L’artisan de la révolution des banques centrales
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- L’artisan de la révolution des banques centrales
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Bibliographic details
- Authors: PRAKASH LOUNGANI
- Published: April 13, 2023
Portrait et trajectoire professionnelle
- Auteur: Prakash Loungani.
- Publication: FINANCES & DÉVELOPPEMENT, Mars 2023.
- Profil: Lars E.O. Svensson — ancien vice-gouverneur de la Riksbank, professeur associé à l’École d’économie de Stockholm, acteur clé du développement du ciblage de l’inflation.
- Parcours académique et professionnel:
- Maîtrise de physique et de mathématiques appliquées, Royal Institute of Technology à Stockholm, 1971.
- Doctorat en économie à Stockholm; séjour d’un an au Massachusetts Institute of Technology avec professeurs et condisciples renommés.
- Premier poste: Institut d’études économiques internationales, Université de Stockholm.
- Poste à Princeton en 2001; retour comme vice‑gouverneur de la Riksbank en 2007; départ à la mi-2013.
- Âge et activité récente: À 75 ans, il demeure actif en recherche, questionnant notamment les indicateurs de surévaluation des prix des logements et les comportements des ménages en crise.
Contributions au ciblage de l’inflation et innovations de politique monétaire
- Principales idées et apports:
- Défenseur précoce et promoteur de l’amélioration continue du ciblage de l’inflation.
- Promotion d’une transparence accrue sur la trajectoire future de la politique monétaire afin d’atteindre l’objectif d’inflation.
- Préconisation du ciblage « souple » de l’inflation, reconnaissant la double mission: maintenir l’inflation près de l’objectif et l’économie proche du plein emploi.
- Introduction et diffusion de l’idée de ciblage des prévisions d’inflation: choisir une trajectoire des taux actuels et futurs pour que les prévisions d’inflation et d’emploi « paraissent satisfaisantes » et orientent l’économie vers l’objectif.
- Exemples institutionnels et chronologie:
- Références historiques: adoption du ciblage de l’inflation par la Banque de réserve de Nouvelle‑Zélande en 1989–90; Banque du Canada en 1991 (ramenant l’inflation à 2 %).
- Rapport à la Riksbank conduisant à l’adoption du ciblage de l’inflation début 1993, avec un objectif à long terme de 2 % à atteindre d’ici à 1995.
- Certaines banques centrales (Norges Bank, Riksbank, Banque nationale tchèque) ont publié des trajectoires de taux conformément aux recommandations de L. Svensson.
- Contribution académique clé: article célèbre de 1997 recommandant la fixation de trajectoires de taux cohérentes avec les prévisions d’inflation.
Réponse aux crises: Grande Récession et outils non conventionnels
- Rôle dans la Grande Récession:
- Les améliorations prônées par Svensson et d’autres ont permis aux banques centrales d’empêcher que la crise financière de 2007 ne dégénère en une nouvelle Grande Dépression.
- En qualité de vice‑gouverneur, il a aidé la Riksbank à surmonter les premières phases de la crise.
- Préconisations spécifiques:
- Encouragement à communiquer que les taux seraient « à un niveau bas pendant longtemps », fournissant des indications prospectives.
- Recommandation d’adopter des taux d’intérêt négatifs quand les taux directeurs sont ramenés à zéro, afin d’inciter les banques à prêter et de stimuler la demande.
- Adoption et effets:
- Mise en œuvre: taux d’intérêt négatifs adoptés en 2012 par la banque centrale danoise, puis par la Banque centrale européenne et d’autres.
- Évaluation: les taux négatifs restent controversés, mais certains économistes estiment qu’« ils auront une action comparable à celle d’une politique monétaire normale » si appliqués correctement.
Débat sur la politique monétaire vs stabilité financière
- Position de Svensson:
- Plaidoyer pour que la politique monétaire se concentre sur l’inflation et la production, tandis que la stabilité financière relève de la politique macroprudentielle — « différentes et il est préférable de les mener séparément ».
- Argumentation fondée sur des calculs coûts/avantages montrant que les avantages d’un relèvement des taux pour la stabilité financière sont maigres et incertains, tandis que les coûts en termes d’emploi et de pressions déflationnistes sont majeurs et plus certains.
- Conflit à la Riksbank:
- En juillet 2009, la Riksbank avait abaissé ses taux à 0,25 %.
- En 2010, la Riksbank a commencé à relever ses taux; Svensson s’y est opposé, estimant la prévision d’inflation encore nettement inférieure à l’objectif et le chômage élevé.
- Après deux années de désaccord, Svensson a quitté la Riksbank à la mi-2013, déclarant qu’il n’était « pas parvenu à susciter l’adhésion à une politique monétaire » qu’il préférait.
- Rétrospective: en 2014 les relèvements de 2010–11 se sont révélés inefficaces pour maîtriser la hausse des prix des logements et ont favorisé déflation et fragilisation économique; la Riksbank a ramené les taux à zéro puis adopté des taux négatifs en 2015 (expérience jugée concluante par un document de travail du FMI de Rima Turk).
- Référence au travail du FMI:
- Les calculs coûts/avantages de Svensson figuraient dans un document des services du FMI de 2015 sur « Politique monétaire et stabilité financière », concluant que, dans la plupart des cas, les coûts sont plus élevés que les avantages.
Style, influence et réception
- Réputation professionnelle:
- Loué pour sa créativité, son indépendance d’esprit et son franc‑parler par des pairs tels que Ben Bernanke et Robert Tetlow.
- Reconnu pour inciter à l’innovation des banques centrales en période de crise et pour son calme et sa franchise.
- Impact intellectuel:
- Ses travaux ont aidé à faire évoluer la politique monétaire vers une conception davantage tournée vers l’avenir et une plus grande transparence.
- Suscite des débats et oblige la communauté économique à repenser les pratiques établies.
Article: Prakash Loungani, « L’artisan de la révolution des banques centrales », FINANCES & DÉVELOPPEMENT, Mars 2023.