TEXTE PRÉPARÉ POUR L’INTERVENTION
Introduction
Chers invités, Mesdames et Messieurs,
Bonjour et merci de m’avoir donné la chance de participer à cet événement
important.
Le vent souffle souvent à Singapour. Il est ici synonyme de changements et
de possibilités. Jadis, c’est le vent qui amenait les bateaux au port de la
ville. Ils se réapprovisionnaient en attendant le passage de la mousson et
l’arrivée de la nouvelle saison.
« Rien n’est permanent, sauf le changement », disait le philosophe grec
Héraclite d’Éphèse.
C’est une évidence pour Singapour comme pour vous. C’est l’esprit même du
Fintech Festival : ouvrir des portes vers de nouveaux avenirs numériques,
hisser les voiles pour naviguer au vent du changement.
Le changement peut pourtant nous paraître intimidant, déstabilisant, voire
menaçant. C’est particulièrement vrai pour le changement technologique, qui
bouleverse nos habitudes, nos emplois et nos interactions sociales.
Le secret est d’exploiter les avantages tout en gérant les risques.
Singapour a fait preuve d’une vision exceptionnelle en matière de
technologies financières : pensons par exemple à son bac à sable
réglementaire, qui permet de tester de nouvelles idées, ou à son
laboratoire d’innovation en matière de fintech, qui collabore avec les plus
grandes banques centrales dans le domaine des paiements internationaux.
Dans ce contexte, je voudrais faire trois choses ce matin :
- Premièrement, présenter cette question en tenant compte de la nature
changeante de la monnaie et de la révolution des fintech.
- Deuxièmement, évaluer le rôle des banques centrales dans ce nouveau
paysage financier, notamment en matière d’émission de monnaie numérique.
- Troisièmement, examiner certains inconvénients et envisager les moyens de
les atténuer.
1. La nature changeante de la monnaie et la révolution des fintech
Permettez-moi de commencer par la grande question qui nous intéresse
aujourd’hui : la nature changeante de la monnaie.
Quand le commerce était local, et qu’il s’organisait autour de la place du
village, une monnaie sous forme de jetons — des pièces en métal —
suffisait, et ce système était efficient.
Quelques pièces changeaient de mains, et les transactions étaient réglées.
Du moment que ces pièces étaient valables, ce que l’on déterminait en les
observant, en les grattant, voire en les mordant, peu importait qui les
détenait.
Mais lorsque le commerce a commencé à embarquer sur des navires, tels que
ceux qui transitaient par Singapour, et à couvrir des distances de plus en
plus longues, le transport de pièces est devenu coûteux, risqué et
fastidieux.
L’invention chinoise du papier-monnaie, au neuvième siècle, n’a pas réglé
tous les problèmes. L’innovation a produit la lettre de change, un document
permettant aux marchands disposant d’un compte bancaire dans leur ville
d’origine de retirer de l’argent auprès d’une banque de leur lieu de
destination.
Les Arabes appelaient ces lettres de change des sakk — c’est de là
que vient le mot « chèque ». Ces chèques, et les banques qui les ont
adoptés, se sont répandus dans le monde entier, sous l’impulsion des
banquiers et marchands italiens de la Renaissance. Il existait d’autres
types de lettres de change, comme les billets du Shanxi en Chine et les hundi en Inde.
Dès lors, il importait de savoir avec qui on traitait. Ce marchand persan
est-il le propriétaire légitime de cette lettre de change ? Ce document
est-il fiable ? Cette banque du Shanxi l’acceptera-t-elle ? La confiance
est devenue essentielle, et l’État est devenu le garant de cette confiance
en offrant des garanties en liquidités et en assumant un rôle de
supervision.
Pourquoi ce petit cours d’histoire, me direz-vous ? Parce que la révolution
des fintech remet en question les deux formes de monnaie que nous venons
d’évoquer, à savoir les pièces et les dépôts auprès des banques
commerciales. Elle remet également en question le rôle de l’État dans
l’émission de monnaie.
Nous nous trouvons à un tournant de l’histoire. Vous, jeunes et ambitieux
entrepreneurs rassemblés ici aujourd’hui, vous n’inventez pas seulement des
services ; vous êtes peut-être en train de réinventer l’histoire. Et nous
nous efforçons tous de nous y adapter.
Un vent nouveau souffle : celui de la numérisation. Dans ce monde nouveau,
nous pouvons nous rencontrer où et quand nous le souhaitons. La place du
village est de retour, mais sous une forme virtuelle, dans nos smartphones.
Nous échangeons les uns avec les autres, sans intermédiaire, des
informations, des services, et même des emoji, de façon instantanée.
Nous évoluons dans un monde d’information, où les données sont devenues le
« nouvel or », en dépit de préoccupations croissantes en matière de respect
de la vie privée et de cybersécurité. Dans ce monde, les milléniaux
réinventent le fonctionnement de l’économie, téléphone à la main.
Et ce point est très important : l’argent lui-même est en train de changer.
Nous le voulons plus pratique, plus simple à utiliser, et peut-être un peu
moins sérieux.
Nous attendons de lui qu’il s’intègre aux médias sociaux et se prête
facilement à une utilisation en ligne ou en personne, notamment pour les
micropaiements. Et son emploi doit naturellement être sûr, à l’abri des
criminels et des regards indiscrets.
Quel sera le rôle de l’argent liquide dans ce monde numérique ? On voit
déjà dans les vitrines des affichettes indiquant « pas de paiement en
espèces », et pas seulement en Scandinavie, région emblématique du monde
sans liquide. Dans bien d’autres pays, la demande d’espèces est en déclin,
comme le montrent les travaux récents du FMI. Dans dix, vingt ou trente
ans, qui échangera encore des morceaux de papier ?
Les effets des nouvelles formes de monnaie se font également sentir pour
les dépôts bancaires.
Pensons aux nouveaux prestataires de services de paiement spécialisés qui
proposent des monnaies électroniques : AliPay et WeChat en Chine, PayTM en
Inde, M-Pesa au Kenya, ... Ces formes de monnaie ont été conçues pour
l’économie numérique. Elles répondent à la demande des
utilisateurs et aux besoins de l’économie.
Même des cryptomonnaies telles que Bitcoin, Ethereum et Ripple tentent de
se faire une place dans le monde sans liquide, en se réinventant sans cesse
dans l’espoir d’offrir une valeur plus stable et de permettre un règlement
plus rapide et moins cher.
2. Plaidoyer pour des monnaies numériques émises par les banques
centrales
Permettez-moi d’aborder mon deuxième point : le rôle de l’État — et donc
des banques centrales — dans ce nouveau paysage monétaire.
Certains estiment que l’État devrait se mettre en retrait.
Les fournisseurs de monnaie électronique prétendent qu’ils sont moins
risqués que les banques parce qu’ils ne prêtent pas d’argent. Ils
conservent seulement les fonds de leurs clients sur des comptes de garde et
se limitent à régler les paiements au sein de leurs réseaux.
De leur côté, les cryptomonnaies s’efforcent d’asseoir leur réputation sur
la confiance dans la technologie : du moment qu’elles sont transparentes,
et pour peu que vous vous y connaissiez en technologie, vous pouvez faire
confiance à leurs services.
Je ne suis toutefois pas entièrement convaincue. La confiance reposera en
grande partie sur une réglementation adéquate de ces entités.
Mais devons-nous aller plus loin ? Outre la réglementation, l’État doit-il
rester un acteur du marché monétaire ? Doit-il combler le vide laissé par
le recul des paiements en espèces ?
Je vais être plus précise :
les banques centrales devraient-elles émettre une nouvelle forme
numérique de monnaie ?
Un jeton garanti par l’État, ou peut-être un compte auprès de la banque
centrale, que les particuliers comme les entreprises pourraient ouvrir pour
les paiements de détail ? Certes, les dépôts auprès des banques
commerciales sont déjà comptabilisés sous forme numérique. Mais cette
monnaie numérique relèverait de la responsabilité de l’État, comme c’est le
cas aujourd’hui pour les espèces, et non de celle d’une société privée.
Ce n’est pas de la science-fiction. Plusieurs banques centrales examinent
sérieusement ces pistes, dont celles du Canada, de la Chine, de la Suède et
de l’Uruguay. Elles accueillent à bras ouverts le changement et les idées
nouvelles — tout comme le fait le FMI.
Nous publions aujourd’hui une nouvelle étude
[1]
sur les avantages et les inconvénients d’une monnaie numérique émise par
une banque centrale — que j’appellerai simplement « monnaie numérique »
dans le reste de mon exposé. Elle aborde uniquement les effets nationaux de
la monnaie numérique. Ce document est disponible sur le site web du FMI.
Je pense qu’il faut envisager la possibilité d’émettre de la monnaie
numérique. L’État peut avoir un rôle à jouer pour apporter de l’argent à
l’économie numérique.
Cette monnaie pourrait répondre à des objectifs de politique publique, tels
que i) l’inclusion financière et 2) la sécurité et la protection des
consommateurs, et assurer une chose que le secteur privé ne peut pas
garantir : 3) le respect de la vie privée lors des paiements.
a) Inclusion financière
Je voudrais commencer par l’inclusion financière, un domaine où la monnaie
numérique est très prometteuse, par sa capacité à atteindre les habitants
et les entreprises des régions reculées et marginalisées. Ce n’est un
secret pour personne : les banques ne se précipitent pas pour desservir les
populations pauvres et rurales.
Ce point est essentiel, car il pourrait advenir que l’argent liquide ne
soit plus une possibilité. Si la majorité des utilisateurs adoptent des
formes de monnaie numériques, l’infrastructure nécessaire aux paiements en
espèces se détériorera, au détriment des habitants des zones périphériques.
Il serait envisageable de subventionner l’utilisation d’espèces dans ces
régions, mais cela reviendrait à déconnecter la vie économique de la
périphérie de celle du centre.
Bien sûr, la fourniture de monnaie numérique ne constitue pas
nécessairement la seule solution. Les États pourraient trouver plus
intéressant de promouvoir des solutions assurées par le secteur privé en
proposant des financements ou en améliorant les infrastructures.
b) Sécurité et protection des consommateurs
Le deuxième avantage de la monnaie numérique a trait à la sécurité et à la
protection des consommateurs. On peut établir un parallèle avec l’histoire
de David et Goliath. Autrefois, les pièces de monnaie et les billets de
banque auraient pu faire obstacle à la position dominante des grandes
firmes mondiales de paiement — banques, chambres de compensation, et
gestionnaires de réseaux — simplement parce qu’ils constituaient une
solution peu coûteuse et largement accessible.
En l’absence d’argent liquide, un pouvoir démesuré pourrait tomber entre
les mains d’un petit nombre de gigantesques prestataires privés de services
de paiement. Après tout, les moyens de paiement favorisent naturellement
les monopoles : plus ces services comptent d’utilisateurs, plus ils
deviennent utiles et bon marché.
Tout d’abord, les entreprises privées risqueraient de sous-investir dans la
sécurité, si elles ne prennent pas la mesure du coût global pour la société
d’une défaillance des systèmes de paiement. En outre, la résilience
pourrait être compromise : si la chaîne de paiement ne comprenait que
quelques maillons, il suffirait qu’un seul se brise pour que tout le
système soit paralysé. Il pourrait s’agir d’une cyberattaque, d’un
dysfonctionnement, d’une faillite, ou du retrait d’une firme du marché
local.
Il se peut que la réglementation ne parvienne pas à corriger pleinement
tous ces inconvénients. Une monnaie numérique offrirait des avantages comme
moyen de paiement de secours, et elle encouragerait la concurrence en
présentant une solution peu coûteuse et efficiente — tout comme son
ancêtre, le bon vieux billet de banque.
c)
Respect de la vie privée
Le troisième avantage de la monnaie numérique que je voudrais souligner a
trait au respect de la vie privée. Évidemment, les paiements en espèces
peuvent être anonymes. Nous y recourons afin de protéger notre vie privée
pour des raisons tout à fait légitimes : éviter le piratage et le profilage
de clients, par exemple.
Prenons un exemple simple. Imaginons que les personnes qui achètent de la
bière et des pizzas surgelées présentent un taux plus élevé de
non-remboursement de leur prêt immobilier que les consommateurs de brocolis
bio et d’eau de source. Que faire si vous avez une folle envie de bière et
de pizza, mais que vous ne voulez pas nuire à votre crédit ? Aujourd’hui,
vous payeriez en espèces. Mais demain ? Est-ce qu’un système de paiement
privé vous inciterait à vous tourner vers le rayon des fruits et légumes ?
Les banques centrales viendraient-elles à la rescousse en proposant une
monnaie numérique complètement anonyme ? Certainement pas, car cela
constituerait un cadeau inespéré pour la criminalité.
3. Les inconvénients des monnaies numériques émises par les banques
centrales
Ceci nous amène au troisième point que je voudrais examiner : les
inconvénients potentiels de la monnaie numérique. Les plus évidents sont
les risques qu’elle pose pour l’intégrité et la stabilité financières. Mais
je tiens également à souligner le risque que la monnaie numérique étouffe
l’innovation — ce qui ne ferait pas du tout votre affaire.
Nous devons aborder ces risques de façon créative. Comment les atténuer en
concevant la monnaie numérique par des moyens nouveaux et innovants ? La
technologie nous offre d’innombrables voies pour y parvenir.
a) Les risques pour l’intégrité financière
Revenons à l’apparente contradiction entre respect de la vie privée et
intégrité financière. Un compromis serait-il possible ?
Les banques centrales pourraient élaborer leur monnaie numérique de telle
sorte que l’identité des utilisateurs soit authentifiée par des procédures
de vérification adéquates et que les transactions soient enregistrées. Mais
leur identité ne serait divulguée ni aux tierces parties, ni aux
administrations, sauf si la loi l’exigeait. Si j’achetais de la bière et
des pizzas, le supermarché, sa banque et les annonceurs ne connaîtraient
pas mon identité. Et l’État non plus, tout au moins par défaut.
Des contrôles seraient toutefois menés en coulisse pour lutter contre le
blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. En cas de soupçon, il
serait possible de lever le secret de l’anonymat et d’enquêter.
Par rapport aux espèces, ce serait un bon système pour les utilisateurs,
une mauvaise nouvelle pour les criminels, et une amélioration pour l’État.
Bien sûr, des difficultés demeurent. Mon objectif à ce stade est
d’encourager l’exploration.
b) Les risques pour la stabilité financière
Le deuxième risque concerne la stabilité financière. Les monnaies
numériques pourraient exacerber les tensions que j’ai évoquées pour les
dépôts bancaires.
Si les monnaies numériques sont suffisamment semblables aux dépôts auprès
de banques commerciales — si elles sont très sûres, si leur détention est
illimitée, si elles permettent des paiements de tout montant, voire si
elles produisent des intérêts — alors pourquoi ouvrir un compte bancaire ?
Mais les banques ne sont pas des observateurs passifs. Elles peuvent rester
compétitives en proposant des taux d’intérêt plus élevés et de meilleurs
services.
Qu’en est-il du risque de panique bancaire ? Ce risque existe, mais
n’oublions pas que les gens se ruent vers les banques lorsqu’ils pensent
que tous les retraits en espèces ne pourront pas être honorés parce que les
premiers arrivés seront les premiers servis. À l’inverse, la distribution
de monnaie numérique est bien plus facile — voilà qui devrait rassurer les
consommateurs restés sur leur canapé !
En outre, si les déposants se ruent sur les actifs étrangers, ils
délaisseront également la monnaie numérique. Et dans de nombreux pays, il
existe déjà des valeurs refuges qui sont liquides et sûres, telles que des
fonds communs de placement ne détenant que des obligations d’État. La
question du risque des monnaies numériques pour la stabilité financière
n’est donc pas encore tranchée.
c) Les risques pour l’innovation
Si les monnaies numériques devenaient trop populaires, elles pourraient
étouffer l’innovation, ce qui serait ironique. Quel rôle vous resterait-il
si la banque centrale proposait un service complet, du portefeuille
numérique au jeton, en passant par les services d’exécution et de
liquidation.
Et si les banques centrales établissaient plutôt un partenariat avec le
secteur privé (banques et autres institutions financières) en leur disant :
« C’est vous qui assurez l’interface avec le client ; vous stockez leur
patrimoine, vous leur offrez des intérêts, vous leur proposez des conseils
et des prêts. Mais les transactions à proprement parler, c’est nous qui
nous en chargeons. »
Ce partenariat pourrait prendre des formes variées. Les banques ou d’autres
sociétés financières, dont des start-ups, pourraient gérer la monnaie
numérique, à peu près de la même façon dont les banques distribuent
actuellement les espèces.
Ou alors, les particuliers pourraient détenir des dépôts classiques auprès
de sociétés financières, mais les transactions seraient réglées entre les
sociétés, en monnaie numérique — exactement comme aujourd’hui, mais de
façon instantanée, pour un coût infime, et à tout moment.
L’avantage est évident : le paiement serait immédiat, sûr, bon marché et
éventuellement semi‑anonyme, comme le souhaitent les consommateurs. Les
banques centrales garderaient quant à elles la main sur les paiements. En
outre, elles assureraient des conditions de concurrence plus équitables et
fourniraient un tremplin pour l’innovation. Les banques ou d’autres
nouvelles entreprises pourraient, de leur côté, proposer une expérience
utilisateur conviviale, fondée sur les dernières technologies.
En d’autres termes, la banque centrale s’occuperait de ce qui constitue son
avantage comparatif, à savoir les services d’exécution et de liquidation,
et les institutions financières et les start-ups seraient libres de se
concentrer sur ce qu’elles font de mieux, à savoir innover et servir leur
clientèle. C’est la quintessence du partenariat public-privé.
Conclusion
Permettez-moi de conclure. Je me suis efforcée ce matin de peser le pour et
le contre de la monnaie numérique.
Mon analyse s’appuie sur l’évolution et l’apparition de nouvelles exigences
en matière d’argent, ainsi que sur des objectifs essentiels de politique
publique. J’estime que, même si la monnaie numérique ne fait pas
l’unanimité, elle mérite d’être envisagée avec sérieux, attention et
créativité.
Plus fondamentalement, c’est de changement qu’il s’agit : nous devons nous
ouvrir au changement, l’accepter et le façonner.
La technologie va changer et nous devons en faire autant, faute de quoi
nous resterons la dernière feuille sur une branche morte, après que toutes
les autres feuilles auront été balayées par le vent du changement.
Dans le monde des fintech, nous devons exploiter le changement en veillant
à ce qu’il soit équitable, sûr, efficace et dynamique. C’est l’objectif du
programme d’action de Bali sur les fintech, présenté par le FMI et la
Banque mondiale en octobre.
Quand le vent du changement s’intensifiera, qui nous guidera dans notre
voyage ? Les capitaines traversant le détroit de Singapour suivaient
l’Étoile polaire.
Mais aujourd’hui, demain, qui suivre ?
Je suggère que nous suivions une fille. Une petite fille sans peur. Avec un
peu de chance, vous pourriez tomber nez à nez avec elle dans le quartier
financier de New York.
Elle est téméraire. Elle est courageuse. Elle est sûre d’elle. Elle regarde
droit devant elle, vers l’avenir, avec audace et détermination — un avenir
qu’elle va façonner de ses propres mains, les yeux grands ouverts, sans
relâche et sans hésitation.
Et je l’entends nous dire : tenons le cap, toujours droit devant. Je n’ai
pas peur. (pause) Non, je n’ai pas peur.
Merci.
[1]
Note de réflexion des services du FMI intitulée « Casting Light on Central Bank Digital Currency », publiée
aujourd’hui sur notre site web.