Le 21 décembre 2018, le conseil d’administration du Fonds monétaire
international (FMI) a achevé la deuxième revue des résultats économiques
obtenus par la Guinée dans le cadre de l’accord au titre de la facilité
élargie de crédit (FEC)
[1]. L’achèvement de cette revue permet de décaisser immédiatement 17,213
millions de DTS (environ 23,9 millions de dollars), ce qui porte le total
des décaissements au titre de l’accord à 51,636 millions de DTS (environ
71,6 millions de dollars). Le conseil d’administration a approuvé aussi les
demandes présentées par les autorités d’une modification d’un critère de
réalisation et d’une dérogation pour inobservation d’un critère de
réalisation.
L’accord FEC triennal en faveur de la Guinée a été approuvé par le conseil
d’administration du FMI le 11 décembre 2017 (voir communiqué de presse n°
17/484) pour un montant de 120,488 millions de DTS (environ 167,2 millions
de dollars au moment de l’approbation de l’accord, ou 56,25 % de la
quote-part du pays). L’accord FEC vise à renforcer la résilience, à
accroître l’investissement public dans les infrastructures tout en
préservant la stabilité, à renforcer le dispositif de sécurité sociale et à
promouvoir le développement du secteur privé.
À l’issue des débats du conseil d’administration sur la Guinée, M.
Mitsuhiro Furusawa, président par intérim et directeur général adjoint, a
prononcé la déclaration ci-après :
« La Guinée met en œuvre un programme de mesures et de réformes
macroéconomiques visant à réaliser une croissance élevée et généralisée,
ainsi qu’à réduire la pauvreté tout en préservant la stabilité
macroéconomique. Les résultats obtenus dans le cadre du programme appuyé
par l’accord FEC ont été satisfaisants pour ce qui est des objectifs de fin
juin, et les réformes appuyées par le programme ont bien progressé. Étant
donné l’insuffisance des recettes, les autorités ont pris des mesures
supplémentaires pour atteindre l’objectif budgétaire fixé pour fin 2018. La
croissance reste vigoureuse et les perspectives à moyen terme sont
favorables.
« Un excédent budgétaire de base contribuera à préserver la stabilité
macroéconomique. La mobilisation de recettes fiscales supplémentaires
permettra d’accroître les investissements dans les infrastructures qui sont
propices à la croissance. Les autorités visent aussi à réduire les
subventions non ciblées à l’électricité et ont un mécanisme d’ajustement
automatique des prix du pétrole. Il sera important de prêter attention à
l’impact social de ces réformes prévues, notamment en renforçant le
dispositif de sécurité sociale.
« Il sera crucial de gérer prudemment la dette afin d’en maintenir la
viabilité. La limitation des emprunts non concessionnel et le renforcement
de la gestion des finances publiques et de l’investissement contribueront à
préserver la viabilité de la dette et favoriseront l’efficience et la
transparence.
« Une stratégie plus active d’accumulation des réserves contribuera à
constituer des amortisseurs extérieurs et à renforcer la résilience du pays
aux chocs. Une intensification de la concurrence sur le marché des changes
et l’adoption d’une stratégie d’intervention fondée sur des règles
favoriseront aussi l’assouplissement du taux de change.
« La politique monétaire restera prudente afin de préserver une inflation
modérée. Les autorités continueront de limiter les emprunts de l’État à la
banque centrale et adopteront une gestion des liquidités plus active. Un
renforcement du contrôle bancaire et du cadre de réglementation contribuera
à la stabilité du secteur financier.
« Les autorités sont déterminées à faire avancer les réformes structurelles
qui sont propices à la croissance. Une amélioration du dispositif de lutte
contre la corruption et du climat des affaires permettra de renforcer la
gouvernance et de faciliter le développement du secteur privé. »
[1] La FEC est un mécanisme de prêt qui apporte un accompagnement
soutenu à moyen ou à long terme sous la forme d’un programme dans
les cas de problèmes persistants de balance des paiements.