Les services du FMI concluent une visite à Djibouti
15 janvier 2026
- La croissance reste stable à Djibouti, tirée par une forte activité portuaire, dans un contexte de tensions latentes dans la région.
- Accélérer l’assainissement des finances publiques en mobilisant plus de recettes fiscales et en optimisant les dividendes des entreprises publiques, et finaliser les négociations sur la dette, restent des priorités pour restaurer la viabilité de la dette et préserver le système de caisse d’émission.
Washington. Une équipe du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par Madame Esther Pérez Ruiz a effectué une visite à Djibouti du 11 au 15 janvier 2025. Les entretiens ont essentiellement porté sur les perspectives de l’économie djiboutienne dans un contexte de tensions régionales, ainsi que sur les plans des autorités visant à rétablir la viabilité de la dette et améliorer la position des réserves dans le cadre du système de caisse d’émission.
À l’issue de cette visite, Madame Pérez Ruiz a fait la déclaration suivante :
« La croissance prévue pour l’exercice 2025 est estimée à 6.5%, tirée par une forte activité portuaire—bien que légèrement moins robuste qu’en 2024 en raison de la baisse des transbordements— et par le dynamisme des secteurs de la construction, des transports, des télécommunications et du commerce de détail. Le marché en pleine expansion et les grands projets d’infrastructure qui se préparent en Éthiopie devraient stimuler la demande pour les services portuaires de Djibouti, ce qui se traduirait par des perspectives de croissance positives d’environ 6% à partir de 2027. L’inflation a nettement ralenti, passant de 2,1% en 2024 à zéro en 2025, la baisse des prix des denrées alimentaires ayant été répercutée sur les consommateurs. Le déficit budgétaire pour l’exercice 2025 devrait se modérer pour s’établir à environ 0.7% du PIB, reflétant la maîtrise des dépenses malgré des recettes inférieures aux prévisions. Le budget 2026 prévoit que le gouvernement n’enregistrera aucun déficit cette année. Les réserves brutes ont augmenté en 2025, mais le taux de couverture de la base monétaire reste inférieur au taux règlementaire dans le système de caisse d’émission.
« Plusieurs risques pèsent sur les perspectives économiques de Djibouti. Les tensions croissantes dans les pays voisins de la Corne de l’Afrique pourraient accroître l’incertitude et les flux de réfugiés dans un contexte de réduction de l’aide humanitaire. Le risque de détournement du commerce vers d’autres ports régionaux, qui pourrait réduire les revenus, pourrait être atténué par la croissance rapide de l’Éthiopie et les projets d’infrastructure conjoints en cours avec Djibouti.
« Les politiques mises en œuvre par les autorités visent à réduire la dette grâce à l’assainissement des finances publiques, aux négociations avec les créanciers et à une gestion prudente de la dette. Il est nécessaire de renforcer l’assainissement des finances publiques afin de garantir des excédents budgétaires, grâce à une mobilisation des recettes efficace. L’amélioration du recouvrement des impôts, la limitation des exemptions fiscales, et la révision des loyers des bases militaires sont des priorités clés pour remédier promptement au déficit de recettes. L’augmentation des dividendes versés au budget par les entreprises publiques, la fixation de limites contraignantes pour l’ensemble de la dette publique et la dette garantie par l’État, et la conclusion des négociations en cours avec les créanciers, sont des mesures essentielles pour assurer la viabilité de la dette.
« La préservation du système de caisse d’émission nécessiterait le renforcement de l’autonomie de la banque centrale et l’augmentation de ses réserves. A cette fin, if faudrait mettre en place un plan de remboursement entre la banque centrale de Djibouti (BCD) et le Ministère du Budget pour régler les découverts en cours du Trésor. Le plan devrait reconstituer les réserves notamment par la rétention de profit par la BCD, comme le permettent ses statuts, des dividendes des entreprises publiques, ou les revenus provenant des bases militaires. Le secteur financier reste solide. Dans le cadre du suivi approfondi du GAFI MOAN, Djibouti renforce son dispositif de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.
« Le renforcement des investissements dans les secteurs de la santé et de l’éducation, la mise en œuvre des réformes visant à améliorer l’efficacité des entreprises publiques et du secteur énergétique, sont des éléments essentiels pour favoriser la création d’emplois et une diversification et une compétitivité accrues de de l’économie, tel que cela est énoncé dans le Plan national de développement 2025–30.
« L’équipe de la mission tient à exprimer sa profonde gratitude aux autorités djiboutiennes et aux autres interlocuteurs pour leur chaleureuse hospitalité, leur excellente coopération et la franchise des échanges. Nous nous réjouissons à la perspective de poursuivre notre étroite collaboration. »

