Caracol,
Ouanaminthe) et Port-au-Prince du 3 au 15 juin 2018 pour mener les
consultations au titre de l'article IV des statuts du FMI pour l’année 2018
et tenir des discussions sur la première revue du programme de référence
(SMP) en vigueur.
À la fin de la visite, M. Walker a rendu publique la déclaration ci-après :
« Sur la base des résultats préliminaires, les perspectives de croissance
économique restent plutôt bonnes : les activités économiques se sont
légèrement accélérées sous l’impulsion de l’investissement public, et la
croissance du PIB devrait s’établir ainsi à environ 2 pourcent pour l’année
fiscale en cours. L’inflation en moyenne annuelle reste contenue en dessous
de 15 pourcent. Le déficit du compte courant extérieur de l’année en cours
devrait se maintenir à un niveau relativement élevé à environ 4 pourcent du
PIB en raison des importations liées aux investissements et de
l’augmentation des prix internationaux des produits pétroliers et des
céréales, les deux principales importations du pays.
« Les perspectives à moyen terme sont généralement favorables, liées au
potentiel de croissance plus rapide d'Haïti que pourrait générer la mise en
œuvre envisagée des réformes structurelles, mais les risques pesant sur les
prévisions sont significatifs. L’activité économique devrait continuer à
s’accélérer en 2019 sous l’effet conjugué des investissements publics et
privés. Une réduction du déficit du secteur public non financier devrait
permettre au secteur privé de bénéficier de nouvelles opportunités de
financement. La réduction du déficit budgétaire devrait également limiter
le financement monétaire, qui à son tour devrait réduire les pressions
inflationnistes. Cependant, l’économie du pays est sujette à des risques
importants, principalement les risques climatiques et ceux liés aux
variations des prix des produits pétroliers.
« Les performances réalisées par les autorités, dans le cadre de leur
programme (SMP), ont été en ligne avec les objectifs fixés pour le premier
trimestre de 2018. Le déficit budgétaire à fin mars était inférieur à 2,2
pourcent du PIB, après ajustement pour les dépenses de relance suite à
l'ouragan Mathieu. Tous les repères structurels pour fin mars 2018 ont été
mis en œuvre, à l’exception d’un seul, qui a été réalisé avec un léger
retard. Tous les objectifs quantitatifs de performance ont également été
atteints, à l’exception du plancher de la marge du Fonds de stabilisation
des prix du carburant qui a été dépassé en raison de la hausse plus que
prévue des cours mondiaux des produits pétroliers. Les politiques
économiques solides mises en œuvre par les autorités dans le cadre du
programme devraient contribuer à la mobilisation des ressources externes
des partenaires techniques et financiers d’Haïti.
« La mission du FMI et les autorités se sont accordées sur les mesures
budgétaires pendant l’année fiscale en cours afin d’atteindre les objectifs
du programme. Ces mesures devraient permettre de créer l’espace budgétaire
nécessaire au financement des programmes sociaux et d’accroître les
investissements publics, en particulier dans les secteurs de la santé,
l'éducation et les services sociaux. Ces mesures devraient également
contribuer à contenir le déficit budgétaire à un niveau soutenable tout au
long du programme, limitant ainsi le besoin de recourir au financement de
la banque centrale.
« La mission du FMI et les autorités ont convenu, de manière spécifique, de
la nécessité de renforcer la mobilisation des ressources internes afin de
créer un espace budgétaire pour les dépenses prioritaires. Dans ce
contexte, la mission du FMI se félicite de l'engagement du gouvernement à
éliminer les subventions aux prix du carburant. La mission et le
gouvernement se sont également entendues sur l’importance de mettre en
œuvre, le plus rapidement possible, des mesures sociales visant à atténuer
l'impact de la réforme sur les couches les plus vulnérables de la
population.
« La mission du FMI a félicité les autorités haïtiennes pour les mesures
prises dans le secteur de l’électricité afin de contenir les coûts
budgétaires liés aux opérations de l’entreprise publique l’Electricité
d’Haïti (EDH). En plus de réduire les pertes de l'EDH, ces mesures
contribueront à la croissance durable à moyen terme du secteur de
l'électricité et à l’amélioration de l'environnement des affaires. La
mission a salué les progrès réalisés par les autorités qui ont visé une
plus grande transparence dans la gestion des finances publiques et plus
particulièrement des comptes publics.
« La mission du FMI et les autorités se sont entendues sur la nécessité
d’accélérer la mise en œuvre des réformes structurelles qui sont
essentielles pour soutenir la croissance tirée par le secteur privé,
générer plus d’emplois et réduire la pauvreté. La mission a également
encouragé les autorités à aller de l'avant avec des réformes visant à
rationaliser la fiscalité et renforcer les capacités de l’administration
fiscale. La mission du FMI et les autorités s’accordent aussi qu’une
accélération du rythme de l’investissement direct étranger et de
l’investissement public, sera requis pour améliorer durablement le profil
de croissance de l’économie Haïtienne.
« La mission du FMI tient à remercier les autorités pour leur chaleureuse
hospitalité et les échanges constructifs lors de la mission. »
La mission du FMI a été reçue par M. Jude A. P. SALOMON, Ministre de
l’Economie et des Finances ; M. Jean Baden DUBOIS, Gouverneur de la Banque
de la République d’Haïti. De plus, la mission a tenu des discussions avec
d’autres Ministres sectoriels impliqués dans les reformes dont le Ministre
de la Planification et de la Coopération Externe, le Ministre des Affaires
Sociales et du Travail, et celui de l’Agriculture, et elle a eu des
rencontres avec des membres du Parlement, des représentants du secteur
privé et de la société civile.