Brazzaville, République du Congo:Une mission du Fonds
monétaire international (FMI) dirigée par Roland Kpodar a séjourné à
Brazzaville du 8 au 19 mai pour mener des discussions dans le cadre de la
troisième revue du programme des autorités soutenu par la Facilité élargie
de crédit (FEC) du FMI approuvée en janvier 2022 (voir
Communiqué de Presse 22/11
). A l'issue de la mission, M. Kpodar a fait la déclaration suivante :
"L'équipe du FMI se félicite de l'engagement renouvelé des autorités à
mettre en œuvre les politiques nécessaires pour préserver la stabilité
macroéconomique, promouvoir une croissance durable et inclusive, et
consolider les progrès récents dans la réduction des vulnérabilités de la
dette.
« La reprise post-pandémique s'est accélérée en 2022, avec une croissance
économique, estimée à 1,7 %, tirée principalement par le secteur non
pétrolier. La consommation et l'investissement ont été stimulés par les
dépenses publiques et l'augmentation des activités dans l'agriculture,
l’industrie manufacturière et les services. D'autre part, la production de
pétrole s'est contractée en raison de problèmes d'équipement dans certains
grands champs. L'inflation alimentaire est restée élevée, due à
l'augmentation des coûts d'importation. Les prix mondiaux élevés du pétrole
ont aidé le compte courant du pays, mais les coûts plus élevés des
importations de carburant raffiné ont été subventionnés par le
gouvernement, creusant ainsi le déficit budgétaire non pétrolier de 2022.
"Des progrès notables ont été réalisés au cours de la mission dans les
discussions sur les mesures politiques visant à remédier aux dérapages
budgétaires antérieurs et à faire avancer les réformes structurelles clés.
Les priorités portent sur la création d'espace budgétaire : (i) en
stimulant la mobilisation des recettes intérieures par la rationalisation
des exonérations fiscales, en particulier dans le secteur de l'énergie ;
(ii) en rationalisant les subventions aux carburants, tout en renforçant
les mesures d'atténuation pour aider les plus vulnérables ; et (iii) en
donnant la priorité à des dépenses sociales plus larges et à des dépenses
de développement essentielles. Bien que des progrès aient été réalisés sur
le programme de gouvernance et de lutte contre la corruption, des efforts
continus pour soutenir la mise en œuvre sont nécessaires pour un cadre
efficace de lutte contre la corruption. La mise en œuvre rapide et décisive
de ces politiques et réformes est essentielle pour que la République du
Congo parvienne à consolider sa position budgétaire, à réorienter les
dépenses vers les besoins sociaux et les infrastructures essentielles, à
maintenir la dette publique à des niveaux viables et à fournir une base
solide pour une économie plus forte et diversifiée.
"L'équipe remercie les autorités pour leurs discussions ouvertes et
constructives. Des discussions virtuelles se poursuivront dans les
prochains jours pour finaliser les détails de la mise en œuvre de ces
politiques afin de parvenir à un accord au niveau des services.
L'achèvement de la revue sera soumis à l'approbation du conseil
d'administration du FMI.’’