En cette période où l’intelligence artificielle (IA) transforme le monde du travail, les pays ne s’empressent pas uniquement de bâtir des centres de données et de générer de meilleurs algorithmes. Ils disputent aussi une course parallèle visant à créer des marchés du travail plus intelligents. La demande de compétences nouvelles et numériques accélère. Une offre d’emploi sur dix dans les pays avancés et une sur vingt dans les pays émergents exige au moins une nouvelle compétence. Les employeurs sont prêts à mettre la main à la poche. Aux États-Unis et au Royaume-Uni, les offres recherchant ces nouvelles compétences proposent généralement des rémunérations plus élevées, de l’ordre de 3 %, voire de 15 % pour celles demandant plusieurs de ces nouveaux atouts. Ce gain financier souligne l’importance de rester à l’avant-garde en matière de compétences.
Il se trouve que certains pays sont mieux préparés que d’autres. L’indice de préparation aux compétences du FMI montre quels sont les pays les mieux armés pour l’avenir. Sur les 23 pays pour lesquels des données sont disponibles, ce sont l’Irlande, la Finlande et le Danemark qui mènent la course, associant de fortes proportions de diplômés dans le domaine technologique à de solides dispositifs de formation et de reconversion pour adultes. Désormais, leur défi ne consiste plus seulement à produire des talents, mais aussi à les absorber. Ces pays doivent encourager l’innovation et développer la création d’emplois hautement qualifiés pour que leurs investissements dans l’enseignement se traduisent par de larges palettes de possibilités.

D’autres sont confrontés à l’obstacle inverse. Des pays comme la Suède et les Pays-Bas enregistrent une forte demande de nouvelles compétences, mais ils ne disposent pas des travailleurs qualifiés pour y répondre. L’action des pouvoirs publics doit alors s’attacher à alimenter les filières de talents en développant l’enseignement et la reconversion professionnelle.
Au bout du compte, les pays qui préparent leurs travailleurs tout en créant les conditions nécessaires pour que les entreprises absorbent ces compétences seront les mieux placés pour prospérer dans l’économie de l’IA.