Le 12 juin 2017, le Conseil d’administration du Fonds monétaire
international (FMI) a achevé la première revue du programme économique
de la Tunisie appuyé par un accord au titre du Mécanisme Élargi De
Crédit (MEDC). L’achèvement de la revue permet aux autorités de tirer
l’équivalent de 227.2917 millions de DTS (soit environ 314.4 millions
de dollars), ce qui portera le total des décaissements au titre de
l’accord à l’équivalent de 454.5837 millions de DTS (soit environ 628.8
millions de dollars).
L’accord de quatre ans au titre du MEDC d’un montant de 2.045625
milliards de DTS (soit environ 2.83milliards de dollars et 375 % de la
quote-part de la Tunisie) a été approuvé par le Conseil
d’administration le 20 mai 2016 (voir
communiqué de presse No. 16/238). Les réformes engagées par le gouvernement avec l’appui du MEDC
visent à réduire le déficit budgétaire pour stabiliser la dette
publique en dessous de 70 % du PIB à l’horizon 2020 tout en augmentant
les dépenses d’investissement et les dépenses sociales, et à assouplir
davantage le taux de change tout en maintenant l’inflation en dessous
de 4 %. Ce programme vise également à assurer la viabilité des
retraites et à mieux protéger les ménages vulnérables, tout en
accélérant les réformes destinées à améliorer la gouvernance et à
promouvoir une croissance génératrice d’emplois tirée par le secteur
privé. En achevant la revue, le Conseil d’administration a approuvé la
demande de dérogations des autorités à l’égard de la non-observation de
critères de réalisation sur les réserves internationales nettes, les
avoirs intérieurs nets et le déficit budgétaire primaire. Le Conseil
d’administration a également approuvé la demande des autorités pour
rééchelonner l’accès aux ressources en six versements semestriels.
A l’issue des délibérations du Conseil d’administration sur la Tunisie,
M. Mitsuhiro Furusawa, Directeur Général Adjoint et Président par
intérim, a fait la déclaration suivante :
« Les autorités tunisiennes demeurent fermement résolues à préserver la
stabilité macroéconomique et à assurer un relèvement durable de
l’emploi et du niveau de vie pour la population du pays. Les autorités
vont redoubler d’efforts pour relever les défis d’un ralentissement de
la croissance et des retards dans la mise en œuvre des politiques.
Leurs plans budgétaires permettront de parvenir à une réduction
progressive de la dette et d’assurer une augmentation des dépenses
d’investissement et des dépenses sociales. Le resserrement continu de
la politique monétaire et l’assouplissement accru du taux de change
contribueront à maîtriser l’inflation, à accroître la compétitivité et
à préserver les réserves internationales. Les réformes visant à
restructurer les banques publiques, renforcer la gouvernance et
améliorer le climat des affaires permettront de consolider les bases
d’une croissance inclusive et d’une forte création d’emplois.
« Pour parvenir à un rééquilibrage budgétaire propice à la croissance
et soucieux de la dimension sociale, il sera essentiel d’adopter et
mettre en œuvre les mesures fiscales prévues pour 2018 et rendre la
nouvelle Direction des Grandes Entreprises opérationnelle, deux
initiatives qui auront pour effet d’accroitre les recettes et de
renforcer l’équité fiscale.
Les autorités entendent appliquer de nouveau le mécanisme d’ajustement
des prix des carburants pour éviter les subventions régressives,
avancer rapidement dans la réforme de la fonction publique afin
d’améliorer la qualité des services et de réduire la masse salariale,
et mener de vastes réformes pour assurer la viabilité des retraites et
établir un dispositif efficace de protection sociale pour les ménages
vulnérables. Il est, en outre, possible d’améliorer la gestion des
entreprises publiques.
« La Banque centrale de Tunisie (BCT) a récemment relevé son taux
directeur afin de resserrer sa politique monétaire. D’autres
augmentations pourraient être envisageables si les tensions
inflationnistes persistaient. La mise en œuvre du mécanisme
d’adjudications de devises sera de nature à améliorer le fonctionnement
et la transparence du marché des changes.
« Les autorités ont enregistré d’importants progrès dans la
restructuration des banques publiques. Les prochaines étapes prévues
comprennent les modifications des dispositifs réglementaires et
juridiques pour accompagner la réduction des créances improductives.
Il importera en outre de mettre en œuvre d’autres mesures de
supervision bancaire, comme par exemple le démarrage des activités du
comité de résolution.
« Les autorités sont déterminées à renforcer la gouvernance et à
améliorer le climat des affaires. La mise en place de la haute autorité
de lutte contre la corruption, la création de nouvelles institutions
comme par exemple le guichet unique prévu pour les investisseurs et la
participation de la Tunisie au Pacte pour l’Afrique du G20
contribueront à la réalisation de ces objectifs. Le soutien continue
des bailleurs de fonds restera crucial dans le cadre des efforts de
reformes en Tunisie ».