Le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a
approuvé aujourd’hui un accord sur deux ans en faveur du Maroc au titre de
la
ligne de précaution et de liquidité (LPL), pour un montant de 2,1508 milliards de DTS (environ 2,97 milliards de
dollars, ou 240 % de la quote-part du pays). L’accès au titre de l’accord
pendant la première année sera équivalent à 1,25066 milliard de DTS
(environ 1,73 milliard de dollars, ou 140 % de la quote-part).
En dépit d’une forte hausse des prix mondiaux du pétrole, les autorités ont
réduit la vulnérabilité budgétaire et extérieure du pays, et ont mis en
œuvre des réformes importantes avec l’appui de trois accords LPL sur deux
ans consécutifs. Le nouvel accord LPL offrira une assurance contre les
chocs extérieurs et appuiera les efforts déployés par les autorités pour
continuer de renforcer la résilience de l’économie et promouvoir une
croissance plus élevée et plus inclusive.
Les autorités ont l’intention de considérer ce nouvel accord comme un
accord de précaution, comme elles l’ont fait pour les trois accords
précédents. Le premier accord LPL en faveur du Maroc, d’un montant de 4,1
milliards de DTS (environ 6,2 milliards de dollars au moment où il a été
approuvé) a été approuvé le 3 août 2012 (voir
communiqué de presse n° 12/287). Le deuxième, d’un montant de 3,2 milliards de DTS (environ 5 milliards de
dollars au moment où il a été approuvé) a été approuvé le 28 juillet 2014
(voir
communiqué de presse n° 14/368), et le troisième, d’un montant de 2,5 milliards de DTS (environ 3,5
milliards de dollars au moment où il a été approuvé), le 22 juillet 2016
(voir
communiqué de presse n° 16/355).
La LPL a été mise en place en 2011 afin de répondre de manière plus souple
aux besoins de liquidité de pays membres qui affichent des paramètres
fondamentaux sains et un bilan solide en matière d’exécution de la
politique économique, mais qui restent vulnérables à certains égards.
À l’issue des débats du conseil d’administration sur le Maroc, M. Mitsuhiro
Furusawa, directeur général adjoint du FMI et président par intérim du
conseil d’administration, a prononcé la déclaration ci-après :
« Le Maroc a accompli des progrès considérables dans la réduction de sa
vulnérabilité intérieure au cours des dernières années. La croissance est
restée robuste en 2018 et devrait s’accélérer progressivement à moyen
terme, sous réserve d’une amélioration des conditions extérieures et d’une
exécution soutenue des réformes. Les déséquilibres extérieurs ont diminué
considérablement, l’assainissement des finances publiques a progressé, et
les cadres d’action et institutionnel ont été renforcés, notamment grâce à
la mise en œuvre de la récente loi organique relative à la loi de finances,
au renforcement de la surveillance du secteur financier, à
l’assouplissement du régime de change et à l’amélioration du climat des
affaires.
« Néanmoins, les perspectives restent exposées à des risques extérieurs,
parmi lesquels une montée des risques géopolitiques, une croissance lente
chez les principaux partenaires commerciaux du Maroc et la volatilité des
marchés financiers mondiaux. Dans ce contexte, un nouvel accord au titre de
la ligne de précaution et de liquidité avec le FMI offrira une assurance
utile contre les risques extérieurs, et appuiera l’action entreprise par
les autorités pour continuer de réduire la vulnérabilité budgétaire et
extérieure, ainsi que promouvoir une croissance plus élevée et plus
inclusive.
« Sur la base des progrès accomplis dans le cadre des précédents accords au
titre de la ligne de précaution et de liquidité, la poursuite de
l’assainissement des finances publiques réduira le ratio dette publique/PIB
à moyen terme, tout en garantissant le financement des dépenses
d’investissement et des dépenses sociales qui sont prioritaires. Ces
efforts doivent reposer sur des réformes de la fiscalité et de la fonction
publique, une décentralisation budgétaire judicieuse, un renforcement de la
surveillance des entreprises publiques et un meilleur ciblage des dépenses
sociales. L’assouplissement du taux de change continuera de renforcer la
capacité de l’économie à absorber des chocs et préservera la compétitivité.
L’adoption de la loi sur la banque centrale et la poursuite de la mise en
œuvre des recommandations du programme d’évaluation du secteur financier
2015 contribueront à renforcer le cadre d’action dans le secteur financier.
Enfin, il est essentiel d’opérer des réformes de l’éducation, de la
gouvernance et du marché du travail, ainsi que d’améliorer continuellement
le climat des affaires pour rehausser la croissance potentielle et réduire
le chômage élevé, en particulier le chômage des jeunes, ainsi que pour
accroître le taux d’activité des femmes. »