Déclaration des services du FMI au terme d'une visite au Burundi
IMF News, October 1, 2022
Source details
- Canonical URL
- Déclaration des services du FMI au terme d'une visite au Burundi
Other formats
Bibliographic details
- Published: October 1, 2022
État macroéconomique et perspectives
- L'économie du Burundi reste résiliente malgré les défis générés par la guerre en Ukraine.
- Une croissance positive du PIB réel est projetée pour 2022 et au-delà.
- L'activité économique se remet du choc de la COVID-19 :
- la production agricole est soutenue par des efforts gouvernementaux pour améliorer l’accès aux engrais et aux semences de meilleure qualité;
- les projets d'investissement public stimulent le secteur secondaire;
- le secteur des services bénéficie de l'assouplissement des restrictions de voyage.
- À moyen terme, la croissance du PIB devrait se solidifier lorsque les effets de la pandémie s’atténueront et que les projets d’investissement et les réformes produiront leurs effets.
- Un réengagement du Burundi auprès de la communauté internationale, entraînant un financement extérieur plus important, soutiendrait la croissance du PIB.
- Risques principaux : incertitudes liées à la guerre en Ukraine et à la fin de la pandémie.
Inflation et politique monétaire
- La hausse des prix des produits de base (denrées alimentaires et produits pétroliers) a accru l'inflation : 19,6 % à fin août 2022.
- La politique monétaire accommodante a soutenu l'économie durant les chocs extérieurs.
- Recommandation : prudence dans l'orientation accommodante de la politique monétaire étant donné que l'inflation reste élevée et que les pressions inflationnistes dues à la guerre en Ukraine sont persistantes.
Position extérieure et réserves
- Les pressions sur la viabilité extérieure se sont creusées.
- Le déficit du compte courant devrait augmenter pour atteindre 14,9 % du PIB en 2022, principalement en raison de la hausse des importations de carburant et des biens de consommation et d’équipement.
- Les réserves de change ont diminué à 1,6 mois d'importations à fin juin 2022 contre 2,2 mois à fin 2021.
- Les pénuries de carburant persistent malgré une hausse des quantités importées de produits pétroliers.
- En l’absence d’investissements directs étrangers ou autres apports extérieurs, le déficit du compte courant continuerait à exercer une pression sur les réserves de change.
Finances publiques
- Le déficit budgétaire s’est réduit à 4,1 % du PIB en 2021-22 (contre 7,8 % en 2020-21), en raison :
- d'une baisse des dépenses courantes (en particulier des transferts);
- d'une forte mobilisation des recettes, notamment des impôts sur le revenu, soutenue par les récentes mesures de recettes.
- L'exécution de l’investissement public s’est accélérée.
- L'investissement public devrait encore augmenter en 2022−23 et à moyen terme, entraînant un déficit budgétaire plus important en 2022−23.
- Les mesures prises par les autorités ont en grande partie protégé les finances publiques des effets du choc sur les denrées de base :
- répercussion de la hausse des prix mondiaux sur les prix locaux, y compris pour les prix réglementés, limitant ainsi les subventions;
- toutefois, l'abandon de certaines taxes sur les produits pétroliers a participé à une baisse des revenus fiscaux tirés de ces produits.
- Contribution attendue : la forte contribution des donateurs, les mesures fiscales récentes et les plans de réforme visant à améliorer la gestion des finances publiques et l'efficience des dépenses devraient contribuer à contenir le déficit budgétaire à moyen terme.
Mesures prises face à la crise engendrée par la guerre en Ukraine
- Mesures mises en œuvre au premier semestre de 2022 :
- utilisation d'une partie de l'allocation de DTS : 57 millions de DTS, pour alléger les restrictions à l'importation liées à la disponibilité limitée des devises;
- interventions dans le secteur des carburants avec des importations directes de carburants pour contourner les goulots d'étranglement des importations de carburants;
- levée des restrictions à l'importation de maïs, de graines, de farine, de sucre et de ciment pour atténuer les pénuries sur le marché domestique.
- Avertissement : les effets indésirables de ces dispositions pourraient nécessiter des mesures d'atténuation.
Recommandations de politique publique (recalibrage pluridimensionnel)
- i) Lutte contre les pressions inflationnistes avec un recalibrage prudent de l'orientation accommodante actuelle de la politique monétaire.
- ii) Assainissement des finances publiques axé sur la consolidation des recettes et une politique d’emprunt prudente pour réduire les vulnérabilités liées à la dette tout en créant un espace budgétaire pour financer les dépenses sociales et de développement.
- iii) Recalibrage de la politique de taux de change et modernisation du cadre de politique monétaire, en tenant compte des vulnérabilités du secteur financier au risque de change.
- Accélérer la mise en œuvre des réformes visant à atténuer les obstacles à la croissance inclusive, notamment en améliorant la compétitivité et en renforçant le cadre de gouvernance.
Engagement du FMI et relations avec les autorités
- Le FMI reste déterminé à continuer de travailler avec les autorités burundaises, notamment :
- par un programme soutenu par le FMI dont la requête a été faite par les autorités au terme de cette visite de courtoisie;
- par les consultations relatives à la surveillance macroéconomique et les activités de renforcement de capacités.
- La mission a été reçue en audience par :
- S.E. M. Evariste Ndayishimiye, Président de la République du Burundi;
- S. E. CPC. Gervais Ndirakobuca, Premier Ministre;
- une délégation de parlementaires de l’Assemblée Nationale;
- S.E. M. Audace Niyonzima, Ministre des Finances, du Budget et de la Planification économique (MFBPE);
- S.E. M. Ibrahim Uwizeye, Ministre de l’Hydraulique, de l’Energie et des Mines;
- M. Dieudonné Murengerantwari, Gouverneur de la Banque de la République du Burundi (BRB);
- M. Désiré Musharitse, Premier Vice-Gouverneur de la BRB;
- Mme Francine Inarukundo, Secrétaire Permanent du MFBPE.
- La mission s’est également entretenue avec d’autres hauts responsables du gouvernement et de la BRB, des représentants des banques commerciales, du secteur privé, des organisations non-gouvernementales et de la communauté des bailleurs de fonds.
- La mission remercie les autorités burundaises pour leur hospitalité, leur coopération et des échanges fructueux et ouverts.
Département de la communication du FMI — Communiqué de presse N° 22/328, Bujumbura, le 30 septembre 2022.