Washington, DC:
Une équipe du Fonds monétaire international (FMI) conduite par M. Édouard
Martin a effectué une mission virtuelle avec la République Centrafricaine
du 4 au 20 mai 2021 pour mener des discussions sur un programme de
référence appuyé par les services du FMI.
À l’issue de cette mission, M. Martin a fait la déclaration suivante :
« Les autorités centrafricaines et les services du Fonds monétaire
international (FMI) ont discuté de politiques économiques et de réformes
structurelles qui pourraient former la base d’un programme de référence
appuyé par les services. Ces discussions se poursuivront dans les prochains
jours, afin de trouver un accord qui pourra être soumis pour approbation à
la direction générale du FMI une fois les actions préalables mises en
œuvre. D’une durée de 7 mois, ce programme de référence visera à aider les
autorités à faire face aux défis économiques causés par la crise
sécuritaire et la pandémie du Covid-19. Sa mise en œuvre satisfaisante
devrait permettre la reprise des discussions dans le cadre du programme
soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC) au cours du premier
semestre 2022.
« La détérioration de la situation sécuritaire en début d’année et la
fermeture prolongée du corridor commercial entre Bangui et le Cameroun ont
eu un impact social et économique substantiel. La coupure de la principale
source d’approvisionnement du pays a notamment entrainé une forte hausse
des prix à la consommation et affecté la production du fait du manque
d’intrants. Si la réouverture du corridor a permis une reprise des flux
commerciaux, ceux-ci restent inférieurs aux niveaux enregistrés dans le
passé. Même en supposant qu'elle continue à se rétablir progressivement au
cours des prochains mois, l'activité économique devrait se contracter
légèrement cette année, alors qu’une croissance de 3½ pour cent était
prévue avant que la situation sécuritaire ne se détériore. Après avoir
fortement augmenté en début d’année, l'inflation devrait baisser
progressivement, pour se rapprocher de 3 pour cent en glissement annuel en
fin d'année. Du fait principalement d’une baisse des importations, le
déficit des transactions courantes baisserait à environ 6½ pour cent du PIB
en 2021, contre 8½ pour cent du PIB en 2020.
« La fermeture du corridor a aussi sensiblement affecté les finances
publiques. Les recettes intérieures de l’État étaient inférieures au
premier trimestre d’environ 20 pour cent aux attentes, tandis que les
dépenses de sécurité ont fortement augmenté. Conjugué aux dérapages
budgétaires enregistrés fin 2020 et à de moindres appuis budgétaires, ceci
a entraîné une baisse rapide des dépôts de l’État auprès de la BEAC. Afin
de s’assurer que l’État puise faire face à ses obligations financières au
cours des prochains mois, l’équipe du FMI a souligné l’importance, dans le
cadre de la loi de finances rectificative, de réviser à la baisse les
dépenses non-prioritaires pour compenser la hausse des dépenses
sécuritaires. Au vu de l’apparente résurgence de la pandémie, l’équipe du
FMI a aussi encouragé les autorités à accélérer la mise en œuvre de leur
stratégie de vaccination avec le soutien de leurs partenaires techniques et
financiers.
« L’équipe du FMI s’est également entretenue avec les autorités d’un
programme de réformes structurelles pour 2021 visant à améliorer la
gouvernance et la gestion des finances publiques et à renforcer la
mobilisation des recettes intérieures. Les autorités se sont notamment
engagées à soumettre une nouvelle loi anti-corruption à l’Assemblée
nationale, à publier systématiquement les contrats publics et à rendre
opérationnel le système de télédéclaration et de télépaiement des impôts
par les grandes entreprises.
« L'équipe tient à remercier les autorités Centrafricaines pour
l’excellence de leur collaboration et le climat d’ouverture qui a régné
pendant la mission. »
L’équipe du FMI a rencontré le Président Touadéra, le Ministre des Finances
Dondra, le Ministre de l'Economie Moloua, le Ministre des Mines
Mboli-Fatrane, le Directeur National de la BEAC Chaïbou, d'autres hauts
responsables gouvernementaux, ainsi que des représentants des partenaires
techniques et financiers.