Washington, DC:
En réponse à une demande des autorités de la République Démocratique du
Congo (RDC), une mission du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par
Mauricio Villafuerte, chef de mission pour la RDC, a tenu des réunions à
distance du 6 au 27 mai pour discuter du soutien financier du FMI au
programme de réforme économique des autorités.
A la fin de la mission, M. Villafuerte a fait la déclaration suivante :
« Les services du FMI ont achevé des entretiens avec les autorités à propos
d’un programme à moyen terme qui pourrait être appuyé par les ressources du
FMI, à hauteur d’environ 1,5 milliard de dollars, au titre de la facilité
élargie de crédit (FEC).
« L'économie de la République Démocratique du Congo a été durement affectée
par la pandémie du COVID-19. On estime que le PIB n'a augmenté que de 1,7%
en 2020 malgré l'expansion du secteur extractif de près de 10%, et pourrait
augmenter de 4,9% en 2021. La pandémie a eu un impact négatif sur les
finances publiques (recettes et dépenses), l'inflation a culminé à 15,7% en
glissement annuel en août 2020, parallèlement à une dépréciation rapide du
franc congolais. Le pacte de stabilité signé entre la Banque Centrale du
Congo (BCC) et le gouvernement, le décaissement au titre de la facilité de
crédit rapide (FCR) en avril 2020 (voir communiqué de presse du FMI
n° 20/182
) et le soutien supplémentaire d'autres partenaires au développement ont
contribué à stabiliser la situation et à combler les déficits de
financement, mais d'importants besoins de financement budgétaire et
extérieur subsistent à moyen terme.
« Le programme à moyen terme des autorités est axé sur le soutien à la
reprise post-COVID-19 et la relance du programme de réformes pour augmenter
et soutenir une croissance inclusive et réduire la pauvreté, conformément
aux priorités du gouvernement énoncées dans le Plan national de
développement stratégique 2019-23. Plus précisément, le programme vise à
créer un espace budgétaire pour les dépenses et les investissements sociaux
indispensables, à renforcer le cadre monétaire et la supervision
financière, et à améliorer la gouvernance et la transparence économiques.
Le soutien financier du FMI devrait également catalyser le soutien
financier d'autres partenaires du développement et aider à stimuler les
investissements du secteur privé.
« La politique budgétaire dans le cadre du programme vise à accroître la
mobilisation des recettes intérieures. Des objectifs ambitieux de recettes
à moyen terme seront soutenus par une stratégie globale de mobilisation des
recettes reposant à la fois sur l'administration fiscale et sur des mesures
de politiques fiscales, notamment le rétablissement du bon fonctionnement
de la TVA et la rationalisation des dépenses fiscales ainsi que des
recettes non fiscales. Cela devrait ouvrir la voie à une augmentation des
dépenses sociales, notamment dans les secteurs de la santé et de
l'éducation, ainsi qu'à une augmentation des investissements publics, tout
en préservant la viabilité de la dette. La composition des dépenses sera
améliorée en limitant les dépenses non prioritaires et en améliorant la
budgétisation des dépenses salariales et pour les pensions de retraite.
« Les autorités visent à renforcer et à moderniser la politique monétaire
et les cadres de réglementation et de surveillance afin de maintenir
l’inflation à un niveau modéré et stable, de renforcer la stabilité du
secteur financier et de favoriser l'inclusion financière. Elles s'engagent
à renforcer l'autonomie de la banque centrale en mettant la composition de
son conseil d'administration en conformité avec la loi sur la banque
centrale de 2018 et en régularisant l'encours du crédit au gouvernement. En
outre, les autorités réviseront le cadre des réserves obligatoires et
mettront fin à l’octroi d’avances et de garanties de la BCC au
gouvernement.
« L'amélioration de la gouvernance et la lutte contre la corruption sont
essentielles, avec un accent continu sur la gestion des ressources
extractives, sur l'amélioration de la gestion des finances publiques et sur
la lutte contre le blanchiment d'argent. Nous nous félicitons de
l'engagement des autorités à renforcer les principales institutions de
lutte contre la corruption, notamment la Cour des comptes et l'Inspection
générale des finances. Elles reconnaissent l'importance d'améliorer le
climat des affaires et d'attirer les investissements privés pour favoriser
une croissance économique forte et inclusive.
« La mission a eu des entretiens avec le Premier Ministre Jean-Michel Sama
Lukonde Kyenge, le Mnistre des Finances Nicolas Kazadi, le Ministre du
Budget Aimé Boji, le Ministre de la Santé Jean Jacques Mbungani Mbanda, la
Ministre du Portefeuille Adèle Kahinda Mayina, le Gouverneur de la BCC
Deogratias Mutombo Mwana Nyembo, d'autres hauts fonctionnaires, des
partenaires au développement, des représentants du secteur privé et
d'organisations de la société civile. La mission remercie les autorités
congolaises pour leur coopération et leurs discussions constructives. »