Paroles d’économistes : L’économiste internationaliste
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- Paroles d’économistes : L’économiste internationaliste
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- Authors: HENNY SENDER
- Published: June 7, 2024
Portrait et trajectoire personnelle
- Né à Shanghai en 1952.
- Expérience de jeunesse pendant la révolution culturelle : travail dans une conserverie de poisson ; période de fermeture de 10 ans des universités.
- Diplômes :
- 1982 : diplôme d’économie de l’Université Fudan.
- Master en administration publique à Princeton.
- Doctorat en économie à Johns Hopkins.
- Vie privée et traits : décrit comme yuan hua (comme un galet poli par l’adversité) ; discret, rarement expressif sur sa jeunesse.
Parcours professionnel et rôle au FMI
- Carrière :
- Économiste à la Banque mondiale au début des années 90.
- A gravi les échelons à la Bank of China.
- 2009 : vice-gouverneur de la Banque populaire de Chine.
- 2010 : nommé conseiller spécial du directeur général Dominique Strauss-Kahn, puis directeur général adjoint sous Christine Lagarde.
- Huit ans après son départ du FMI, il est vice-président du Centre chinois pour les échanges économiques internationaux.
- Style et influence institutionnelle :
- Considéré comme « fonctionnaire international » et médiateur entre Chine et Occident.
- Réputé adaptable : comparé à l’eau pour sa capacité d’adaptation.
- Préfère travailler en coulisses et valorise l’esprit d’équipe.
- Participation active à la « société civile » à Washington (club de lecture, travaux communautaires).
Contributions et réalisations clés au FMI
- Principales réformes soutenues ou obtenues :
- Contribution au redéploiement de 6 % de la quote-part des pays émergents et des pays en développement, augmentant leur influence au FMI.
- 2015 : plaidoyer pour l’inclusion du renminbi dans le panier de monnaies déterminant la valeur des droits de tirage spéciaux.
- Rôle opérationnel :
- A joué un rôle déterminant pour persuader la Chine de contribuer à hauteur de 45 milliards de dollars lors de la crise de la dette de la zone euro.
- A œuvré pour que les petits États insulaires membres puissent faire entendre leur voix.
Positions sur gouvernance mondiale et réformes du FMI
- Diagnostic :
- Considère l’antimondialisation comme le plus grand défi pour le monde polarisé et pour le FMI.
- Estime que « la structure de gouvernance et les droits de vote au FMI sont très en retard » par rapport à la réalité où « la moitié du PIB mondial provient des pays émergents ».
- Propositions et priorités politiques :
- Repositionner le FMI en s’interrogeant sur son indépendance, son identité et son engagement envers les biens publics mondiaux.
- Élargir l’action du FMI au-delà du solde des transactions courantes, du solde budgétaire et du taux de change, vers des politiques axées sur l’emploi, la croissance dans les pays en développement et la réduction de l’inégalité des revenus.
- Promouvoir une plus grande liquidité et négociabilité des droits de tirage spéciaux.
- Mettre en place un système d’alerte avancée pour détecter les crises naissantes et accroître la résilience via des dispositifs régionaux de protection.
- Jouer un rôle de coordination pour soutenir la neutralité carbone et appuyer la politique budgétaire mondiale pour financer la transition.
Contraintes, débats et réalités géopolitiques
- Obstacles identifiés :
- Voix dominante au FMI : les États-Unis, un pays décrit comme en pleine ascension populiste et protectionniste.
- Désalignement entre les droits de vote au FMI et le poids économique réel des pays émergents.
- Tension entre Beijing et le FMI sur le rôle de la Chine dans la résolution de la dette de pays tiers et sur les critiques du FMI envers la politique économique chinoise.
- Diminution du nombre d’individus capables d’agir comme « passerelles » entre les mondes chinois et occidental, rendant les malentendus plus probables.
- Réalisme des propositions :
- Certaines recommandations de Zhu dépassent largement le rôle limité du FMI actuel ; il n’est pas certain qu’une organisation internationale existe déjà avec les capacités qu’il souhaite.
Synthèse et positionnement
- Zhu Min est présenté comme un réformateur internationaliste : il prône la coopération, la stabilité financière, la fluidité des capitaux et un FMI repositionné pour répondre aux besoins des pays en développement.
- Il reste optimiste et patient quant à la mise en œuvre progressive des réformes : « il nous a toujours dit qu’il faudrait peut-être des années pour déplacer la montagne », et exhorte à l’action malgré la lenteur du changement.
Paroles d’économistes : L’économiste internationaliste — HENNY SENDER, Juin 2024