Une équipe du Fonds Monétaire International (FMI), dirigée par Luc Eyraud,
s’est rendue à Cotonou du 25 avril au 6 mai 2019 pour tenir la Consultation
2019 au titre de l’article IV et la quatrième revue du programme économique
et financier triennal soutenu par le FMI au titre de la facilité élargie de
crédit (FEC)
[1]
dans le cadre de l’accord avec la République du Bénin. Les discussions ont
porté sur les récents développements économiques, budgétaires et
financiers, ainsi que sur les politiques nécessaires pour favoriser une
croissance forte et inclusive, préserver la viabilité de la dette,
renforcer la gouvernance et promouvoir la stabilité financière.
À la fin de la visite, M. Eyraud a publié la déclaration suivante :
« Les discussions de la quatrième revue dans le cadre du programme appuyé
par la FEC ont permis aux autorités et à l’équipe du FMI de parvenir à un
accord, sous réserve de l’approbation par la Direction et le Conseil
d’Administration du FMI. L’examen par le Conseil d’Administration du FMI
est prévu en juin 2019.
« Selon des estimations préliminaires, le PIB a augmenté de 6,7 % en 2018,
sous l’effet d’une forte production agricole et de l’activité portuaire.
L’inflation est restée modérée à environ 1,0 %, bien en dessous du plafond
régional de 3 % de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA).
Le déficit de la balance courante s’est sensiblement amélioré l’année
dernière, sous l’effet de l’essor des exportations de produits agricoles.
Le déficit budgétaire pour 2018 s’est établi à 4,0 % du PIB, alors que
l’objectif du programme était de 4,7 % du PIB.
« Les perspectives à moyen terme restent favorables, avec une croissance
économique projetée à 6,7 % entre 2019 et 2024, tirée par la forte
production agricole, la hausse des investissements privés et le
développement de nouveaux secteurs tels que le tourisme et l’économie
numérique. L’inflation devrait rester contenue. Les services du FMI saluent
l’engagement pris par les autorités de maintenir le déficit budgétaire dans
les limites de la norme régionale de l’UEMOA de 3 % du PIB en 2019 et
au-delà.
« Les résultats obtenus dans le cadre du programme soutenu par le FMI ont
été satisfaisants en 2018. Tous les indicateurs de suivi du programme
(quantitatifs et structurels) à fin décembre 2018 étaient atteints. Les
bonnes politiques mises en œuvre par les autorités dans le cadre du
programme et les bonnes performances économiques du pays ont rendu possible
l’émission réussie d’un Eurobond en mars 2019.
« Le Bénin a un potentiel de croissance élevé à moyen terme. Pour réaliser
ce potentiel, les services du FMI ont souligné qu’il importait d’accélérer
les réformes visant à améliorer l’environnement des affaires et les
infrastructures, de renforcer le cadre de gouvernance, de diversifier
l’économie, de promouvoir une éducation et une santé de qualité et de
remédier aux vulnérabilités du secteur bancaire, notamment, la faible
rentabilité des banques. La mission a noté des améliorations récentes dans
ces domaines et a encouragé le gouvernement à poursuivre ses efforts.
« Les autorités et les services du FMI ont convenu de la nécessité de
continuer à augmenter les recettes fiscales. Une mobilisation accrue des
recettes est essentielle pour financer les transferts au profit des pauvres
et les programmes d’assurance sociale, tels que le nouveau système
d’assurance maladie, récemment entré dans sa phase pilote. L’augmentation
des recettes créera également de l’espace budgétaire pour financer les
projets d’infrastructures du programme d’action du gouvernement.
« Les services du FMI se sont félicités de la baisse prévue du ratio de
dette publique en 2019. Le maintien de la dette sur cette trajectoire
descendante nécessitera la poursuite de la stratégie d’emprunt prudente
et le renforcement de la gestion proactive et modernisée de la dette.
L’Eurobond ouvre la voie à un accès aux financements obligataires
extérieurs non concessionnels à l’avenir. Cela contribuera à la
diversification de la structure de financement et créera des
opportunités d’allongement de la maturité de la dette. Mais cela peut
également générer des vulnérabilités que les autorités sont déterminées
à évaluer et atténuer.
« L’équipe du FMI remercie les autorités pour leur hospitalité et les
discussions productives.
« L’équipe a pu rencontrer Abdoulaye Bio Tchané, Ministre d’État, ministre
du Plan et du Développement ; Romuald Wadagni, Ministre de l’Économie et
des Finances ; Benjamin Hounkpatin, Ministre de la santé ; Alain Komaclo,
Directeur National de la banque centrale régionale, BCEAO ; et d’autres
hauts responsables de l’État. »
[1] Le programme appuyé par la FEC a été approuvé par le Conseil d'administration du FMI en avril 2017. La FEC est un accord de prêt qui prévoit un engagement soutenu du programme à moyen et long terme en cas de problèmes de balance des paiements prolongés.