Washington, DC:
Une équipe du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par Pritha Mitra,
chef de mission pour la République du Congo, a effectué une mission à
Brazzaville (du 20 septembre au 4 octobre 2022) et des discussions
virtuelles (du 24 au 28 octobre et le 18 novembre 2022) avec les autorités
congolaises afin de discuter de la deuxième revue de l'accord triennal pour
la République du Congo dans le cadre de l'accord de facilité élargie de
crédit.
À la fin de la mission, Mme Mitra a fait la déclaration suivante :
" L'équipe du FMI est parvenue à un accord au niveau des services avec les
autorités de la République du Congo sur l'achèvement de la deuxième revue
au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC), qui sera soumise à
l'approbation du Conseil d'administration du FMI. La discussion par le
Conseil d'administration n'aura lieu que si le budget 2023 approuvé par le
Parlement est aligné sur les objectifs du programme. "
"La reprise économique se poursuit, malgré la détérioration de
l'environnement international et les retombées persistantes de la pandémie.
La croissance du PIB réel devrait atteindre 2,8 % en 2022. Le regain
d'investissement des plus grands producteurs de pétrole, dans un contexte
de prix élevés, a relancé la production pétrolière. Dans le même temps,
l'activité économique hors pétrole bénéficie du remboursement des arriérés
intérieurs, des investissements publics dans l'agriculture et les
infrastructures, et d'une activité soutenue dans les secteurs minier,
manufacturier et des services".
"La hausse de l'inflation, qui devrait atteindre 3,5 % à la fin de 2022,
pourrait compromettre la reprise. Ces pressions inflationnistes découlent
des prix mondiaux élevés des carburants et des transports, qui gonflent le
coût d'importation du Congo, en particulier pour les denrées alimentaires.
Le maintien de la réglementation des prix des produits alimentaires
essentiels et la modération des coûts de transport contribuent
partiellement à contrer ces pressions".
" Les performances dans le cadre de l’exécution du programme ont été
mitigées. Trois des cinq critères de performance de fin juin n’ont pas été
respectés. En particulier, le déficit primaire hors pétrole et le
financement intérieur net ont largement dépassé leurs objectifs. Cela
s'explique par l'introduction d'une subvention à la société nationale des
pétroles du Congo (SNPC) pour l'importation de carburant - sans
compensation des avances de dividendes au budget de la part de la SNPC,
alors que les recettes d'exportation de pétrole brut de la société
profitent des prix élevés du pétrole au niveau mondial. Le critère de
référence structurel relatif au décret sur les règles en matière de
conflits d'intérêts n'a pas été respecté en raison d'un retard de
publication et de lacunes dans les normes de déclaration, qui sont
activement traitées. La plupart des autres conditionnalités ont été
respectées".
"La dette est jugée viable, mais le risque de surendettement est élevé. À
l'avenir, la politique budgétaire devrait se concentrer sur des actions
visant à préserver la viabilité de la dette tout en soutenant une
croissance plus élevée, plus résiliente et plus inclusive".
"À cette fin, le dépassement des dépenses de cette année devrait être
compensé en 2023 par des mesures durables qui créeront une marge de
manœuvre pour des dépenses essentielles favorisant la croissance à moyen
terme. Il s'agit notamment de la suppression totale de la subvention
nouvellement introduite en faveur de la SNPC, de l'élimination des
exonérations de TVA et de droits de douane dont bénéficie la SNPC, et, à
mesure que l'inflation diminue en 2023, de la déréglementation progressive
du prix des carburants accompagnée de subventions aux transports publics et
aux combustibles de cuisson, ainsi que d'un renforcement de l'aide sociale
pour protéger les plus vulnérables. Plus largement, le gouvernement entend
donner la priorité au développement, au paiement des arriérés et à la dette
extérieure. Le gouvernement a également accepté que la manne pétrolière
soit principalement utilisée pour constituer des réserves, étant donné les
grandes incertitudes entourant les prix du pétrole".
"La diversification économique et la création d'emplois dépendront de ces
efforts budgétaires et de l'intensification des réformes structurelles.
L'amélioration de la gestion des finances publiques (y compris
l'investissement public et la dette) ainsi que la gouvernance, la
transparence et les réformes du secteur financier seront prioritaires dans
le programme de réforme du gouvernement".
" La mission a rencontré l'ancien ministre des Finances, du Budget et du
Portefeuille public, M. Rigobert Roger Andely, le nouveau ministre de
l'Économie et des Finances, M. Jean-Baptiste Ondaye, le ministre du Budget,
des Comptes publics et du Portefeuille public, M. Ludovic Ngatsé, le
ministre des Hydrocarbures, M. Bruno Jean-Richard Itoua, le ministre du
Plan et de la Statistique, Mme. Ingrid Ebouka-Babakas, et d'autres hauts
fonctionnaires. La mission du FMI a également rencontré des représentants
du secteur privé, de la société civile et des partenaires au développement.
"
"L'équipe du FMI remercie les autorités pour leur excellente hospitalité,
leur collaboration et félicite des discussions empreintes de franchise."