Washington -
La Directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina
Georgieva, a fait aujourd’hui les observations suivantes à l’occasion de la
réunion des ministres des finances et des gouverneurs de banque centrale du
G20:
« Merci aux autorités saoudiennes d'avoir présidé le
G20 durant cette crise sans précédent, et à vous tous pour les remarquables
efforts que vous avez déployés pour protéger les populations et l'économie.
Les mesures budgétaires prises à hauteur de 8 000 milliards de dollars et
les liquidités abondantes injectées par les banques centrales ont contribué
à jeter les bases d'une reprise pour les entreprises et les ménages. Vous
avez également lancé une initiative visant à suspendre temporairement les
paiements du service de la dette des pays les plus pauvres. Je salue
sincèrement cette mesure qui tombe à point nommé.
Vous avez demandé au FMI de renforcer notre riposte à la crise pour les
pays émergents et les pays en développement. Nous avons donné suite à cet
appel.
- Nous avons doublé les limites annuelles d'accès aux financements
d'urgence. Plus de 100 pays nous ont déjà sollicités et la moitié des
demandes auront été approuvées par notre conseil d'administration d'ici à
la fin de ce mois. Dix pays ont déjà bénéficié d'une aide d'urgence.
- Lundi dernier, notre conseil d'administration a accordé à 25 pays un
allégement immédiat du service de la dette envers le FMI. Nous remercions
les pays membres qui se sont généreusement engagés à contribuer à cet
effort et appelons d’autres pays à suivre leur exemple.
- Nous étudions à présent la possibilité de créer une nouvelle ligne de
liquidité à court terme pour les pays dont la politique économique est
solide.
Nous devrons en faire encore plus. Comme vous le savez, nous prévoyons une
profonde récession en 2020 et une reprise qui ne sera que partielle en
2021. Pour aider les pays à faire face à la gravité de cette récession et
favoriser la reprise de leur économie, nous sommes prêts à utiliser tout
notre arsenal d'outils et notre capacité de prêt de 1 000 milliards de
dollars, tout en gardant à l'esprit la nécessité d'utiliser les programmes
à bon escient et de renforcer la bonne gouvernance.
En outre, pour aider nos pays membres à faible revenu, nous prévoyons de
tripler nos prêts concessionnels. Nous recherchons ainsi de toute urgence
18 milliards de dollars de ressources nouvelles pour des prêts au titre du
fonds fiduciaire pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance, et
il est probable que nous aurons également besoin d'au moins 1,8 milliard de
dollars de ressources de bonification. Nous déterminerons par ailleurs si
le recours aux DTS pourrait être utile à cet égard.
Enfin, nous ferons en sorte que les prêts et les mesures de soutien visent
principalement à réduire les séquelles économiques causées par les
faillites et le chômage, afin de favoriser une reprise rapide. Étant donné
que de nombreux pays continuent d'être confrontés à des sorties de capitaux
et à un endettement élevé, nous sommes prêts à collaborer étroitement avec
d'autres institutions et instances internationales, ainsi qu'avec des
acteurs privés, pour aider nos pays membres à surmonter cette crise et à en
sortir plus résilients. »