Les services du FMI achèvent leur mission de revue virtuelle au Mali
IMF News, January 13, 2021
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- Published: January 13, 2021
Contexte et déroulement de la mission
- Communiqué de presse N° 21/10, le 13 janvier 2021.
- Une équipe du FMI, dirigée par Aliona Cebotari, a tenu des discussions virtuelles avec les Autorités Maliennes du 8 au 21 décembre 2020 à propos des deuxième et troisième revues de l’accord au titre de la facilité élargie de crédit (FEC).
- L’équipe a rencontré le Ministre de l’Économie et des Finances, M. Alousséni Sanou, le Directeur national de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest, M. Konzo Traoré, des hauts fonctionnaires et des partenaires pour le développement.
- Accord préliminaire atteint entre les services du FMI et les Autorités Maliennes concernant les politiques requises pour conclure les deuxième et troisième revues de l’accord au titre de la FEC, sous réserve d’approbation par la Direction du FMI et le Conseil d’administration.
- L’examen du dossier par le Conseil d’administration est prévu pendant la deuxième quinzaine de février 2021.
- Dès que les revues combinées seront approuvées, 40 millions de DTS (environ 58 millions de dollars) seront mis à la disposition du Mali.
Impact économique et perspectives
- En 2020, l’économie malienne a été négativement impactée par la COVID-19 et la crise sociopolitique; les conditions de sécurité et la situation humanitaire sont déjà difficiles.
- Estimations de la trajectoire macroéconomique :
- L’économie s’est contractée de 2 % en 2020.
- Croissance prévue d’environ 4 % en 2021.
- Inflation et prix des denrées alimentaires :
- La diminution de la demande contribue à juguler l’inflation globale.
- Les hausses des prix des denrées alimentaires dues aux perturbations dans l’approvisionnement toucheront les plus démunis de manière disproportionnée.
- Effets sectoriels : ralentissement dans plusieurs secteurs, notamment les transports, l’hôtellerie et la restauration, l’agriculture et le commerce; impact lourd sur les moyens de subsistance et les entreprises.
Situation budgétaire et trajectoire de consolidation
- Impact du choc sur le programme et le déficit :
- Le déficit budgétaire devrait se creuser, atteignant 5½ pourcent du PIB en 2020 et en 2021, du fait des mesures nécessaires pour lutter contre la pandémie et de la dégradation de la conjoncture.
- Pressions supplémentaires : revendications salariales plus fortes, augmentation des effectifs de la fonction publique, faibles performances de quelques entreprises publiques, et resserrement des conditions de financements extérieurs.
- Ces facteurs obligent à réduire les dépenses d’investissement public.
- Objectifs de consolidation convenus :
- Les finances publiques commenceront à être rééquilibrées en 2022.
- Objectif de ramener le déficit à 4½ pourcent du PIB en 2022.
- Objectif de ramener le déficit à 3 pourcents du PIB, soit le plafond fixé par l’UEMOA, d’ici à 2024.
- Condition pour une consolidation durable : l’augmentation permanente des dépenses courantes doit être contrebalancée par une augmentation permanente des sources de recettes fiscales via des mesures fiscales à inclure dans la loi de finances 2022.
Réformes structurelles et gestion des entreprises publiques
- Mesures pour limiter les pressions sur les dépenses courantes non prioritaires :
- Mettre en place des politiques globales pour améliorer la situation financière des entreprises publiques (ex. EDM SA, CMDT), notamment en imposant des contrôles plus rigoureux et le respect des règles de passation des marchés publics afin de réduire les coûts.
- Adopter des politiques de fixation des salaires plus durables pour éviter des augmentations non viables de la masse salariale et préserver les dépenses sociales prioritaires et les investissements publics.
- Les mesures à prendre pour lancer ces réformes ont été définies dans le cadre du programme.
- Progrès et priorités des réformes structurelles :
- Poursuivre la dématérialisation des services publics pour améliorer efficience et transparence : numérisation des déclarations fiscales et des paiements, interconnexion des systèmes de l’administration publique pour faciliter les paiements électroniques et le partage automatisé des données fiscales.
- Réformes de l’administration fiscale : renforcement des contrôles de la taxation des carburants aux douanes, détermination de la valeur des importations en fonction du prix de transaction, mise en service de deux centres des impôts pour les moyennes entreprises.
- Réformes en gestion des finances publiques : resserrer les contrôles des engagements de dépenses, améliorer la gestion des liquidités pour éviter les arriérés intérieurs, et mise en place du compte unique du Trésor.
Gouvernance et transparence
- Recommandations et avancées :
- Encouragement à redoubler d’efforts pour améliorer la transparence et la gouvernance; ces thèmes sont élevés au rang de piliers du Plan d’action de la Transition.
- Modifications législatives envisagées pour élargir la liste des hauts fonctionnaires assujettis à la déclaration de patrimoine et pour saisir automatiquement la justice des irrégularités constatées sur le plan de la gouvernance; la mission préconise une mise en œuvre et un suivi rigoureux.
- Publication en ligne des rapports mensuels sur l’exécution des dépenses liées à la COVID-19.
- Le Bureau du vérificateur général a commandité un audit de toutes les dépenses liées à la COVID-19, dont les résultats devraient être publiés en 2021.
- Les Autorités ont demandé au FMI de mener une mission d’évaluation de la gouvernance, qui devrait intervenir en début 2021.
Déclarations de la mission
- Extrait de la déclaration d’Aliona Cebotari :
- « La mission du FMI et les Autorités maliennes ont eu des discussions fructueuses et ont conclu un accord préliminaire concernant les politiques et les réformes devant être mises en œuvre pour que les deuxième et troisième revues de l’accord au titre de la FEC puissent être conclues. Cet accord est sous réserve d’approbation par la Direction du FMI et le Conseil d’administration. L’examen du dossier par le Conseil d’administration est prévu pendant la deuxième quinzaine de février 2021. Dès que les revues combinées seront approuvées, 40 millions de DTS (environ 58 millions de dollars) seront mis à la disposition du Mali. »
- « La mission s’est félicitée des progrès constants réalisés sur le front des réformes structurelles, qui seront approfondies au cours des prochains mois. »
- « L’équipe du FMI tient à remercier les Autorités maliennes, y compris toutes les équipes techniques concernées, pour les discussions ouvertes et constructives. »
Source : Département de la communication du FMI, communiqué de presse N° 21/10, 13 janvier 2021.