Une mission du Fonds Monétaire International (FMI) dirigée par M. Alex
Segura-Ubiergo a visité Brazzaville du 6 au 14 novembre pour poursuivre les
discussions sur un arrangement financier possible soutenu par la facilité
élargie de crédit (FEC). Le programme envisagé et qui serait appuyé par la
FEC vise à aider la République du Congo à rétablir la stabilité
macroéconomique et à réaliser une croissance plus élevée et plus inclusive.
En particulier, le programme cherche à rétablir la viabilité de la dette et
prévoit un large éventail de réformes visant à améliorer la gouvernance, à
réduire la corruption, et à accroître la transparence et l’efficacité de la
gestion des ressources publiques, en particulier dans le secteur pétrolier.
Une bonne exécution du programme contribuerait aussi à la stabilité
extérieure de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale
(CEMAC) et soutiendrait les efforts collectifs des autres pays membres et
des institutions régionales de l’union monétaire.
À l’issue de la visite des services du FMI, M. Segura-Ubiergo a publié la
déclaration suivante:
«
L’activité économique se stabilise, mais cela reflète des tendances
divergentes dans les secteurs pétroliers et non-pétrolier
. Alors que la croissance du secteur pétrolier est vigoureuse, le secteur
non-pétrolier souffre d’une profonde récession, et sa reprise serait
probablement plus lente que prévu. En conséquence, la croissance globale ne
dépasserait probablement pas 1% en 2018, soit 1 point de pourcentage de
moins que les prévisions antérieures. La croissance pourrait se redresser
davantage et atteindre 3% en 2019, portée par une hausse de la production
pétrolière et une reprise de la croissance de l’économie non-pétrolière.
«
L’inflation devrait rester inférieure à 2%, et la forte expansion des
exportations pétrolières devrait permettre de dégager un excédent de la
balance des transactions courantes pour la première fois depuis 2014
. Les conditions financières restent très tendues, et les créances en
souffrance sont en hausse.
« L’assainissement des finances publiques s’est poursuivi, mais l’effort
dans ce domaine ne permettrait pas d’atteindre les objectifs prévus pour
2018. Le déficit primaire hors pétrole devrait baisser seulement de 35,7 %
du PIB hors pétrole en 2017 à 31,5 % en 2018, un ajustement ne représentant
que la moitié de l’effort attendu.
« Bien que les autorités aient pu restreindre les dépenses, les recettes
non-pétrolières baisseraient de 6% du PIB hors pétrole par rapport à 2017,
et seraient environ 20% en deçà de l’objectif fixé pour 2018. Par ailleurs,
grâce à une hausse considérable des recettes pétrolières, le solde
budgétaire global deviendrait excédentaire en 2018.
« Face à la contreperformance des recettes non-pétrolières en 2018,
plusieurs défis administratifs et institutionnels devraient-être urgemment
adressés. Pour 2019, la mission a recommandé d’ajuster le projet de la loi
des finances, afin d’incorporer l’impact du ralentissement de l’activité
économique sur les recettes non pétrolières, ainsi que de réduire les
dépenses non prioritaires. Des réformes seraient nécessaires pour réduire
les subventions aux carburants et accroître l’efficacité des établissements
publiques et autres institutions décentralisées de l’état qui continuent de
dégager des déficits opérationnels. Par ailleurs, il est important de
protéger les dépenses sociales essentielles en faveur des groupes les plus
vulnérables de la population.
«
Des progrès considérables ont été accomplis dans la mise en œuvre du
programme de réformes structurelles des autorités
, y compris la publication d’une étude diagnostic sur la gouvernance,
l’introduction d’une obligation juridique exigeant la publication des états
financiers audités annuels de la SNPC et la publication en ligne des
accords de partage de production dans le secteur pétrolier. Des efforts
supplémentaires pourraient améliorer les projets de lois sur la Haute
Autorité pour lutte contre la corruption et sur le régime de déclaration du
patrimoine, ainsi qu’accroître la transparence de la gestion et de la
comptabilisation des recettes pétrolières.
«
L’équipe du FMI poursuivra les discussions avec les autorités sur les
étapes nécessaires pour que la demande de la République du Congo pour
un arrangement financier pour trois ans au titre de la FEC puisse être
examinée par le conseil d’administration
. Ces étapes consisteraient à réviser le projet de la loi des finances
2019, de mettre en œuvre des réformes visant à améliorer la gouvernance et
la transparence, ainsi que d’obtenir les assurances de financement
explicites des créanciers officiels extérieurs, y compris un allégement de
la dette, nécessaires pour rétablir la soutenabilité de la dette.
« La mission tient à remercier les autorités congolaises de leurs
entretiens productifs et de leur chaleureuse hospitalité ».