Young job seeker is interviewed at a job fair in Barcelona. Spain's youth unemployment remains among the highest in the European Union. (Photo: Gustau Nacarino/Reuters/Newscom)

Centre commercial à Varsovie, en Pologne : les pays émergents ont réussi à ramener l'inflation à un niveau faible. (Photo : Caro/Bastian/Newscom)

Bulletin du FMI : La croissance ralentit en Afrique subsaharienne sur fond de détérioration de la situation mondiale

le 27 octobre 2015

  • La croissance prévue est la plus faible depuis six ans
  • Des vents
  • contraires sont liés au bas niveau des prix des produits de base et au durcissement
  • des conditions de financement
  • La marge de manœuvre est limitée
  • pour contrer le freinage de la croissance

L’activité économique a fléchi sensiblement en Afrique subsaharienne, et l’expansion vigoureuse de ces dernières années s’est dissipée dans bon nombre de pays, note le FMI dans son dernier rapport sur les perspectives régionales.

Un oléoduc dans le quartier d’Okrika, près de Port Harcourt, au Nigéria. La baisse des prix du pétrole a réduit les recettes d’exportation des pays producteurs de pétrole d’Afrique subsaharienne, qui représentent environ la moitié du PIB de la région (Akintunde Akinleye/Reuters/Corbis)

Un oléoduc dans le quartier d’Okrika, près de Port Harcourt, au Nigéria. La baisse des prix du pétrole a réduit les recettes d’exportation des pays producteurs de pétrole d’Afrique subsaharienne, qui représentent environ la moitié du PIB de la région (Akintunde Akinleye/Reuters/Corbis)

PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES

Si le climat des affaires et l’environnement macroéconomique se sont améliorés considérablement au cours des 10 dernières années, d’autres facteurs à l’origine de la croissance vigoureuse, en particulier le niveau élevé des prix des produits de base et les conditions de financement favorables, sont devenus moins propices. Les prix de nombreux produits de base exportés par la région sont tombés d’environ 40-60 % au cours des deux dernières années, et les coûts de l’emprunt ont augmenté sur fond de réévaluation du risque mondial en prévision d’un relèvement des taux d’intérêt américains. En outre, certains pays sont confrontés à une hausse de leurs déficits extérieur et budgétaire.

En conséquence, si la croissance en Afrique subsaharienne reste plus vigoureuse que dans beaucoup d’autres régions, le dernier rapport du FMI sur les Perspectives économiques régionales pour l’Afrique subsaharienne prévoit une croissance de 3¾ % cette année, encore plus basse qu’en 2009 à la suite de la crise financière mondiale. La prévision pour 2016 est légèrement supérieure, à 4¼ %.

Des variations au sein de la région

Mais, en dépit de la situation globale difficile, le rapport note qu’il existe des variations considérables au sein de la région (voir graphiques ci-dessous). Dans la plupart des pays à faible revenu, la croissance résiste bien de manière générale, portée par l’investissement dans les infrastructures et la consommation privée. Des pays tels que la Côte d’Ivoire, l’Éthiopie et la Tanzanie devraient enregistrer une croissance de 7 % ou plus cette année et l’an prochain. Cependant, d’autres pays à faible revenu souffrent de la baisse des prix des produits de base, même si le recul du prix du pétrole allège leurs factures d’importations énergétiques.

Les pays les plus touchés sont les pays exportateurs de pétrole, car la baisse des prix du pétrole a réduit considérablement leurs recettes d’exportation et les a obligés à procéder à un ajustement budgétaire vigoureux. Les pays producteurs de pétrole représentent environ la moitié du PIB régional et incluent les plus gros producteurs, Nigéria et l’Angola. Plusieurs pays à revenu intermédiaire, parmi lesquels le Ghana, l’Afrique du Sud et la Zambie, sont aussi confrontés à des conditions défavorables, telles que la mollesse des prix des produits de base, des conditions de financement difficiles et des pénuries d’électricité.

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Marge de manœuvre limitée pour contrer le freinage de la croissance

L’épargne a été modeste pendant la période récente de croissance vigoureuse, si bien que la marge de manœuvre est limitée pour contrer le freinage de l’activité régionale ou lisser l’ajustement aux chocs récents. Dans beaucoup de pays, les soldes budgétaires et extérieurs sont aujourd’hui plus faibles qu’au début de la crise financière mondiale en 2008. Si, dans de nombreux cas, cela tient aux efforts déployés pour satisfaire les besoins d’infrastructure considérables, ces pays se retrouvent avec moins de ressources pour contenir les effets du ralentissement actuel.

Pour les pays exportateurs de pétrole en particulier, l’ajustement budgétaire est inévitable face à une baisse nette et apparemment durable des prix du pétrole. Dans la plupart des autres pays, la politique budgétaire doit concilier les besoins de développement et la viabilité de la dette, ce qui deviendra de plus en plus difficile à mesure que la hausse des taux d’intérêt et le ralentissement de la croissance alourdissent la charge de la dette.

Sur le front monétaire, pour les pays dont les termes de l’échange se sont détériorés sensiblement et dont la monnaie n’est pas rattachée à une autre, le rapport recommande de laisser la monnaie se déprécier pour absorber partiellement le choc. Les taux de change ont été mis sous pression aussi dans des pays où les exportations des produits de base ne jouent pas un rôle aussi important. Étant donné les forces mondiales puissantes à l’origine de ces pressions, des interventions risqueraient de conduire à un épuisement des rares réserves de change. En conséquence, les interventions des banques centrales devraient se limiter à contenir les mouvements désordonnés des taux de change. La politique monétaire ne doit réagir qu’aux effets secondaires des dépréciations monétaires sur les prix et aux autres chocs qui font monter l’inflation.

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Renforcer la compétitivité et réduire les inégalités pour stimuler la croissance

Au-delà de ces enjeux plus immédiats, le rapport examine aussi, dans deux études complémentaires, comment un renforcement de la compétitivité et une réduction des inégalités pourraient contribuer à la croissance régionale à plus long terme.

Selon la première étude, la période récente de croissance vigoureuse et de forte intégration commerciale est aussi allée de pair avec un creusement des déséquilibres commerciaux et un affaiblissement de la compétitivité, en particulier dans les pays exportateurs de produits de base.

Comme certaines sources de la croissance disparaissent peu à peu, la région doit en développer de nouvelles en accroissant la sophistication de ses exportations et en s’intégrant dans les chaînes de valeur mondiales, ce qui ne sera possible que si la compétitivité est rehaussée. Les mesures à prendre pour atteindre cet objectif dépendent d’un pays à l’autre, mais il sera utile de poursuivre une politique macroéconomique saine, d’investir dans les infrastructures tout en maintenant la dette sur une trajectoire viable, de continuer d’éliminer les obstacles au commerce et d’améliorer le climat des affaires.

La deuxième étude examine les implications de la persistance de fortes inégalités de revenu et entre les sexes en Afrique subsaharienne. Le niveau des inégalités dans la région figure parmi les plus élevés au monde. De plus en plus de données internationales indiquent que des inégalités persistantes peuvent faire obstacle à la stabilité macroéconomique, et l’étude note que des mesures visant à réduire les inégalités aux niveaux observés dans certains pays d’Asie émergents à croissance rapide (par exemple, en élargissant l’accès à l’éducation et aux soins de santé) pourraient rehausser la croissance de 1 point de pourcentage par an en Afrique subsaharienne. Des politiques budgétaires et financières bien conçues et l’élimination des restrictions juridiques fondées sur le sexe pourraient aussi réduire les inégalités et accélérer la croissance à long terme dans la région, selon l’étude.


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