Washington, DC: Le conseil d’administration du Fonds
monétaire international (FMI) a approuvé en faveur du Ghana un accord sur
36 mois au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) pour un montant de
2,242 milliards de DTS (soit environ 3 milliards de dollars ou 304 % de la
quote-part du Ghana). Le programme s’appuie sur le programme postpandémie
mis en place par le pays pour stimuler la croissance économique, qui vise à
rétablir la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette en mettant
en œuvre des réformes de grande envergure qui renforcent la résilience et
posent les bases d’une croissance plus forte et plus inclusive.
La décision du conseil d’administration permettra de décaisser
immédiatement l’équivalent de 451,4 millions de DTS (soit environ 600
millions de dollars) en faveur du Ghana.
Les grands chocs extérieurs de ces dernières années ont exacerbé les
vulnérabilités existantes du Ghana liées à son budget et à sa dette. Le
pays a ainsi perdu l’accès au marché international et doit composer avec un
financement intérieur de plus en plus restreint ainsi qu’avec une
dépendance au financement monétaire du budget. La diminution des réserves
internationales, la dépréciation du Cedi, la hausse de l’inflation et la
détérioration de la confiance des investisseurs nationaux ont fini par
déclencher une crise profonde. Les autorités ont pris des mesures
audacieuses pour surmonter ces difficultés majeures, notamment en
accélérant le rééquilibrage des finances publiques. Elles ont également
lancé une restructuration complète de la dette pour faire face aux graves
contraintes de financement et au problème de viabilité de la dette. Il sera
essentiel de conclure en temps voulu des accords de restructuration de la
dette avec les créanciers extérieurs pour réussir la mise en œuvre du
nouvel accord au titre de la FEC.
Les principales politiques du programme des autorités prévoient entre
autres un assainissement budgétaire précoce et de grande envergure pour
ramener les finances publiques sur une trajectoire viable, auquel
s’ajouteront des mesures pour protéger les personnes vulnérables. Cet
effort d’ajustement sera soutenu par des réformes structurelles ambitieuses
dans plusieurs domaines : politique fiscale, administration des recettes et
gestion des finances publiques. Des mesures visant à remédier aux
faiblesses des secteurs de l’énergie et du cacao seront aussi à l’ordre du
jour. La mise en place de politiques monétaires suffisamment strictes et de
taux de change flexibles contribuera à ramener l’inflation en deçà de 10 %
et à reconstituer les réserves internationales. Le programme s’efforce
également de préserver la stabilité financière et de stimuler
l’investissement privé et la croissance.
Il aidera le Ghana à surmonter les défis immédiats en matière de politique
et de financement, notamment grâce à son effet catalyseur favorisant la
mobilisation de financements extérieurs auprès des partenaires pour le
développement et la restructuration de la dette qui est en cours.
Au terme des délibérations du conseil d’administration sur le Ghana, Madame
Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI, a fait la déclaration
suivante :
« Les effets des chocs externes importants combinés à la dette et aux
vulnérabilités budgétaires existantes du Ghana ont précipité le pays dans
une grave crise économique et financière. Face à cette situation, les
autorités ont lancé un vaste programme de réformes, qui sera soutenu par
l’accord conclu au titre de la FEC. Ses objectifs principaux sont le
rétablissement de la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette,
ainsi que la mise en œuvre de réformes de grande envergure pour renforcer la
résilience et jeter les bases d’une croissance plus forte et plus inclusive.
« L’assainissement des finances publiques est un élément central du
programme. Un rééquilibrage substantiel et concentré en début de période a
commencé avec la loi de finances 2023. L’augmentation des recettes et la
rationalisation des dépenses iront de pair avec des politiques visant à
protéger les ménages vulnérables et à créer une marge de manœuvre qui
permettra à moyen terme d’augmenter les dépenses en faveur de la protection
sociale et du développement. Afin d’installer une discipline budgétaire de
manière durable, les autorités poursuivent également les réformes visant à
accroître la mobilisation des recettes intérieures, à renforcer la gestion
des finances publiques et à relever les défis majeurs dans les secteurs de
l’énergie et du cacao. Elles ont également lancé une restructuration
complète de la dette pour faire revenir celle-ci sur une trajectoire
viable.
« Il est primordial de préserver la stabilité du secteur financier pour que
le programme soit un succès. Etant donné l’impact de la restructuration de
la dette intérieure sur le bilan des institutions financières, es autorités
concevront et mettront en œuvre une stratégie globale pour reconstituer
rapidement les réserves des institutions financières et pour sortir de
l’assouplissement temporaire des contraintes réglementaires.
« Dans le cadre du programme, les politiques monétaires et de change
viseront essentiellement à maîtriser l’inflation et à reconstituer des
réserves de change. La Banque du Ghana continuera de resserrer sa politique
monétaire jusqu’à ce que l’inflation revienne sur une trajectoire résolument
décroissante et mettra fin au financement monétaire du budget. La banque
centrale renforcera également la flexibilité du taux de change et limitera
les interventions de change pour reconstituer les réserves extérieures.
Un agenda ambitieux de réformes structurelles est en train d’être mis en
place pour revigorer une croissance tirée par le secteur privé, en
améliorant le climat des affaires, la bonne gouvernance, et la productivité.
»
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Ghana : principaux indicateurs économiques et
financiers, 2021–27
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2021
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2022
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2023
|
2024
|
2025
|
2026
|
2027
|
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|
Effectif
|
Est.
|
Proj.
|
Proj.
|
Proj.
|
Proj.
|
Proj.
|
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|
(variation annuelle en %, sauf indication contraire)
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Comptes nationaux et prix
|
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|
PIB à prix constants
|
5,4
|
3,2
|
1,5
|
2,8
|
4,7
|
5,0
|
5,0
|
|
PIB (hors industries extractives)
|
8,4
|
1,9
|
0,7
|
2,2
|
4,4
|
4,8
|
5,0
|
|
PIB (industries extractives)
|
-12,1
|
12,7
|
6,1
|
6,4
|
6,5
|
5,9
|
5,0
|
|
PIB réel par habitant
|
3,3
|
1,0
|
-1,1
|
0,2
|
2,1
|
2,3
|
2,4
|
|
Déflateur du PIB
|
11,2
|
29,8
|
39,9
|
20,1
|
10,9
|
7,6
|
7,6
|
|
Indice des prix à la consommation (fin de période)
|
12,6
|
54,1
|
29,4
|
15,0
|
8,0
|
8,0
|
8,0
|
|
Indice des prix à la consommation (moyenne annuelle)
|
10,0
|
31,9
|
44,0
|
22,2
|
11,5
|
8,0
|
8,0
|
|
|
|
|
|
|
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|
|
|
|
(en pourcentage du PIB, sauf indication contraire)
|
|
|
|
|
Budget de l’administration centrale
|
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|
Recettes
|
15,3
|
15,7
|
16,8
|
17,3
|
17,8
|
18,7
|
18,7
|
|
Dépenses (base engagements)
|
27,4
|
26,7
|
24,3
|
25,3
|
24,5
|
23,9
|
23,3
|
|
Solde global (base engagements)
|
-12,1
|
-11,0
|
-7,5
|
-8,0
|
-6,7
|
-5,2
|
-4,6
|
|
Solde primaire (base engagements)
|
-4,8
|
-3,6
|
-0,5
|
0,5
|
1,5
|
1,5
|
1,5
|
|
Solde primaire hors pétrole (base engagements)
|
-5,7
|
-5,6
|
-3,1
|
-1,7
|
-0,5
|
-0,5
|
-0,5
|
|
Dette publique (brute)
|
79,6
|
88,1
|
98,1
|
92,0
|
90,2
|
88,4
|
86,1
|
|
Dette intérieure
|
36,2
|
45,7
|
40,6
|
38,7
|
38,2
|
37,0
|
35,6
|
|
Dette extérieure
|
43,4
|
42,4
|
57,5
|
53,3
|
52,0
|
51,4
|
50,5
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
(variation annuelle en %, sauf indication contraire)
|
|
|
|
|
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|
|
|
|
Monnaie et crédit
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Crédit au secteur privé (banques commerciales)
|
11,1
|
31,8
|
24,4
|
17,0
|
13,0
|
15,0
|
15,0
|
|
Monnaie au sens large (M2+)
|
12,5
|
32,9
|
31,8
|
20,7
|
15,0
|
11,0
|
11,0
|
|
Vitesse de circulation (PIB/M2+ ; fin de période)
|
3,4
|
3,4
|
3,7
|
3,8
|
3,8
|
3,9
|
3,9
|
|
Monnaie centrale
|
19,9
|
57,3
|
18,9
|
17,4
|
12,5
|
10,6
|
13,0
|
|
Taux directeur (en pourcentage, fin de période)
|
14,5
|
27,0
|
…
|
...
|
...
|
...
|
...
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
(en millions de dollars, sauf indication contraire)
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Secteur extérieur
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Solde des transactions courantes (% du PIB)
|
-3,2
|
-2,1
|
-2,8
|
-2,3
|
-2,4
|
-3,0
|
-3,0
|
|
Écart de financement de la balance des paiements
1
|
...
|
...
|
4212
|
3301
|
4264
|
3282
|
1743
|
|
FMI
|
...
|
...
|
1200
|
720
|
720
|
360
|
0
|
|
Banque mondiale
|
…
|
...
|
530
|
420
|
350
|
250
|
0
|
|
Écart résiduel
|
...
|
...
|
2482
|
2161
|
3194
|
2672
|
1743
|
|
Réserves internationales brutes (si le déficit de
financement est comblé, définition du programme)
2
|
5200
|
1441
|
1733
|
3270
|
5524
|
7824
|
9833
|
|
en nombre de mois d’importations de biens
et de services prévues
|
2,4
|
0,7
|
0,8
|
1,4
|
2,2
|
3,0
|
3,6
|
|
Réserves internationales brutes (définition de la Banque du
Ghana) 3
|
9695
|
6238
|
…
|
...
|
...
|
...
|
...
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Postes pour mémoire :
|
|
|
|
|
|
|
|
|
PIB nominal (en millions de GHS)
|
459131
|
615259
|
873138
|
1077423
|
1251506
|
1413822
|
1597076
|
|
Monnaie nationale/dollar (moyenne de la période)
|
5,8
|
8,4
|
…
|
...
|
...
|
...
|
...
|
|
Unités monétaires nationales par dollar américain (fin de
période)
|
6,0
|
8,6
|
…
|
...
|
...
|
...
|
...
|
|
Sources : autorités ghanéennes ; estimations et projections
des services du FMI.
|
|
1Financement supplémentaire nécessaire pour
amener progressivement les réserves à au moins 3 mois
d’importations d’ici 2026.
|
|
|
2La définition du programme exclut les fonds
pétroliers, les actifs grevés et gagés.
|
|
3La définition de la Banque du Ghana inclut les
fonds pétroliers, les actifs grevés et gagés.
|