Le FMI se félicite des mesures décisives que les pays ont déjà prises pour faire face à cette crise sanitaire et pour atténuer ses répercussions économiques. S’agissant de la politique budgétaire, nous estimons que les mesures discrétionnaires prises par les pays en vue d’endiguer la pandémie et son impact économique se chiffrent à environ 9 000 milliards de dollars, soit 1 000 milliards de dollars de plus qu’il y a un mois seulement. Cela comprend l’appui budgétaire direct (actuellement estimé à 4 400 milliards de dollars dans le monde), ainsi que des prêts, des prises de participation, des garanties et d’autres opérations quasi budgétaires du secteur public (par exemple, l’activité non commerciale des entreprises publiques), d’un montant total de 4 600 milliards de dollars.
Les pays avancés et les pays émergents du G-20 sont en première ligne : leurs interventions représentent un total de 7 000 milliards de dollars. Un appui budgétaire est également assuré par les stabilisateurs automatiques, à savoir les éléments du système d’imposition et de prestations sociales qui stabilisent les revenus et la consommation, notamment les impôts progressifs et les prestations d’assurance chômage.
En même temps, afin de préserver la stabilité du système financier et de soutenir l’économie mondiale, les banques centrales ont réagi vivement. Ces mesures, qui sont décrites dans le dernier Rapport sur la stabilité financière dans le monde du FMI, sont résumées ci-après. Tout d’abord, les banques ont considérablement assoupli leur politique monétaire en abaissant les taux directeurs (dans le cas des pays avancés, à des niveaux historiquement bas). Dans la moitié des pays émergents et des pays à faible revenu, les banques centrales ont fait de même. Les effets de ces baisses de taux seront amplifiés par les cadrages prospectifs de la trajectoire attendue de la politique monétaire et l’élargissement des programmes d’achats d’actifs des banques centrales.
Deuxièmement, les banques centrales ont apporté des liquidités supplémentaires au système financier, y compris au moyen d’opérations d’open market. Troisièmement, plusieurs banques centrales ont accepté d’accroître l’apport de liquidités en dollars au moyen d’accords de swap. Enfin, elles ont rétabli des dispositifs qui ont servi pendant la crise financière mondiale et ont lancé une série de nouveaux programmes globaux, dont l’achat d’actifs plus risqués tels que des obligations d’entreprises. En assumant de fait le rôle d’acheteur en dernier ressort sur ces marchés et en contribuant à maîtriser les pressions à la hausse du coût du crédit, les banques centrales veillent à ce que les ménages et les entreprises continuent d’avoir accès au crédit à un prix abordable.
À ce jour, les banques centrales ont annoncé leur intention d’accroître leur apport de liquidités, y compris sous forme de crédits et d’achat d’actifs, d’au moins 6 000 milliards de dollars et se disent prêtes à en faire davantage si les conditions l’exigent. Ces mesures visant à maîtriser les retombées de la pandémie ont rassuré les investisseurs ces dernières semaines. Les tensions sur certains marchés se sont quelque peu relâchées et les prix des actifs risqués sont partiellement remontés. Les conditions financières se sont quelque peu assouplies, en particulier dans les pays avancés, grâce à un rebond de l’appétit pour le risque et à une valorisation des entreprises soutenue par un relâchement sans précédent de la politique monétaire.
Pour favoriser l’échange d’informations et la coopération internationale, le FMI a lancé un outil de suivi des mesures de politique budgétaire, monétaire et financière prises par les pays du monde entier ces dernières semaines.