Le FMI achève la mission virtuelle relative à la première revue du programme de référence avec le Mali
24 novembre 2025
- Les services du Fonds monétaire international (FMI) et les autorités maliennes ont achevé la mission virtuelle dans le cadre de la première revue du programme de référence, sous réserve de l'approbation de la direction du FMI.
- L'exécution du programme a été satisfaisante dans un contexte difficile : les autorités ont atteint presque tous les objectifs quantitatifs et indicatifs et font progresser régulièrement leur programme de réformes.
- Le Mali est confronté à d’importants défis en 2025, notamment des perturbations de la distribution de carburant causées par des incidents liés aux attaques terroristes et une baisse de la production d'or, ce qui entraine une décélération de la croissance économique. L'activité économique devrait s’améliorer à partir de l'année prochaine.
Washington D.C: Une équipe du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par Mme Wenjie Chen a mené une mission virtuelle du 10 au 21 novembre 2025 afin d'évaluer les progrès accomplis dans le cadre du programme de référence du Mali. Ce programme, d'une durée de 11 mois, approuvé en mars 2025, vise à assurer la viabilité des finances publiques, à renforcer la gouvernance et la gestion des finances publiques, et à protéger les groupes les plus vulnérables. Les programmes de référence sont des accords entre les pays membres et les services du FMI en vue d'assurer le suivi du programme économique des pays membres et de rétablir un bilan de mise en œuvre des réformes.
À l'issue de la mission, Mme Wenjie Chen a fait la déclaration suivante :
“Le Mali a été confronté à des défis importants en 2025. Les récentes perturbations de l'approvisionnement en carburant liées aux attaques terroristes ont limité l'activité économique et la mobilité dans le pays, tandis que les risques élevés liés à la baisse de la production d'or, aux coupures d'électricité récurrentes et à la réduction de l'aide au développement et humanitaire ont encore pesé sur l'économie. Bon nombre de ces défis devraient persister au cours des prochains mois. Par conséquent, la croissance devrait ralentir à 4,1 % en 2025 et l'inflation s’établira à un niveau inférieur a 3% en 2025.
“L'économie devrait enregistrer une accélération de la croissance en 2026 grâce à une reprise de la production aurifère et à une amélioration progressive des conditions de sécurité. La croissance du PIB devrait atteindre 5,5 % en 2026, tandis que l'inflation devrait fléchir à 2,5 %. Cependant, les risques restent fermement orientés à la baisse.
“La politique budgétaire reste appropriée, mais elle est limitée par le contexte sécuritaire difficile et le financement extérieur limité. Le projet de loi de finances 2026 envisage un déficit budgétaire respectant le critère de 3 % du PIB fixé par l'UEMOA, soutenu par de solides efforts de mobilisation des recettes intérieures et une maîtrise prudente des dépenses courantes. Néanmoins, l'espace budgétaire reste restreint en raison de problèmes de sécurité, d'un soutien budgétaire restreint et des obligations liées au remboursement du service de la dette.
“Malgré ces difficultés, la mise en œuvre du programme dans le cadre du programme de référence a été solide. Les autorités ont atteint pratiquement tous les objectifs quantitatifs et indicatifs à fin septembre et tous les repères structurels. Elles restent attachées à l'utilisation transparente du décaissement du FMI au titre de la facilité de crédit rapide d'avril 2025 et ont publié le premier rapport trimestriel sur l'utilisation de ces ressources, ainsi que des informations détaillées sur la passation des marchés, y compris les processus de sélection et les bénéficiaires effectifs.
“Par la suite, le programme de référence continuera d'aider les autorités à mettre en œuvre une politique budgétaire prudente afin de préserver la viabilité dans un contexte de conditions de financement difficiles et de coûts d'emprunt élevés. À court terme, il est essentiel d'accorder la priorité à la résolution des perturbations de la distribution de carburant pour stabiliser l'activité économique et atténuer les pressions sur les ménages et les entreprises. Parmi les autres priorités de réforme figurent l'élargissement de l'assiette de l'impôt et le renforcement des administrations fiscale et douanière, l'amélioration de l'efficience des dépenses publiques, la correction de la vulnérabilité des entreprises publiques, la préservation de l'espace nécessaire à l'investissement public et la protection des ménages vulnérables.
“L'équipe a rencontré à distance le Ministre de l'Économie et des Finances, M. Alousséni Sanou, la BCEAO pour le Mali, les Directeurs et les services des principaux ministères et organismes publics, les partenaires au développement et le secteur privé.

