Washington DC: Une équipe du Fonds Monétaire International
(FMI), dirigée par Joyce Wong, s'est rendue à Djibouti du 11 au 15 juin. Les
discussions ont porté sur les évolutions économiques récentes, les
perspectives, et les progrès des principales réformes. A la fin de la
mission, Mme Wong a fait la déclaration suivante :
“Le rebond économique d’après-COVID a été ralenti en 2022 par les
perturbations du commerce international et le conflit en Ethiopie. Les
estimations préliminaires des autorités prévoient un ralentissement de la
croissance du PIB réel, avec un taux de croissance de 3,7 pourcents en 2022
contre 4,8 pourcents en 2021. En dépit de la baisse des recettes due au
ralentissement de l’activité économique et du manque à gagner sur les
redevances sur les carburants, le déficit fiscal, qui s’est élevé à 1.4
pourcents en 2022, est en baisse. Cette baisse reflète en partie une
accumulation d'arriérés de paiement, tant intérieurs qu'extérieurs, dans
l’attente de la conclusion de la restructuration des dettes avec leur
principal créditeur.
“ Le récent accord de paix en Ethiopie, principal partenaire commercial de
Djibouti, a permis une augmentation des activités portuaires, ainsi que du
fret ferroviaire et routier. L’inflation reste en-dessous des tendances
régionales, du fait de la stabilité du taux de change et de prix des
carburants inchangés. Une poursuite de la reprise est attendue en 2023,
mais les perspectives de croissance restent fortement dépendantes des
évolutions au niveau mondial et régional.
Après avoir bien géré la pandémie de COVID-19, Djibouti continue à faire
face aux conséquences de la guerre en Ukraine, du conflit en Ethiopie, du
resserrement des conditions financières internationales, et du changement
climatique. Dans ce contexte, les autorités s'emploient à reconstruire un
espace budgétaire indispensable. A cet égard, les autorités accélèrent
leurs efforts de négociation de la dette avec leur principal créancier. La
publication prochaine du rapport PEFA posera des fondations importantes
pour les réformes à venir. La mission et les autorités s’accordent sur la
nécessité d’une refondation globale de la fiscalité. Enfin, la prochaine
évaluation du GAFI MOAN et les travaux préparatoires interagence en cours
mettent en lumière l'importance de la gouvernance.
Les principaux défis auxquels fait face Djibouti sont le renforcement de la
résilience économique et l’établissement d’une croissance plus inclusive et
plus riche en emplois. Dans ce contexte, une revue des exonérations et des
loyers des bases militaires contribuerait à établir une assiette fiscale
plus équitable et durable. Une transition progressive des subventions
globales vers des transferts sociaux mieux ciblés, à mesure que l'inflation
diminue, permettrait d’assurer que les ressources publiques limitées soient
affectées au développement du capital humain. En outre, l'accélération de
la mise en œuvre du Code de Bonne Gouvernance des Entreprises Publiques, y
compris via le renforcement du Secrétariat Exécutif du Portefeuille de
l'État, contribuerait à améliorer la responsabilité des entreprises
publiques et à contenir les risques futurs liés aux emprunts des
entreprises publiques.
“L’équipe de la mission exprime sa profonde reconnaissance aux autorités
djiboutiennes et à ses autres interlocuteurs pour leur hospitalité
chaleureuse, leur excellente collaboration, et les discussions candides, et
espère poursuivre son étroite coopération avec Djibouti. »