Washington, DC: Le Conseil d’administration du Fonds
monétaire international (FMI) a achevé les septième et huitième revues de
l’accord au titre de la facilité élargie de crédit (FEC)
[1]
et de l’accord élargi au titre du mécanisme élargi de crédit (MEDC)
[2]
en faveur de la Côte d’Ivoire, et approuvé la dérogation pour non-respect
de critères de performance et la proposition de suivi post-programme.
Les accords triennaux FEC/MEDC, avec un accès total aux ressources de 650,4
millions de DTS (environ 896,7 millions de dollars) ont été approuvés par
le conseil d’administration du FMI le 12 décembre 2016 et augmentés
d’environ 278,2 millions de dollars et étendus d’un an le 6 décembre 2019.
L’achèvement des septième et huitième revues permet de décaisser
immédiatement 193,572 millions de DTS (environ 278,2 millions de dollars),
ce qui porte le total des décaissements au titre de l’accord à 844 millions
de DTS (environ 1.207,71 millions de dollars ou 129,8 % de la quote-part de
la Côte d’Ivoire).
Le programme a connu une performance satisfaisante au cours des quatre
dernières années, et les autorités ont riposté vigoureusement au défi sans
précédent de la pandémie. Les acquis macroéconomiques solides d’avant la
crise, la diversification économique relative, et l’assouplissement de la
position budgétaire au bon moment ont permis à la Côte d’Ivoire de se
situer parmi la minorité des pays d’Afrique sub-saharienne qui maintiennent
une croissance positive en 2020, présentement envisagée à 1,8 %. En
supposant que l’économie mondiale se rétablisse graduellement, il est
projeté que la croissance ivoirienne réaccélère à 6½ % en 2021, mais avec
de nombreux risques baissiers. Les autorités visent un assainissement
graduel du déficit budgétaire à 3 % du PIB en 2023.
À l’issue des débats du conseil d’administration, M. Furusawa, président
par intérim et directeur général adjoint, a prononcé la déclaration
ci-après :
« La Côte d’Ivoire a raisonnablement bien résisté aux conséquences
immédiates de la pandémie, portée par son bilan probant de politiques
macroéconomiques saines, sa riposte rapide à la COVID-19, et l’appui
substantiel du gouvernement aux acteurs économiques et populations les plus
touchés. La performance du programme soutenu par le FMI a été satisfaisante
jusqu’à la fin de 2019, mais plusieurs objectifs du programme n’ont pas été
atteints à fin juin 2020 du fait de la riposte à la pandémie. Sous
l’hypothèse d’une normalisation graduelle de l’économie mondiale, il est
projeté que la croissance retrouve sa tendance de moyen-terme en 2021, avec
néanmoins des risques baissiers substantiels.
« Les autorités ont apporté une réponse adéquate au choc de la COVID-19 en
assouplissant la position budgétaire pour tenir compte des moins-values de
recettes, mettre en œuvre le plan d’urgence de dépenses gouvernementales et
limiter les pertes de croissance. La consolidation budgétaire graduelle
projetée au cours des trois prochaines années établit le juste arbitrage
entre le soutien de la relance économique et le ré-ancrage de la
trajectoire budgétaire. Le retour d’ici 2023 au critère de convergence de
l’UEMOA de 3 % du PIB pour le déficit budgétaire est fondamental à la
stabilité régionale.
« À moyen-terme, il est essentiel de combler les besoins urgents de
développement, constituer des réserves protectrices, et limiter les
vulnérabilités liées à la dette. L’atteinte de ces objectifs dépend de la
mise en œuvre d’une stratégie beaucoup plus ambitieuse de mobilisation des
recettes intérieures, centrée sur des efforts pour intégrer dans le filet
fiscal du secteur informel et limiter la prolifération des exonérations
fiscales. Ces actions devront s’inscrire en complément des efforts en cours
pour renforcer l’administration fiscale. La poursuite du suivi attentif des
entreprises et banques publiques est nécessaire, ainsi que la gestion de la
dette assurant un recours équilibré aux financements sur le marché régional
et le marché commercial extérieur. Le renforcement de l’appareil
statistique est essentiel à l’identification rapide des priorités de
politiques économiques.
« À l’achèvement de l’accord au titre de la Facilité Élargie de Crédit et
de l’accord au titre du Mécanisme Élargi de Crédit, il est recommandé que
la Côte d’Ivoire revienne au cycle normal de 12 mois pour les consultations
au titre de l’Article IV et s’engage dans un Suivi Post-Programme,
l’encours de ses crédits auprès du Fonds excédant le seuil de 200 % de sa
quote-part. »
[1]
Le FEC
est un mécanisme de prêt qui apporte un accompagnement soutenu à
moyen ou à long terme sous la forme d’un programme dans le cas de
problèmes persistants de balance des paiements.
[2]
Le
MEDC
a été créé pour apporter un concours aux pays i) qui sont aux
prises avec de graves déséquilibres de balance des paiements à
cause d’obstacles structurels ou ii) qui affichent une croissance
lente et une position de balance des paiements intrinsèquement
fragile.