Le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé
aujourd’hui la troisième revue de l’accord en faveur de Madagascar au titre
de la facilité élargie de crédit (FEC). L’achèvement de cette revue permet
de décaisser 31,43 millions de DTS (environ 44,25 millions de dollars), ce
qui porte le total des décaissements au titre de l’accord à 156,26 millions
de DTS (environ 220,02 millions de dollars).
L’accord sur 40 mois en faveur de Madagascar, d’un montant de 220 millions
de DTS (environ 304,7 millions de dollars, ou 90 % de la quote-part de
Madagascar) a été approuvé le 27 juillet 2016 (voir
communiqué de presse n° 16/370). Un accès supplémentaire de 12,5 % de la quote-part de Madagascar a été
approuvé par le conseil d’administration le 28 juin 2017, ce qui a porté
l’accès du pays au titre de l’accord FEC à 250,55 millions de DTS (environ
347,1 millions de dollars) à l’époque. Cet accord vise à soutenir les
efforts déployés par les pays pour consolider la stabilité macroéconomique
et réaliser une croissance durable et inclusive.
À l’issue des débats du conseil d’administration, M. Mitsuhiro Furusawa,
directeur général adjoint et président par intérim, a prononcé la
déclaration ci-après :
« Les résultats obtenus par Madagascar dans le cadre de son programme
économique appuyé par l’accord au titre de la facilité élargie de
crédit sont restés généralement solides. L’évolution récente de
l’économie a été favorable, et le programme de réformes structurelles
progresse. Les perspectives demeurent positives aussi, avec des risques
liés à une hausse des prix du pétrole, à d’autres chocs sur les termes
de l’échange et aux catastrophes naturelles.
« Les autorités ont continué à renforcer la mobilisation des recettes et la
qualité des dépenses. Une légère réduction exceptionnelle de l’excédent
budgétaire intérieur primaire est appropriée pour 2018, étant donné la
hausse des prix du pétrole et la nécessité de s’attaquer aux tensions
sociales. De nouvelles mesures seront nécessaires pour améliorer la qualité
des dépenses, notamment une hausse des capacités d’investissement, des
ajustements automatiques des prix des carburants et des réformes soutenues
de la compagnie de services publics (JIRAMA), afin de réduire son besoin de
transferts. Il convient de bien gérer les nouvelles incitations fiscales à
l’investissement afin de préserver la mobilisation des recettes. Ces
efforts créeront un espace budgétaire pour les dépenses prioritaires
(investissement et secteur social), qui sont essentielles pour la stratégie
de croissance et de réduction de la pauvreté.
« Les réformes qui sont opérées pour promouvoir le développement du secteur
financier et l’inclusion accéléreront la croissance. Il s’agit notamment du
renforcement du contrôle, de la modernisation de la loi bancaire, de
l’amélioration du cadre opérationnel de la politique monétaire et du
développement du marché des changes.
« Il reste essentiel pour les autorités de renforcer la gouvernance et de
combattre la corruption pour assurer le succès de leur programme. Il est
prioritaire d’achever la modernisation du cadre juridique en promulguant
les projets de loi sur la lutte contre le blanchiment de capitaux et le
financement du terrorisme, ainsi que le recouvrement des actifs. Par
ailleurs, il est vital de mettre en place les institutions nécessaires pour
une bonne exécution. La poursuite du renforcement de la gestion des
finances publiques peut jouer un rôle clé dans l’amélioration de la
gouvernance économique. »