Washington, DC -
Le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a
approuvé aujourd’hui en faveur du Gabon un achat de 108 millions de DTS
(soit environ 152,61 millions de dollars) au titre de l’instrument de
financement rapide (IFR). Il s'agit du deuxième achat au titre de l'IFR en
faveur du Gabon depuis le début de la pandémie. Il vise à aider le pays à
faire face aux besoins urgents de financement de la balance des paiements.
Il fait suite à la décision du conseil d'administration du 9 avril 2020 de
doubler temporairement la limite annuelle d'accès aux ressources au titre
de l'IFR pour la porter à 100 % de la quote-part (
voir le document de politique générale du FMI n° 20/018
). L’achat d'aujourd'hui porte à 299,61 millions de dollars l'aide totale
apportée par le FMI au Gabon au titre de l'IFR.
Les autorités ont mis en œuvre des mesures louables pour limiter la
propagation de la pandémie de COVID-19. Toutefois, depuis l'approbation du
premier achat au titre de l'IFR le 9 avril 2020 (
rapport du FMI n° 20/109
), la diminution de la demande extérieure et l'intensification des effets
des mesures d'endiguement ont davantage dégradé les perspectives de
croissance et aggravé les positions extérieure et budgétaire du pays. La
baisse de l'activité intérieure et les répercussions des mesures liées à la
crise sur les recettes non pétrolières et les dépenses, combinées aux
pertes de recettes pétrolières, sont source de fortes pressions sur les
finances et la dette publiques. Les autorités ont adopté une loi de
finances rectificative qui prévoit un déficit plus élevé pour tenir compte
des stabilisateurs automatiques et des dépenses d'urgence liées à la crise.
Les autorités prennent également des mesures visant à garantir une bonne
utilisation des ressources d'urgence liées à la COVID-19, notamment la
réalisation d'un audit ex-post des dépenses liées à la crise et la
publication de tous les contrats de marchés publics liés à la crise.
À l’issue des débats du conseil d’administration, M. Mitsuhiro Furusawa,
directeur général adjoint et président, a fait la déclaration ci-après :
« Les administrateurs prennent acte des progrès réalisés par les autorités
dans la mise en œuvre de mesures immédiates visant à limiter la propagation
du virus et à en atténuer les répercussions sociales et économiques. Ils
notent toutefois qu'une nouvelle détérioration de la conjoncture mondiale
et une intensification des effets de la pandémie de COVID-19 ont
considérablement assombri les perspectives macroéconomiques depuis le
premier achat au titre de l'IFR, ce qui a créé de nouveaux besoins de
financement. La nouvelle demande au titre de l’IFR fournira un soutien
budgétaire et contribuera à catalyser un soutien supplémentaire de la part
des partenaires au développement.
« Les administrateurs saluent l'assouplissement temporaire des politiques
monétaire et budgétaire qui vise à atténuer les conséquences de la crise et
à favoriser la reprise. Les mesures essentielles prévues ont pour
principaux objectifs de renforcer les capacités des services de santé, de
protéger les groupes les plus vulnérables et de soutenir les entreprises en
temps opportun et de manière bien ciblée.
« Les administrateurs soulignent combien il est important de garantir la
transparence et la responsabilisation dans la gestion des ressources
publiques, y compris pour le financement lié à la COVID-19. Ils saluent
l'engagement des autorités à renforcer les règles de passation de marchés
publics en publiant tous les contrats de marchés publics signés qui sont
liés à la crise et en procédant à une validation ex-post de l'exécution de
ces contrats ainsi qu'à un audit indépendant des dépenses d'urgence.
« Les administrateurs notent que la dette publique reste viable, mais que
la dynamique de la dette s'est détériorée et que les risques pour la
viabilité de la dette ont considérablement augmenté. Ils encouragent les
autorités à privilégier les financements extérieurs concessionnels, à
élaborer une stratégie crédible de gestion de la dette à moyen terme et à
mener une politique budgétaire prudente pour gérer les vastes besoins de
financement à moyen terme. Il est également important de surveiller
étroitement les risques budgétaires liés aux entreprises publiques,
d’apurer et d'éviter l'accumulation d'arriérés. L’achèvement récent par les
autorités de leur audit des arriérés intérieurs a constitué une évolution
positive. De manière plus générale, les administrateurs ont souligné
l'importance de la planification d'urgence pour préserver la stabilité
macroéconomique, si des risques baissiers se matérialisaient.
« Les administrateurs encouragent les autorités à continuer de surveiller
les risques du secteur financier, en coordination avec les entités
régionales, afin de garantir la stabilité du secteur financier.
« Au-delà de la crise, les administrateurs se sont félicités de
l’engagement renouvelé des autorités à poursuivre un assainissement
budgétaire à moyen terme propice à la croissance pour ancrer la dette
publique et soutenir la stratégie régionale à moyen terme de reconstitution
des réserves extérieures. Ils ont également encouragé les autorités à
reprendre leur ambitieux programme de réformes pour améliorer le climat des
affaires, diversifier l'économie et résoudre les problèmes de gouvernance
pour soutenir une croissance forte et inclusive. Ces efforts pourraient
être soutenus par un programme de la tranche supérieure de crédit appuyé
par le FMI.»
Informations supplémentaires
Outil de suivi des prêts du FMI (demandes de financement d’urgence
approuvées par le conseil d’administration du FMI)
https://www.imf.org/en/Topics/imf-and-covid19/COVID-Lending-Tracker
Calendrier du conseil d’administration du FMI
https://www.imf.org/external/NP/SEC/bc/eng/index.aspx
|
Gabon : Principaux Indicateurs Économiques
|
|
Population (2017, est. de l’ONU) :
|
2,01 millions
|
PIB par habitant (2017) :
|
7 490 dollars
|
|
Quote-part :
|
216,0 millions de DTS
|
Taux d’alphabétisation (2012) :
|
82,3 %
|
|
Principaux produits et exportations:
|
pétrole brut ; minerais de manganèse
|
Taux de pauvreté (2017):
|
32,4 %
|
|
Principaux marchés à l'exportation :
|
Chine ; Union européenne ; Australie
|
|
|
|
|
Indicateurs macroéconomiques
|
|
2016
|
2017
|
2018
|
2019
|
2020
|
2021
|
|
|
|
|
|
Est.
|
Proj.
|
Proj.
|
|
Production (en pourcentage)
|
|
|
|
|
|
|
|
|
PIB réel
|
|
2,1
|
0,5
|
1,0
|
3,8
|
-2,7
|
2,1
|
|
PIB hors pétrole
|
|
3,3
|
2,5
|
1,7
|
3,2
|
-0,1
|
2,3
|
|
Prix (en pourcentage)
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Inflation (fin de période)
|
|
4,1
|
1,1
|
6,3
|
1,0
|
3,0
|
3,0
|
|
Inflation (moyenne)
|
|
2,1
|
2,7
|
4,8
|
2,0
|
3,0
|
3,0
|
|
Finances de l’administration centrale (pourcentage du
PIB)
|
|
Recettes
|
|
17,1
|
16,4
|
16,9
|
19,5
|
15,5
|
15,8
|
|
Dépenses et prêts nets
|
|
22,1
|
19,0
|
18,2
|
18,2
|
20,9
|
19,2
|
|
Solde budgétaire (base caisse)
|
|
-6,6
|
-3,4
|
-1,6
|
0,8
|
-5,4
|
-3,5
|
|
Dette publique totale
|
|
64,2
|
62,9
|
60,6
|
58,7
|
74,7
|
74,4
|
|
Finances de l’administration centrale (pourcentage du
PIB hors pétrole)
|
|
|
|
|
|
|
|
Recettes et dons
|
|
24,2
|
23,6
|
25,0
|
29,0
|
20,4
|
20,8
|
|
Pétroliers
|
|
7,2
|
9,5
|
9,2
|
11,2
|
5,9
|
5,8
|
|
Non pétroliers
|
|
17,0
|
14,1
|
15,8
|
17,8
|
14,2
|
15,0
|
|
Dépenses et prêts nets
|
|
31,2
|
27,4
|
26,9
|
27,0
|
27,6
|
25,3
|
|
dont dépenses courantes
|
|
24,0
|
22,4
|
20,1
|
19,8
|
20,4
|
18,1
|
|
dont dépenses de capital
|
|
6,9
|
2,2
|
3,9
|
4,2
|
5,7
|
7,1
|
|
Solde primaire hors pétrole
|
|
-11,0
|
-9,7
|
-7,6
|
-5,8
|
-8,9
|
-6,4
|
|
Solde primaire de base hors pétrole1/
|
-6,9
|
-8,6
|
-5,0
|
-4,2
|
-5,7
|
-1,6
|
|
Monnaie et crédit
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Monnaie au sens large (variation en pourcentage)
|
-5,2
|
-3,9
|
15,7
|
1,2
|
5,0
|
10,0
|
|
Crédit au secteur privé (variation en pourcentage)
|
-5,6
|
-3,0
|
6,2
|
2,2
|
-6,5
|
3,1
|
|
Balance des paiements
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Solde des transactions courantes (en pourcentage du PIB)
|
-10,4
|
-7,0
|
-3,2
|
-0,3
|
-9,5
|
-6,3
|
|
IDE (en pourcentage du PIB hors pétrole)
|
6,5
|
7,6
|
7,1
|
7,3
|
7,7
|
7,8
|
|
Réserves de change de la CEMAC (en mois d'importations hors
zone)
|
2,3
|
2,4
|
2,8
|
3,8
|
3,4
|
3,5
|
|
Dette extérieure (en pourcentage du PIB)
|
37,4
|
38,7
|
40,0
|
39,2
|
50,6
|
53,5
|
|
Sources : Autorités gabonaises ; indicateurs de
développement dans le monde ; et estimations et projections
des services du FMI.
|
|
1/ Hors dépenses en capital financées sur ressources
extérieures.
|