Washington, DC:
Une mission du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par Edward
Gemayel a séjourné à N'Djamena du 05 au 09 octobre 2021. M. Vitaliy
Kramarenko, directeur adjoint du département Afrique du FMI, a participé
aux discussions sur les politiques. La mission a fait le point sur les
développements macroéconomiques et financiers, a discuté des progrès
réalisés sur les priorités de réforme du gouvernement, et a examiné les
efforts du gouvernement pour intensifier les discussions en cours sur le
traitement de la dette avec les créanciers du secteur privé. Un engagement
de la part des principaux créanciers du secteur privé est nécessaire pour
établir un processus crédible en vue d'un traitement approprié de la dette,
qui est requis pour l'examen par le Conseil d'administration du FMI de la
demande du Tchad pour un accord au titre de la Facilité élargie de crédit.
A l'issue de la visite, M. Gemayel a fait la déclaration suivante :
"La situation économique et financière et les perspectives n'ont cessé de
se dégrader depuis le début de la pandémie. Les chocs combinés et durables
de la pandémie de COVID-19, de la volatilité des prix du pétrole, du
changement climatique, des attaques terroristes et des retards dans le
soutien des donateurs continuent à ébranler l'économie tchadienne. On
estime que le PIB réel s'est contracté de 0,8 % en 2020 et qu'il devrait
croître d'un maigre 1 % cette année, ce qui est inférieur aux prévisions
antérieures à la COVID ainsi qu'aux attentes initiales concernant l'impact
de la pandémie. Cette révision importante et soutenue à la baisse reflète
(i) la baisse des investissements, notamment dans le secteur pétrolier,
(ii) les perturbations des activités économiques et (iii) les importantes
réductions des dépenses en 2021, notamment la réduction des services
sociaux.
En raison de la détérioration significative des perspectives économiques,
le service de la dette extérieure est devenu insupportable et la dette
insoutenable. Des progrès limités dans les discussions sur le traitement de
la dette ont retardé le financement officiel. Une voie claire vers le
rétablissement de la viabilité de la dette et la mobilisation d'un
financement suffisant, y compris l'allégement du service de la dette, sont
des conditions préalables essentielles pour un programme soutenu par le
FMI, qui devrait catalyser un soutien important des donateurs. Ces
conditions n'ayant pas encore été remplies, les financements officiels se
sont taris en 2021. En conséquence, le gouvernement a été contraint de
réduire les dépenses sociales et de développement essentielles. La
poursuite de cette situation pourrait avoir de graves conséquences sociales
dans un pays déjà pauvre et fragile, avec des indicateurs sociaux
défavorables, notamment un taux de pauvreté en hausse, un faible accès aux
services de base et des indicateurs de santé et d'éducation parmi les plus
faibles au monde. Pour aider à faire face à la situation, les autorités
tchadiennes ont décidé de dépenser leur part de la récente allocation de
DTS pour répondre aux besoins sociaux urgents.
"Bien que les créanciers officiels bilatéraux aient fourni des assurances
de financement, un processus crédible en vue d'un traitement approprié de
la dette par le secteur privé sur leur disponibilité à négocier des
traitements de la dette conformes aux paramètres du programme envisagé
d’être soutenu par le FMI reste à établir. Les créanciers officiels au sein
du Comité des créanciers pour le Tchad au titre du Cadre commun pour le
traitement de la dette au-delà de la DSSI (Cadre commun), ont, dans leur
déclaration du 16 juin, fourni au FMI des assurances de financement
officiel. Cependant, les discussions avec les créanciers du secteur privé
ont été retardées.
Non seulement un programme soutenu par le FMI fournira le financement
nécessaire de toute urgence, mais il donnera également une forte impulsion
au programme de réformes à moyen terme des autorités, reflété dans l'accord
des services du FMI de janvier 2021. Le programme contient des réformes
structurelles visant à améliorer la capacité du gouvernement à renforcer
les services sociaux, à investir dans le capital humain et les
infrastructures, à commencer à renforcer la résilience au changement
climatique et à promouvoir le développement du secteur privé. La
mobilisation des recettes intérieures, l'amélioration de la gestion des
finances publiques, la gouvernance et les mesures de lutte contre la
corruption, ainsi que la réduction des formalités administratives sont les
principaux engagements du programme. Le soutien coordonné et opportun des
donateurs pour le financement du budget et des projets, ainsi que pour le
développement des capacités, est essentiel à la réussite du programme des
autorités.
"La mission a été reçue par le président Mahamat Idriss Deby, le Premier
ministre Padacké Pahimi, et a rencontré M. Tahir Hamid Nguilin, Ministre
des Finances et du Budget, M. Issa Doubragne, Ministre de l'Économie, de la
Planification du développement et de la Coopération internationale, M.
Idriss Ahmat Idriss, Directeur national de la BEAC, et d'autres hauts
fonctionnaires, ainsi que des représentants des partenaires internationaux
du développement."
"L'équipe du FMI tient à remercier les autorités tchadiennes et les autres
homologues pour leur hospitalité, leur excellente coopération ainsi que
pour leurs discussions franches et constructives."