Nous pouvons faire mieux, Déclaration de Kristalina Georgieva Directrice générale du FMI
IMF News, October 17, 2024
Source details
- Canonical URL
- Nous pouvons faire mieux, Déclaration de Kristalina Georgieva Directrice générale du FMI
Other formats
Bibliographic details
- Published: October 17, 2024
Contexte et ouverture
- Discours prononcé le 17 octobre 2024 lors des assemblées annuelles.
- Rappel des chocs récents : pandémie, guerres en Ukraine et au Moyen-Orient, crise du coût de la vie et creusement de la fracture de l’économie mondiale.
- Objectif du discours : donner un aperçu des échanges des ministres des Finances et des gouverneurs de banques centrales réunis pour examiner la conjoncture, les perspectives et les réponses à apporter.
Bonnes nouvelles macroéconomiques
- La grande vague mondiale d’inflation est en train de refluer.
- Facteurs de désinflation : politique monétaire résolue, relâchement des contraintes sur les chaînes d’approvisionnement, modération des prix des denrées alimentaires et de l’énergie.
- Pas de récession mondiale généralisée ni de destructions massives d’emplois comparables à la pandémie ; marchés du travail des États-Unis et de la zone euro connaissent un attiédissent ordonné.
- Sources de résilience citées : indépendance des banques centrales, réformes prudentielles dans le secteur bancaire, progrès des institutions budgétaires et développement des capacités.
Principaux risques et fragilités
- Inflation résiduelle : le niveau plus élevé des prix pèse sur les ménages ; les pauvres souffrent davantage, notamment dans les pays à faible revenu.
- Environnement géopolitique : expansion du conflit au Moyen-Orient, conflits prolongés en Ukraine et ailleurs, conséquences humanitaires et perturbations des marchés mondiaux du pétrole et du gaz.
- Perspectives économiques médiocres à moyen terme : croissance insuffisante pour éradiquer la pauvreté, créer l’emploi nécessaire et générer les recettes fiscales requises pour le service d’une dette colossale et les investissements, notamment pour la transition verte.
- Dette publique : niveaux supérieurs aux niveaux prépandémiques ; scénario fortement défavorable mais plausible où "la dette pourrait grimper de 20 points de pourcentage du PIB par rapport à notre scénario de référence."
- Espace budgétaire en contraction : l’augmentation de la dette, des taux d’intérêt élevés et la faiblesse de la croissance font croître le ratio intérêts/recettes, comprimant davantage les budgets des pays à faible revenu.
- Tensions géopolitiques et fragmentation : hausse possible des dépenses de défense et baisse relative de l’aide au développement ; protectionnisme et restrictions au commerce réduisant le rôle moteur du commerce pour la croissance.
Diagnostique politique : pourquoi agir et où porter les efforts
- Message central : "Nous pouvons faire mieux." Les prévisions ne sont pas une fatalité.
- Priorités nationales : réduire la dette et reconstituer des marges de manœuvre face aux chocs futurs ; rééquilibrer les budgets de façon crédible et progressive ; augmenter les recettes, améliorer l’efficience des dépenses et gagner la confiance des populations.
- Obstacles politiques : montée de discours favorisant des orientations budgétaires expansionnistes ; même des partis traditionnellement conservateurs recourent davantage à l’endettement.
- Importance de la croissance à moyen terme pour créer des emplois, mobiliser des recettes fiscales, dégager de l’espace budgétaire et garantir la viabilité de la dette.
Réformes prioritaires (au niveau national)
- Réformes du marché du travail
- Adapter les marchés du travail aux réalités démographiques (jeunes en essor ici, sociétés vieillissantes ailleurs).
- Faciliter la migration économique dans les limites politiques et sociales.
- Mettre en œuvre des mesures pour augmenter la participation des femmes.
- Améliorer les compétences et l’adéquation entre offre et demande d’emplois.
- Mobilisation des capitaux
- Les capitaux existent en abondance à l’échelle internationale mais sont mal localisés.
- Éliminer les entraves : climat peu propice à l’investissement, manque de profondeur des marchés de capitaux.
- Surveillance financière visant à garantir stabilité et résilience tout en encourageant la prise de risque avisée et la création de valeur.
- Amélioration de la productivité
- Renforcer la gouvernance et les institutions ; réduire les formalités administratives ; exploiter la puissance de l’IA.
- Dépenser plus et mieux dans l’éducation et la recherche et développement.
- S’inspirer des modèles des pays avancés leader en innovation (capital-risque, écosystèmes de soutien).
Gouvernance des réformes et acceptabilité sociale
- Le rythme des réformes a ralenti depuis la crise financière mondiale alors que le mécontentement augmente.
- Une étude du FMI signale que la résistance aux réformes repose souvent sur des croyances erronées et des perceptions sur les effets de répartition.
- Meilleures pratiques : dialogue avec la population et mesures d’atténuation pour ceux qui pourraient être perdants des réformes.
Priorités de coopération internationale
- Appel à œuvrer ensemble pour calmer les frictions géopolitiques et accomplir des tâches collectives.
- Commerce
- Défendre le système commercial mondial fondé sur des règles ; reconnaître les bénéfices du commerce (baisse des prix, qualité, emplois).
- Avertissement sur l’inefficacité des contournements par des pays tiers et les limites d’une réorientation durable.
- Climat
- Souligner la vulnérabilité des pays ayant le moins contribué aux émissions.
- Actions recommandées : dégager de l’espace budgétaire pour la transition verte, éliminer les subventions aux combustibles fossiles, acheminer les capitaux vers les usages les plus productifs.
- Intelligence artificielle
- Si bien encadrée, l’IA peut augmenter la croissance mondiale de "0,8 point de pourcentage" (selon une étude du FMI).
- Nécessité urgente de codes réglementaires et déontologiques de portée mondiale du fait de la nature transfrontière de l’IA.
Rôle et actions récentes du FMI
- Pendant son premier mandat, le FMI a fourni "des liquidités à hauteur de mille milliards de dollars" et des analyses et conseils pour synchroniser les actions des décideurs.
- Au début du deuxième mandat, le Conseil d’administration a approuvé des réformes renforçant la position financière du FMI :
- Réduction des commissions et commissions additionnelles sur les prêts ordinaires.
- Mise en place d’un ensemble complet de mesures garantissant la capacité d’octroyer des prêts concessionnels pour soutenir les pays à faible revenu.
- Gouvernance et représentativité
- Augmentation de 50 % des quotes-parts convenue lors des dernières assemblées annuelles.
- Le 1er novembre, le Conseil d’administration accueillera un troisième administrateur pour l’Afrique subsaharienne.
- Le FMI compte désormais 191 membres avec l’adhésion de la Principauté de Liechtenstein.
Conclusion politique et appel moral
- Appel à ne pas laisser les conflits entraver les tâches existentielles et à transcender les différences pour le bien commun.
- Vœu personnel de Kristalina Georgieva : que l’on se souvienne de la décennie comme d’une période de coopération et non d’échecs collectifs.
- Formule finale : "Pour notre prospérité et, à terme, pour notre survie, je suis certaine que nous pouvons faire mieux : que la paix règne sur terre et que la coopération connaisse un nouvel élan."
Déclaration de Kristalina Georgieva, Directrice générale du FMI, le 17 octobre 2024.