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L’économie burundaise a enregistré une reprise économique en 2021,
qui devrait se solidifier en 2022, nonobstant les effets de la
guerre en Ukraine. Dans le moyen terme, le Burundi continuera à
faire face au défi de financer les dépenses prioritaires de
protection sociale, de développement et de lutte contre la
COVID-19, tout en veillant à la viabilité extérieure et celle de la
dette.
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Le déficit du compte courant s’est creusé en 2021 et devrait
s’accroitre davantage en 2022, à cause de la hausse des prix du
pétrole boostés par la crise en Europe, cependant atténué par une
hausse des exportations soutenue par un regain du prix de l’or.
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Les projections prévoient une baisse sensible du déficit fiscal
durant l’année budgétaire 2021/22. Les recettes publiques vont
continuer leur bonne performance, soutenues par les mesures
fiscales adoptées dans les lois de finance précédentes, alors que
les dépenses vont être contenues.
Washington, DC – Le 17 mars 2022 :
Une équipe du Fonds Monétaire International (FMI) dirigée par Madame Mame
Astou Diouf, cheffe de mission pour le Burundi, a effectué une mission
virtuelle du 24 février au 16 mars 2022 pour mener des entretiens relatifs
aux consultations au titre de l’article IV des statuts du FMI.
Au terme de la mission, Madame Diouf a fait la déclaration suivante :
« Les autorités burundaises et les services du FMI ont discuté des
développements économiques récents, des perspectives à moyen terme et des
politiques macroéconomiques à mettre en œuvre en réponse à la pandémie de
COVID-19 et aux effets de la guerre en Ukraine, ainsi que pour maintenir la
stabilité de l’économie burundaise.
« Le PIB réel a rebondi de 2.4 pour cent en 2021, sous l’effet d’une
reprise des activités des secteurs primaire et tertiaire qui ont bénéficié
de l’assouplissement des mesures de distanciation et de restrictions de
voyage. La production agricole a été soutenue par l’amélioration de la
fourniture d’intrants, y inclus celle des engrais et des semences de
qualité. Le secteur secondaire a connu une croissance plus faible comparée
à 2020 causée par le ralentissement des activités minières induits par des
renégociations d’agréments d’exploitation. La relance économique amorcée
devrait se raffermir avec une croissance du PIB à 3.6 pour cent en 2022
tirée concomitamment par tous les secteurs, bien que ralentie par les
effets de la guerre en Ukraine.
« Dans le moyen terme, la croissance devrait s’accélérer au fur et à mesure
que les effets de la pandémie de COVID-19 s’estomperont et que les projets
d’investissements et les réformes en cours porteront leurs fruits. La
croissance économique pourrait être plus forte que projetée compte tenu des
initiatives du gouvernement, des réformes pour soutenir la résilience de
l’économie et de la possibilité de financement étrangers plus élevés que
prévus faisant suite à la collaboration plus proche avec la communauté
internationale. Cependant, des risques pèsent sur le cadre macroéconomique
en raison des incertitudes entourant la situation géopolitique en Europe,
la fin de la pandémie et les aléas climatiques au Burundi.
« L’inflation a augmenté pour se situer à 8,3 pour cent en 2021 (contre 7,5
pour cent en 2020) tirée par le renchérissement des prix des produits
alimentaires. Elle devrait s’accélérer à 9.2 pour cent en 2022, à cause de
la hausse des prix des matières premières comme le pétrole, une conséquence
de la crise en Europe. L’inflation importée pourrait cependant être moindre
que les prévisions actuelles, compte tenu de la possibilité d’une
production agricole meilleure que prévue qui pourrait réduire les prix des
produits alimentaires, des mesures de régulation des prix des produits
stratégiques et des initiatives de substitution aux importations en cours.
« Le déficit budgétaire est projeté à 4.6 pour cent en 2021/22 (contre 7.9
pour cent en 2020/21), une consolidation budgétaire favorisée par
l’amélioration du recouvrement des recettes et une hausse des dons,
notamment grâce aux dons de vaccins contre la COVID-19, ainsi qu’une baisse
des dépenses courantes. Les investissements publics devraient se raffermir,
marquant une reprise après le ralentissement causé par la pandémie. Le
déficit budgétaire devrait cependant se creuser en 2022/23 sous l’impulsion
d’une augmentation plus poussée des investissements publics, compensant le
rebondissement attendu des recettes et des dons.
« Le déficit du compte des transactions courantes s’est creusé en 2021 sous
le double effet d’une baisse des exportations (de café et produits miniers)
et d’une hausse des importations répondant aux besoins de l’économie en
biens intermédiaires et de lutte contre la COVID-19. Les appuis financiers
extérieurs, y inclus le décaissement de la Facilité de Crédit Rapide (FCR)
et l’allocation générale de Droits de Tirages Spéciaux (DTS) adoptée en
août 2021 par le FMI, ont soutenu les réserves internationales de change du
Burundi qui se sont portées à fin décembre 2021 à 2.1 mois d’importations
prospectives. Malgré une hausse des exportations d’or, le déficit du compte
des transactions courantes devrait se creuser davantage en 2022, à cause de
la hausse des prix des matières premières, notamment ceux du pétrole.
« La Banque de la République du Burundi (BRB) a adopté depuis 2019 des
mesures de soutien au secteur bancaire incluant un apport accru de
liquidité et des ressources à maturité longue. La croissance du crédit au
secteur privé s’est montrée dynamique en 2021, portée par les facilités de
refinancement octroyées aux banques par la BRB, la subvention indirecte des
coûts du crédit, ainsi que la création de nouvelles banques (dédiées à
l’habitat, aux jeunes et aux femmes). Le système bancaire continue à être
globalement résilient avec des indicateurs de stabilité financière
largement respectés (à l’exception de ceux liés aux réserves de change) et
des prêts non performants autour de 4,1 pour cent en septembre 2021.
Cependant, le nombre de prêts restructurés reste non négligeable.
« Dans le moyen terme, le Burundi continuera à faire face au défi de
financer les dépenses prioritaires de protection sociale, celles de relance
économique et de développement et celles de lutte contre la COVID-19 d’une
part et de soutenir la viabilité de la dette publique et de celle
extérieure d’autre part. Les politiques macroéconomiques s’attèleront
notamment à assurer : (i) une politique budgétaire prudente, protégeant les
dépenses prioritaires et porteuse de croissance économique ; (ii) une
politique monétaire et financière garante de la stabilité des prix et du
système financier ; (iii) un rééquilibrage prudent des politiques
macroéconomiques pour rétablir la viabilité extérieure et porter la
couverture des réserves de change à des niveaux plus confortables ; (iv) à
atténuer les entraves à la croissance en continuant à améliorer la
compétitivité par des réformes structurelles et (v) à renforcer davantage
la gouvernance, à l’image des engagements pris par le gouvernement afin
d’assurer la bonne gouvernance des dépenses de lutte contre la COVID-19 en
préparant des rapports semestriels audités de gestion de ces dépenses, en
cherchant à identifier les bénéficiaires ultimes des entreprises privées
ayant intervenu dans le cadre de ces dépenses et en publiant les lois de
règlements auditées.
« La mission a rencontré S.E. Dr. Domitien Ndihokubwayo, Ministre des
Finances, du Budget et de la Planification économique (MFBPE) ; M. Jean
Ciza, Gouverneur de la Banque de la République du Burundi (BRB) ; M. Audace
Niyonzima, Premier Vice-Gouverneur de la BRB ; Mme Christine Niragira,
Secrétaire Permanente du MFBPE. La mission a également rencontré d’autres
officiels du gouvernement et de la BRB, ainsi que des représentants des
banques commerciales, d’organisations non gouvernementales et des bailleurs
de fonds.
« La mission saisit cette occasion pour remercier les autorités burundaises pour leur coopération et
disponibilité, et pour des échanges riches et ouverts. »