TUNISIE - QUESTIONS ET RÉPONSES
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Impact économique de la COVID-19
- L'économie tunisienne a été durement touchée par l'épidémie de COVID-19; la croissance en 2020 devrait chuter à -4,3 %, soit le niveau le plus bas depuis l'indépendance de la Tunisie en 1956.
- Le secteur du tourisme représente 7 % du PIB.
- Le taux de chômage était déjà à 15 % avant la pandémie.
- Effets anticipés sur les ménages et les entreprises :
- Épargne des ménages réduite et consommation en baisse.
- Hausse probable du chômage au-delà de 15 %.
- Baisse des recettes publiques et augmentation des prix à l'importation.
- Risque de pénuries de liquidités pour de nombreuses entreprises en raison de fermetures temporaires et de baisses de recettes.
Mesures d'urgence et financement approuvé par le FMI
- Le 10 avril 2020, le conseil d'administration du FMI a approuvé un financement d'urgence de 745 millions de dollars, soit 2 % du PIB de la Tunisie, au titre de l'instrument de financement rapide (IFR).
- Objectifs du financement IFR :
- Soutenir l'augmentation des dépenses de santé.
- Renforcer les dispositifs de protection sociale pour les familles à faible revenu et les chômeurs.
- Soutenir les petites et moyennes entreprises touchées par la crise.
- Accélérer la mobilisation de fonds supplémentaires en provenance de donateurs.
- Empêcher que les réserves de la Tunisie ne tombent au seuil critique de 3 mois d'importations.
- Offrir une protection plus forte en cas de nouveaux chocs ou d'une reprise prolongée après l'épidémie.
Mesures budgétaires et administratives prises par les autorités
- Ajustement automatique des prix des trois principaux carburants appliqué pour la première fois le 7 avril, entraînant une baisse de 1,5 % des prix à la pompe dans toutes les catégories concernées.
- Réduction d'environ 150 millions de dinars (soit 0,1 % du PIB) de la masse salariale de la fonction publique pour 2020 par limitation des embauches, promotions et heures supplémentaires hors secteurs impliqués dans la riposte à la crise.
- Reprise de l'augmentation progressive des prix administrés du tabac en mars; cette mesure pourrait générer des recettes supplémentaires d'au moins 200 millions de dinars (soit 0,2 % du PIB).
- Rééchelonnement temporaire et ciblé des investissements publics moins prioritaires, en veillant à ne pas nuire au secteur de la santé.
Situation de la dette et risques pour la viabilité
- En 2020, la dette publique devrait atteindre 89 % du PIB et la dette extérieure 110 % du PIB.
- Trois facteurs atténuent les risques pour la viabilité de la dette :
- La majeure partie des dettes extérieure et publique est due à des créanciers officiels, avec des taux d'intérêt moyens relativement bas et de longues échéances.
- Le risque de fortes fluctuations des taux de change est faible en comparaison avec d'autres pays émergents, en raison de l'absence d'autorisation d'investissements internationaux dans des instruments à court terme rapidement annulables.
- Les banques tunisiennes sont peu exposées à la dette souveraine et aux passifs libellés en devises.
- Les partenaires extérieurs peuvent aider la Tunisie en apportant un soutien financier à des conditions préférentielles et sous forme de dons.
Priorités de politique et réformes recommandées
- Priorités immédiates : préserver la vie et les moyens de subsistance de la population.
- Priorités post-crise pour atteindre une croissance plus élevée et plus inclusive :
- Assainissement continu et énergique des finances publiques.
- Réduire davantage les subventions à l'énergie en veillant à l’équilibre social.
- Maîtriser la masse salariale de la fonction publique.
- Améliorer l'équité du système fiscal et renforcer la lutte contre la fraude fiscale.
- Poursuivre le renforcement de la protection sociale, en particulier pour les ménages à faible revenu.
- Réformer le secteur des grandes entreprises publiques et améliorer le climat des affaires pour stimuler la création d'emplois dans le secteur privé.
Progrès macroéconomiques accomplis avant la crise
- Réduction du déficit budgétaire : d'environ 6 % du PIB en 2016-17 à 3,9 % du PIB en 2019, principalement grâce à des mesures de politique et d'administration fiscales.
- Dépenses pour programmes sociaux : ont doublé et devraient représenter 3,2 % du PIB en 2020 (contre 1,6 % du PIB en 2016).
- Inflation : recul de 7,7 % en juin 2018 à 5,8 % en février 2020.
- Réserves internationales : en décembre 2019, niveau correspondant à 5,2 mois d'importations de biens et de services non facteurs de l'année suivante.
- Toutefois, la mise en œuvre des réformes structurelles nécessaires pour réduire les taux élevés de chômage et de pauvreté a peu avancé.
- Les autorités ont mis fin à l'accord au titre du MEDC en mars 2020 en raison de l'épidémie de COVID-19, et demeurent décidées à conclure un nouvel accord lorsque la crise se sera estompée.
References