Groupe intergouvernemental des vingt-quatre pour les questions monétaires internationales et le développement
IMF News, April 19, 2018
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- Published: April 19, 2018
Évaluation générale et priorités
- Se félicitent de la reprise de la croissance et de l’investissement mondiaux.
- Perspectives de croissance confirmées pour les pays émergents ou en développement, avec une amélioration plus progressive dans plusieurs pays, principalement des exportateurs de produits de base ou des pays de petite taille ou fragiles.
- Risques identifiés: éventualité d’un net durcissement des conditions financières, montée persistante du protectionnisme, tensions géopolitiques.
- Priorité principale: encourager une croissance inclusive et renforcer la résilience de l’économie.
- Mesures clés: intensification de la coopération internationale et renforcement de l’intégration régionale.
Commerce international et protectionnisme
- Préoccupation particulière concernant les restrictions commerciales récentes.
- Appel à développer un système commercial ouvert, fondé sur des règles, multilatéral et équitable qui profite à tous.
Numérisation, technologies financières et cybersécurité
- Reconnaissent que la numérisation et l’évolution technologique ouvrent de nouvelles possibilités mais présentent également des difficultés.
- Exhortent les institutions financières internationales à renforcer leur coopération pour:
- adopter des mesures permettant aux pays de saisir les opportunités technologiques;
- gérer les risques afférents, notamment en ce qui concerne les crypto-actifs et la cybersécurité.
- Encouragent le FMI, les autres institutions financières internationales et les organismes de normalisation financière à évaluer les répercussions des avancées technologiques sur le système financier et à y apporter des réponses multilatérales.
Volatilité des flux de capitaux et politiques macroprudentielles
- Les pays émergents ou en développement gèrent la volatilité des flux de capitaux par diverses mesures, mais il est possible d’améliorer la cohérence et l’efficacité des conseils du FMI.
- Appel à une évaluation équilibrée des politiques macroprudentielles et des mesures relatives aux flux de capitaux, tenant compte des contextes nationaux.
- Proposition d’étudier la coordination internationale pour atténuer la volatilité des flux de capitaux.
Dispositif mondial de sécurité financière et gouvernance du FMI
- Appel à mettre en place un solide dispositif mondial de sécurité financière centré sur un FMI reposant sur un système de quotes-parts et disposant de ressources adéquates.
- Engagement minimal: maintenir la capacité de prêt actuelle du FMI.
- Demande de rétablissement du ratio historique ressources propres/ressources empruntées du FMI.
- Attente de l’achèvement de la quinzième révision générale des quotes-parts et de l’adoption d’une nouvelle formule de calcul d’ici aux réunions du printemps 2019 ou, au plus tard, d’ici à l’assemblée annuelle de 2019.
- Préoccupation concernant la lenteur des travaux et appel au CMFI pour dégager un consensus pour achever la révision en temps voulu.
- Plaidoyer pour une formule révisée qui:
- accorde plus de poids au PIB calculé selon les parités de pouvoir d’achat dans le panachage du PIB;
- redéploie davantage les quotes-parts des pays avancés au profit des pays émergents ou en développement dynamiques;
- réalignement des quotes-parts qui ne se fait pas au détriment des autres pays émergents ou en développement et protège les parts et l’influence de tous les pays admissibles au bénéfice du fonds fiduciaire pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (RPC) et des petits pays en développement.
- Demande d’attribution d’un troisième siège à l’Afrique subsaharienne pour accroître la représentation et la participation de la région, sans porter préjudice aux sièges d’autres pays émergents ou en développement.
Droits de tirage spéciaux (DTS)
- Attente de la poursuite des travaux du FMI sur l’accroissement du rôle et de l’utilisation des DTS en tant qu’instrument de coopération internationale.
- Souhait d’utiliser les DTS plus activement comme monnaie de réserve, notamment grâce à des allocations de DTS plus fréquentes et d’un montant important.
Revues et mécanismes pour les pays à faible revenu
- Soutien à une relation plus poussée avec les pays à faible revenu, incluant:
- augmentation considérable des ressources du fonds fiduciaire RPC;
- élargissement de l’accès en fonction des besoins des pays;
- établissement d’un instrument de précaution.
- Saluent les efforts du FMI et du groupe de la Banque mondiale pour préparer l’application de la version révisée du cadre de viabilité de la dette pour les pays à faible revenu.
- Prise en compte de l’analyse du bureau indépendant d’évaluation du FMI sur le travail concernant les pays fragiles; soutien plein à la recommandation d’approfondir la relation avec les pays fragiles et attente du plan de suivi du FMI.
Crises des réfugiés et stratégies de développement
- Engagement des institutions financières internationales et de la communauté internationale à continuer d’apporter leur soutien aux pays en développement touchés de manière disproportionnée par les crises des réfugiés.
- Préconisent des stratégies soucieuses du développement pour répondre à ce problème.
Migration et pacte mondial pour les migrations
- Attente des résultats du pacte mondial pour les migrations, initiative des Nations unies.
- Demande de renforcement du travail d’analyse des effets potentiels, du point de vue macroéconomique et sur le développement, dans les pays concernés par le durcissement des lois en matière d’immigration.
Correspondants bancaires et coûts des envois de fonds
- Demande de solutions concrètes pour enrayer la diminution des relations de correspondants bancaires dans certains pays.
- Inquiétude sur la hausse du coût des envois de fonds.
- Appel aux organisations internationales à envisager les moyens de réduire ce coût à 3 % des montants envoyés, conformément aux objectifs de développement durable (ODD), et à déterminer ce qui empêche de le faire.
Viabilité de la dette et gestion du passif
- Constat: risques pesant sur la viabilité de la dette aggravés dans de nombreux pays, en particulier des pays à faible revenu.
- Recommandations:
- recours avisé à la dette pour financer des investissements porteurs de croissance;
- renforcement de la viabilité des finances publiques par la mobilisation des ressources intérieures;
- conception de mécanismes de financement consolidant la structure de la dette pour réduire les vulnérabilités et dégager de l’espace budgétaire pour infrastructures et dépenses sociales.
- Appel au FMI et au groupe de la Banque mondiale à renforcer sans délai leur assistance en matière de gestion du passif et à mettre en place un système complet et transparent de communication des données sur la dette.
- Mise en avant de la responsabilité conjointe des débiteurs et des créanciers rappelée dans les directives opérationnelles du G-20 sur le financement durable et les principes de la CNUCED pour l’octroi de prêts et la souscription d’emprunts responsables.
- Appel à l’élaboration d’un meilleur cadre de résolution de la dette et exhortation au FMI pour faciliter la coordination entre les créanciers, avec le concours d’autres organismes concernés.
Mobilisation des ressources intérieures et coopération fiscale internationale
- Demande au FMI et au groupe de la Banque mondiale de continuer à renforcer leur assistance pour améliorer la mobilisation des ressources intérieures.
- Importance soulignée de la coopération internationale en matière fiscale pour:
- établir des règles justes;
- éviter les pratiques et la concurrence fiscales dommageables;
- renforcer la transparence fiscale.
- Accueil positif des progrès dans le cadre de l’échange automatique d’informations.
- Encouragement des pays émergents ou en développement à adopter les normes internationales en matière de transparence fiscale.
- Soutien au cadre inclusif sur l’érosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfices (BEPS) et souhait que les pays émergents ou en développement puissent y participer pleinement, dans le respect des spécificités de chaque pays.
- Prise de note du rapport intermédiaire du BEPS sur les questions fiscales découlant de la numérisation.
- Création du groupe de travail du Groupe des Vingt‑Quatre sur les politiques fiscales et la coopération internationale en matière fiscale; attente du rapport intermédiaire qui sera présenté lors de la prochaine réunion en octobre.
- Réitération de l’appel en faveur d’une véritable coopération internationale pour lutter contre les flux financiers illicites.
Gouvernance, corruption et rôle du secteur privé
- Saluent l’adoption par le FMI d’un cadre renforcé de soutien aux pays s’attaquant à des défauts de gouvernance, dont la corruption, lorsqu’ils sont déterminants sur le plan macroéconomique.
- Promotion d’une relation transparente, franche et impartiale entre le FMI et les pays.
- Soutiennent l’examen du rôle du secteur privé, notamment lorsqu’il facilite la dissimulation du produit de la corruption.
- Encouragent le recours judicieux à des compétences et des informations extérieures, y compris l’utilisation prudente d’indicateurs fournis par des tierces parties.
Changement climatique et résilience aux catastrophes
- Appel à la mise en œuvre des contributions déterminées au niveau national dans le cadre de l’accord de Paris, en conformité avec le principe des responsabilités communes mais différenciées.
- Invitation au groupe de la Banque mondiale et aux pays développés à appuyer l’action des pays émergents ou en développement face au changement climatique et leurs efforts pour développer leur résistance aux catastrophes liées au climat.
- Accueil de l’intégration par la Banque mondiale de la gestion des risques de catastrophe dans ses stratégies d’aide-pays et de ses investissements dans des systèmes d’alerte précoce.
- Préconisation du soutien aux investissements dans les nouvelles technologies permettant d’améliorer la capacité de résistance aux catastrophes.
Rôle des banques multilatérales de développement et renforcement du groupe de la Banque mondiale
- Les banques multilatérales de développement sont reconnues comme jouant un rôle majeur pour aider les pays à réaliser les ODD.
- Encouragement à une collaboration systématique entre ces banques dans des domaines clés, en fonction de leurs capacités respectives, pour optimiser l’impact du développement.
- Importance de mobiliser davantage les financements privés, notamment en considérant les infrastructures comme une catégorie d’actifs.
- Nécessité pour ces banques de disposer de moyens adéquats et d’une gouvernance efficace.
- Espoir d’une bonne exécution, dans les meilleurs délais, de l’augmentation du capital du groupe de la Banque mondiale.
- Appel à la conclusion des revues de l’actionnariat de la BIRD et de la SFI pour réaffirmer les principes d’Istanbul visant à une répartition équitable des voix entre pays développés et pays en développement et en transition, protéger le droit de vote des plus petits pays pauvres et produire un résultat bénéficiant d’un large soutien des pays membres.
- Attente d’une mise en œuvre de l’IDA18 qui devrait accroître considérablement l’aide en faveur des pays à faible revenu et donner des résultats dans les cinq domaines couverts, dont l’emploi et la transformation économique.
Égalité des sexes et apprentissage entre pairs
- Attente de l’application de la stratégie du groupe de la Banque mondiale en faveur de l’égalité des sexes.
- Stratégie devant s’appuyer sur les mesures prises par les pays et intégrer largement les questions d’égalité des sexes aux programmes de développement des pays.
- Promotion de l’apprentissage entre pairs pour soutenir la mise en œuvre de cette stratégie.
Diversité du personnel et sous-représentation
- Engagement demandé au FMI et au groupe de la Banque mondiale pour mettre fin à la sous-représentation criante de certains pays et régions dans les recrutements et progressions de carrière, y compris aux postes d’encadrement.
- Réaffirmation de l’importance de la diversité et de l’équilibre entre femmes et hommes au sein du personnel à tous les niveaux, y compris la diversité des établissements d’enseignement et des formations.
Réunion et participants
- Réunion des ministres: tenue de la quatre-vingt-dix-neuvième réunion à Washington le 19 avril 2018, présidée par M. Eran Wickramaratne, assisté de M. Julio Velarde (premier vice-président) et de M. Kenneth Ofori‑Atta (second vice-président).
- Réunion des suppléants: cent onzième réunion des suppléants tenue le 18 avril 2018, présidée par M. P. Nandalal Weerasinghe.
- Liste des participants assis à la table de discussion incluse, couvrant Groupes africain, asiatique, latino-américain; observateurs; invités (Christine Lagarde, Kristalina Georgieva); secrétariats du G-24 et du FMI pour le G-24.
Communiqué, le 19 avril 2018, Département de la communication du FMI.