Perspectives économiques régionales : Moyen-Orient et Asie centrale
Regional Economic Outlook, October 2020
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- Perspectives économiques régionales : Moyen-Orient et Asie centrale
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- Published: October 19, 2020
Aperçu général
- Les pays des régions Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan (MOANAP) et Caucase et Asie centrale (CAC) ont réagi à la pandémie de COVID-19 en prenant rapidement des mesures strictes afin d’en atténuer la propagation et les répercussions, mais continuent de faire face à un environnement incertain et difficile.
- Les pays exportateurs de pétrole ont été particulièrement touchés par le double choc des retombées économiques des confinements et de la chute de la demande et des prix du pétrole.
- Priorités immédiates : maîtriser la crise sanitaire, atténuer les pertes de revenus et accroître les dépenses sociales.
- Objectif à moyen terme : poser les jalons de la reprise et remettre en place des économies plus solides en s’attaquant aux séquelles de la crise et en renforçant l’inclusion.
Perspectives à court terme et projections
- Les mesures sanitaires nécessaires pour endiguer la pandémie ont fortement réduit la mobilité et ont un coût économique élevé.
- Le PIB réel de la région devrait se contracter de 4,1 % en 2020, soit un repli de 1,3 point de pourcentage supplémentaire par rapport aux prévisions d’avril 2020.
- Sur fond de reprise mondiale timide, les perspectives risquent encore d’être révisées à la baisse tandis que les pays demeurent aux prises avec la pandémie.
- Actions opérationnelles recommandées au cours des mois à venir :
- Mobiliser des ressources appropriées pour les systèmes de santé.
- Bien cibler les programmes d’aide.
- Préserver l’emploi.
- Fournir des liquidités aux entreprises et aux ménages.
- Protéger les populations pauvres.
- Mettre en oeuvre une feuille de route économique conçue avec soin, ouvrant la voie à la reprise.
- Les pays avec un espace budgétaire réduit doivent prendre des mesures additionnelles pour remédier aux vulnérabilités urgentes afin d’assurer une reprise en douceur, tout en préservant la viabilité macroéconomique.
Risques à moyen et long terme ; cicatrices de la crise
- La pandémie pourrait avoir des répercussions économiques plus profondes et plus persistantes que les récessions précédentes dans la région MOAC.
- Facteurs aggravants spécifiques à la région :
- Forte exposition à un secteur des services (tourisme y compris) rudement touché.
- Tensions sur les bilans des entreprises.
- Faible capacité à travailler à distance.
- Dépendance à l’égard des envois de fonds.
- Scénario de cicatrices : le PIB réel dans la région pourrait demeurer au-dessous des tendances d’avant-crise pendant une décennie.
- Nécessité de trouver un équilibre entre préservation des moyens de subsistance, atténuation des séquelles et promotion de la reprise sans entraver le redéploiement nécessaire des ressources.
- Importance de reconstituer des marges de manoeuvre pour se protéger contre des chocs futurs.
Politique budgétaire : réactions, contraintes et recommandations
- Tous les pays ont adopté des mesures budgétaires d’envergure; assouplissement synchronisé le plus marqué dans les pays importateurs de pétrole et assouplissement considérable dans les pays exportateurs de pétrole.
- L’ampleur des mesures budgétaires a été légèrement inférieure à celles prises par d’autres pays émergents et pays en développement, pour certains pays du fait de systèmes de santé et de protection sociale déjà solides, ou du fait d’une marge de manoeuvre budgétaire limitée.
- Conséquences : mesures d’urgence cruciales mais, conjuguées à une baisse marquée des recettes, elles vont accroître les besoins de financement de la région.
- Une hausse de la dette et des déficits réduira l’espace budgétaire et mettra la région à la merci d’une recrudescence du virus et, dans certains pays, créera une dynamique insoutenable de la dette.
- Atténuations : baisse des coûts d’emprunt liée à l’assouplissement de la politique monétaire dans les pays avancés et hausse des financements officiels.
- Même avec des mesures de rééquilibrage ambitieuses, les pays ne devraient pas retrouver le niveau de dette d’avant la pandémie.
- Recommandations concrètes pour atténuer les risques budgétaires et accroître l’espace budgétaire :
- Élaborer des cadres budgétaires à moyen terme.
- Adopter des règles budgétaires.
- Renforcer la gestion de la dette.
- Renforcer l’observance fiscale.
- Accroître la progressivité des systèmes fiscaux.
- Rendre les dépenses plus efficientes, notamment par une amélioration de la gouvernance et une suppression progressive des subventions aux carburants.
- Favoriser une reprise inclusive en consolidant les dispositifs de protection sociale et en privilégiant les dépenses consacrées à la santé, à l’éducation et aux reconversions professionnelles.
Secteur financier et stabilité bancaire
- Les banques de la région MOAC ont débuté l’année dans une position généralement solide.
- La crise pourrait déclencher une augmentation notable des défauts de paiement et des prêts improductifs.
- Exercice simplifié de test de résistance : le coût potentiel d’une dépréciation des actifs pour les pays de la région pourrait atteindre 190 milliards de dollars.
- Résultats par sous-région :
- MOANAP est particulièrement touchée : les pays exportateurs de pétrole essuient les plus lourdes pertes; dans plusieurs pays importateurs de pétrole, les fonds propres des banques tombent en-deçà des normes réglementaires minimales.
- Les systèmes bancaires de la région CAC sont plus résilients, grâce à des niveaux initiaux de fonds propres plus élevés et de faibles crédits au secteur privé.
- Mesures de soutien au secteur financier jusqu’à présent ont aidé à éviter certains pires résultats et ont favorisé l’octroi de crédits.
- Priorités futures pour les autorités :
- Concilier offre continue de crédit et préservation de la stabilité financière.
- Supprimer progressivement l’assouplissement des réglementations à mesure que la pandémie s’atténue.
- Renforcer la surveillance.
- Continuer d’améliorer l’inclusion financière, notamment pour les petites et moyennes entreprises (PME), afin de stimuler une croissance inclusive.
Source : Perspectives économiques régionales : Moyen-Orient et Asie centrale, octobre 2020
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