Les enjeux en Afrique subsaharienne en six graphiques
IMF News, April 15, 2021
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- Published: April 15, 2021
Contexte général
- La pandémie a ralenti la croissance en Afrique subsaharienne et pourrait annuler des années de progrès économiques et sociaux.
- La contraction de l’activité économique observée en 2020 est de 1,9 %, le pire résultat jamais enregistré par la région.
- Sur la base des prévisions actuelles, le PIB par habitant dans beaucoup de pays ne devrait retrouver son niveau d’avant la crise qu’à la fin de 2025.
- L’accès restreint aux vaccins et le manque d’espace budgétaire pèseront sur les perspectives, creusant l’écart de croissance avec le reste du monde au cours des cinq prochaines années.
Croissance et trajectoires régionales
- En 2021, l’Afrique subsaharienne sera la région du monde où la croissance sera la plus lente.
- La région devrait connaître une croissance de 3,4 %, portée par la reprise mondiale, l’augmentation des échanges, la hausse des prix des produits de base et un retour des entrées de capitaux.
- Croissance cumulée du PIB par habitant sur 2020-2025 :
- Afrique subsaharienne : 3,6 %
- Reste du monde : 14 %
- Divergences internes à la région :
- Pays non tributaires des ressources naturelles : hausse moyenne du revenu par habitant de 21,6 % d’ici 2025.
- Pays exportateurs de pétrole : le revenu par habitant n’augmentera pas sur cette période.
Accès aux vaccins et coûts de vaccination
- Afrique subsaharienne représente 15 % de la population mondiale, mais au 5 avril, seulement 0,5 % de toutes les doses administrées à l’échelle mondiale l’ont été dans des pays d’Afrique subsaharienne.
- 38 des 45 pays de la région comptent sur le mécanisme COVAX et sur l’Union africaine pour accéder à des vaccins.
- Le coût de la vaccination de 60 % de la population :
- Peut atteindre 50 % des dépenses de santé de 2018 en République démocratique du Congo et en Gambie.
- Représente plus de 2 % du PIB pour un quart des pays de la région.
- Pourrait doubler ou tripler s’il était nécessaire de procéder à des injections de rappel.
- Recommandations internationales liées aux vaccins :
- Éliminer les restrictions à la diffusion des vaccins ou du matériel médical.
- Financer intégralement des mécanismes multilatéraux tels que le COVAX.
- Redistribuer rapidement les doses de vaccins excédentaires.
Effets socio-économiques et vulnérabilités
- Augmentation du nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté : 32 millions en 2020.
- Éducation : le nombre de jours d’école manqués est plus de quatre fois plus élevé que dans les pays avancés.
- Emploi : baisse d’environ 8,5 % en 2020.
- Revenu par habitant retombé à son niveau de 2013.
- Nécessité de filets de sécurité sociale plus solides pour éviter des séquelles permanentes.
Bilans publics et vulnérabilité liée à la dette
- Trains de mesures budgétaires liées à la pandémie en 2020 :
- Afrique subsaharienne : 2,6 % du PIB en moyenne.
- Pays avancés : 7,2 % du PIB.
- Dette publique en 2020 :
- Plus de 66 % du PIB (moyenne pondérée de 58 %), niveau le plus élevé depuis près de 15 ans.
- Pays à risque :
- Dix-sept pays, représentant environ un quart du PIB de la région, ou 17 % de la dette de la région, présentent un risque élevé de surendettement ou sont déjà en situation de surendettement.
- Mesures mentionnées pour alléger la pression :
- Prolongation de l’initiative du G20 pour la suspension du service de la dette jusqu’en décembre 2021.
- Nouveau cadre commun relatif à la dette.
- Allocation de droits de tirage spéciaux proposée à hauteur de 650 milliards de dollars, qui fournirait environ 23 milliards de dollars aux pays d’Afrique subsaharienne.
Bilans du secteur privé et revenus des ménages
- Ventes mensuelles des entreprises : effondrement de 40 à 80 % en 2020 par rapport au niveau d’avant la crise.
- Pertes de revenus des ménages : entre 50 et 80 % des ménages interrogés ont déclaré une perte de revenus au pic de la première vague.
- Ratio des prêts improductifs : n’a augmenté que de manière modeste jusqu’à présent, en grande partie en raison de l’assouplissement temporaire de la réglementation pendant la crise.
Réformes structurelles et opportunités à long terme
- Numérique :
- Chaque jour, plus de 90 000 personnes se connectent à Internet pour la première fois en Afrique subsaharienne.
- Exploiter la révolution numérique renforcerait la résilience, l’efficience, l’accès aux marchés mondiaux, la fourniture des services publics, la transparence et la création d’emplois.
- Intégration régionale et commerce :
- Exportations hebdomadaires de marchandises : environ 6,5 milliards de dollars.
- Exportations intrarégionales : seulement environ un cinquième.
- Mise en œuvre de la nouvelle zone continentale de libre-échange : réduction de la vulnérabilité aux perturbations mondiales, stimulation de la concurrence régionale, amélioration de la productivité, attraction d’investissements étrangers et renforcement de la sécurité alimentaire.
- Marché du travail et démographie :
- Chaque année, 20 millions de nouveaux demandeurs d’emploi arrivent sur le marché du travail en Afrique subsaharienne.
- Au cours des 10 à 15 prochaines années, près d’un sur deux des nouveaux arrivants sur le marché du travail à l’échelle mondiale viendra d’Afrique subsaharienne.
- Avec une population de plus en plus urbanisée, des réformes transformatrices (protection sociale, transition numérique, transparence et gouvernance, atténuation du changement climatique) contribueraient à accroître la consommation régionale et à soutenir la demande mondiale.
- Besoin d’espace budgétaire :
- Les dirigeants devront créer davantage d’espace budgétaire pour exécuter ces réformes en accroissant les recettes intérieures, en renforçant l’efficacité et l’efficience des dépenses, et en gérant la vulnérabilité liée à la dette publique.
Besoins de financement et rôle de la communauté internationale
- Besoins supplémentaires de financement extérieur pour les cinq prochaines années :
- Pays les plus pauvres d’Afrique subsaharienne : 245 milliards de dollars.
- Ensemble de la région : 425 milliards de dollars.
- Contribution attendue de toutes les sources potentielles :
- Institutions financières internationales.
- Secteur privé.
- Aide des donateurs qui soit sans effet sur l’endettement.
- Allocation de DTS :
- Proposition d’allocation de droits de tirage spéciaux à hauteur de 650 milliards de dollars, fournissant environ 23 milliards de dollars à la région pour accroître les liquidités et combattre la pandémie.
Source : Abebe Aemro Selassie et Shushanik Hakobyan, Département Afrique du FMI, le 15 avril 2021.