Les services du FMI achèvent leur visite au Burundi
IMF News, October 7, 2023
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- Published: October 7, 2023
Mission et contexte
- Une équipe du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par Mme Mame Astou Diouf, cheffe de mission pour le Burundi, a séjourné à Bujumbura du 25 au 29 septembre 2023 et a mené du 2 au 4 octobre des discussions virtuelles avec les autorités.
- L’annonce est une déclaration des services du FMI rendant compte de leurs conclusions préliminaires à l’issue de la visite.
Constat macroéconomique et dynamique de la croissance
- La croissance économique devrait s’accélérer en 2023 par rapport à 2022 (1,8 %), sous l’impulsion des secteurs secondaire et tertiaire.
- Les facteurs freinant la croissance incluent :
- effets néfastes de l’arrivée tardive des pluies de la fin de l’année 2022 sur les récoltes de 2023;
- pénuries de carburant entravant le commerce et la distribution des produits agricoles, liées à une disponibilité limitée de devises pour les importations, à des cours d’importations élevés de carburant et à des problèmes d’approvisionnement.
- Les hausses de prix à la pompe effectuées en juillet et en septembre 2023 et celles de volume importé de carburant ont permis d’établir des prix couvrant les coûts de revient du carburant et de pallier les pénuries.
Inflation et pressions sur les prix
- L’inflation moyenne s’est établie autour de 29 % sur la période de janvier à août 2023, malgré un léger ralentissement entre mars et juillet.
- Les pressions inflationnistes sont principalement tirées par les prix des produits alimentaires.
- Les effets bénéfiques de la nouvelle récolte agricole sur les prix ont été contrebalancés par les prix élevés des importations dus à la guerre en Ukraine et à des facteurs intérieurs.
Position extérieure et réserves
- La viabilité extérieure demeure un défi urgent.
- Le déficit de la balance des transactions courantes devrait s'élargir en 2023 (15,6 % du PIB en 2022).
- Les réserves en devises en mi-septembre s’établissaient à 59,7 millions de dollars (environ 0,5 mois d’importations), contre 1,3 mois d’importations à la fin mars 2023.
- Le déficit a été atténué par une hausse des transferts de fonds privés et le premier décaissement du FMI au titre de la FEC.
- Le report des exportations d’or a contribué à la diminution des réserves.
Marché des changes et secteur financier
- La banque centrale a déprécié le taux de change nominal de 38 % le 4 mai 2023, ce qui a temporairement réduit la prime sur le marché des changes parallèle.
- La prime sur le marché des changes parallèle était d’environ 42 % le 4 mai et a augmenté à environ 57.4 % à fin septembre.
- Le secteur financier fait preuve de résilience.
Accord FEC et engagements des autorités
- Le 17 juillet 2023, le conseil d’administration du FMI a approuvé un accord d’une durée de 38 mois au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) ouvrant un accès à 200,2 millions de DTS (soit environ 261,7 millions de dollars, représentant 130 % de la quote-part du Burundi).
- Dans le cadre de l’arrangement au titre de la FEC, les autorités se sont engagées à mettre en œuvre un programme élargi de réformes macroéconomiques visant à relever les principaux défis, y compris :
- Relancer la consolidation budgétaire, de façon compatible avec une croissance économique, pour favoriser la viabilité de la dette tout en protégeant les populations vulnérables.
- Selon les estimations préliminaires, le déficit budgétaire s’est considérablement creusé au cours de l’exercice 2022/23 (juin-juillet) par rapport à l’exercice 2021/22 (7 % du PIB), essentiellement sous l’effet des salaires, des subventions et d'une accélération des investissements.
- Un retour à la consolidation budgétaire est prévu dans le cadre du programme FEC à partir de l’exercice 2023/24 grâce à des mesures d’accroissement des recettes et de restriction de dépenses courantes, tout en préservant les dépenses sociales et l’investissement public efficient.
- La dette publique devrait diminuer à moyen terme.
- Rééquilibrer la position extérieure et ralentir le financement monétaire.
- La banque centrale s’est engagée à recalibrer les politiques monétaire et extérieure afin de reconstituer les réserves de change et d’améliorer l’efficacité du marché des changes.
- Ces mesures consistent essentiellement à libéraliser le marché des changes, à resserrer la politique monétaire et à limiter le financement monétaire du budget.
- Elles contribueront à endiguer les pressions inflationnistes.
- Mettre en œuvre des réformes de la gouvernance et des réformes structurelles pour fournir un environnement des affaires favorable à une croissance tirée par le secteur privé, riche en emplois et inclusive.
Appréciation et engagement du FMI
- Le FMI reste déterminé à soutenir les efforts des autorités burundaises en vue de réduire les déséquilibres extérieurs, maîtriser l’inflation, préserver la viabilité de la dette, favoriser la bonne gouvernance et promouvoir une croissance durable et inclusive.
- La mission a rencontré S.E. le Premier ministre Gervais Ndirakobuca ; S.E. Audace Niyonzima, ministre des Finances, du Budget et de la Planification économique (MFBPE) ; M. Dieudonné Murengerantwari, gouverneur de la Banque de la République du Burundi (BRB) ; et Mme Francine Inarukundo, secrétaire permanente du MFBPE, ainsi que d’autres responsables des administrations publiques, de la BRB, des banques commerciales, du secteur privé, de la société civile et des bailleurs de fonds.
Communiqué de presse N° 23/337, le 7 octobre 2023.