Le 6 juillet 2018, le conseil d’administration du Fonds monétaire
international (FMI) a achevé la troisième revue du programme économique de
la Tunisie qui est appuyé par un accord au titre du mécanisme élargi de
crédit (MEDC). L’achèvement de la revue permet aux autorités d’acheter un
montant équivalent à 176,7824 millions de DTS (environ 249,1 millions de
dollars), ce qui porte le total des achats au titre de l’accord à
l’équivalent de 808,1485 millions de DTS (environ 1.139,0 millions de
dollars).
L’accord MEDC sur quatre ans d’un montant de 2,045625 milliards de DTS
(environ 2,9 milliards de dollars, ou 375 % de la quote-part de la Tunisie
au moment de l’approbation de l’accord) a été approuvé par le conseil
d’administration le 20 mai 2016 (voir
communiqué de presse n° 16/238
). Le programme de réformes du gouvernement qui est appuyé par l’accord
MEDC vise à affermir la reprise en réduisant la vulnérabilité
macroéconomique, en veillant à ce qu’une protection sociale adéquate soit
en place et en favorisant une croissance tirée par l’secteur privé et
créatrice d’emplois. Parmi les priorités figurent des réformes propices à
la croissance et soucieuses de la dimension sociale qui visent à stabiliser
la dette publique tout en accroissant l’investissement et les dépenses
sociales. La politique monétaire est axée sur la baisse de l’inflation, le
maintien d’un taux de change flexible et le renforcement des réserves
internationales. Les réformes structurelles prévues par l’accord portent
principalement sur une amélioration de la gouvernance, du climat des
affaires, des institutions budgétaires et du secteur financier.
À l’issue des débats du conseil d’administration sur la Tunisie, M.
Mitsuhiro Furusawa, directeur général adjoint et président par intérim, a
prononcé la déclaration ci-après :
« La croissance s’est accélérée au début de 2018 et la confiance s’est
améliorée, mais des déséquilibres macroéconomiques persistent. Le chômage
n’a baissé que légèrement, l’inflation est élevée, les déficits budgétaire
et courant sont considérables, et les réserves internationales sont
inférieures au niveau recommandé.
« La mise en œuvre de la politique économique et des réformes s’est
améliorée sensiblement depuis la deuxième revue. Les autorités tunisiennes
restent fermement déterminées à opérer un ajustement macroéconomique
progressif et soucieux de sa dimension sociale, en s’appuyant sur l’accord
sur quatre ans au titre de la facilité élargie de crédit. Pour que le
programme soit un succès, les autorités doivent s’efforcer de manière
soutenue de réduire la vulnérabilité macroéconomique, d’assurer une
protection sociale adéquate et de favoriser la création d’emplois.
« Pour atteindre leurs objectifs budgétaires, les autorités doivent
s’attaquer aux pressions qui s’exercent sur le budget. Pour 2018, il est
prioritaire d’accroître les recettes, d’ajuster les prix de l’énergie afin
de limiter l’impact des prix internationaux du pétrole sur le budget, de
procéder à des départs volontaires pour les fonctionnaires, de ne pas
accorder de nouvelles augmentations salariales, à moins que la croissance
soit supérieure aux prévisions, et de réformer les retraites.
« Le relèvement prononcé du taux directeur qui été opéré récemment démontre
que la banque centrale est fermement déterminée à assurer la stabilité des
prix. De nouveaux relèvements des taux pourraient être nécessaires si
l’inflation ne ralentit pas, surtout si les principaux taux d’intérêt
restent négatifs en termes réels.
« La flexibilité du taux de change, soutenue par des adjudications de
devises plus concurrentielles de la part de la banque centrale, est
essentielle pour améliorer le solde des transactions courantes et
reconstituer les réserves de change.
« Les autorités ont accru les transferts sociaux et ont amélioré la base de
données sur les familles vulnérables. Il convient d’accélérer la réforme
des retraites et de redoubler d’efforts pour mieux cibler les mesures
sociales.
« Le guichet unique pour les investisseurs et la liste négative
d’autorisations d’investissement constituent des signaux positifs pour les
investisseurs. En ce qui concerne les réformes structurelles, il est
prioritaire de nommer les membres de l’Instance de la bonne gouvernance et
de la lutte contre la corruption, ainsi que de réformer le dispositif de
lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
« Il est essentiel que les autorités mettent en œuvre leur programme de
manière énergique pour atténuer les risques économiques, sociaux et
politiques. En s’appuyant sur le solide partenariat avec la communauté
internationale des bailleurs de fonds, il sera important de continuer de
bénéficier d’une aide financière considérable des donateurs et de renforcer
les capacités pour réussir la transition vers une économie qui favorise une
croissance inclusive dont le principal moteur est le secteur privé. »