Rapport sur la stabilité financière dans le monde, Avril 2020
Global Financial Stability Report, April 2020
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- Rapport sur la stabilité financière dans le monde, Avril 2020
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- Published: April 14, 2020
Contexte général et impacts initiaux de la COVID-19
- À la mi-février, lorsque les acteurs du marché ont commencé à craindre que l’épidémie se transforme en pandémie mondiale, les cours des actions ont fortement baissé par rapport aux niveaux excessifs qu’ils avaient atteints.
- Sur les marchés du crédit :
- Les écarts de taux se sont envolés, en particulier dans les segments à risque tels que les obligations à haut rendement, les prêts à effet de levier et la dette privée.
- Les émissions se sont fondamentalement arrêtées dans ces segments.
- Les prix du pétrole se sont effondrés en raison de l'affaiblissement de la demande mondiale et de l’absence d’un accord entre les pays de l'OPEP+ sur des baisses de la production.
- La volatilité des marchés a entraîné une ruée vers les actifs de qualité et le rendement des obligations refuges a brutalement baissé.
- À fin mars, les baisses des prix sur les marchés de crédit à risque équivalaient à environ deux tiers de celles observées lors de la crise financière mondiale (ces prix se sont entretemps redressés dans une certaine mesure).
Chapitre 2 — Marchés de crédit à risque : cartographie des vulnérabilités
- Évolution structurelle :
- Les marchés de crédit privé à risque se sont rapidement développés depuis la crise financière mondiale.
- Le rôle des institutions financières non bancaires s’est accru; le système est devenu plus complexe et opaque.
- Facteurs potentiels de vulnérabilité recensés :
- Moindre qualité de crédit des emprunteurs.
- Normes de souscription moins strictes.
- Risques de liquidité dans les fonds d’investissement.
- Interconnexion accrue entre acteurs.
- Éléments atténuants :
- Le recours des investisseurs au levier financier a diminué par rapport à la crise financière mondiale.
- Les expositions directes des banques ont diminué.
- Prépondérance de capitaux bloqués à long terme sur les marchés de la dette privée et des titres adossés à des crédits, atténuant les risques de retraits massifs dans certains segments.
- Scénario hypothétique fortement défavorable :
- Les pertes des banques sur des crédits à risque semblent gérables dans l’ensemble, bien qu’elles puissent être considérables dans un petit nombre de grands établissements.
- Les pertes pourraient être élevées pour les institutions financières non bancaires.
- Le rôle réduit des banques pourrait entraver l’offre de crédit sur ces marchés et aggraver une récession.
- Recommandations de politique immédiates et post-crise :
- Agir résolument pour endiguer les retombées économiques de la crise de la COVID-19 et faciliter les flux de crédit aux entreprises.
- Une fois la crise passée, examiner les sources de déstabilisation des marchés et s’attaquer aux facteurs de vulnérabilité mis en lumière.
Chapitre 3 — Pays émergents et pré-émergents : gestion de la volatilité des flux de portefeuille
- Problème mis en lumière :
- Le renversement soudain des flux d’investissements de portefeuille suite à la propagation mondiale de la COVID-19 révèle les difficultés de gestion des flux volatils et les risques pour la stabilité financière.
- Facteurs sous-jacents :
- Longue période de faibles taux d’intérêt incitant prêteurs et emprunteurs à prendre plus de risques.
- Accumulation de dette et, dans quelques cas, valorisations excessives liées aux entrées sur des marchés plus risqués.
- Résultats analytiques :
- Le chapitre quantifie la sensibilité de différents types de flux d’investissements de portefeuille et des coûts de financement correspondants à des facteurs internationaux et nationaux, en temps « normal » et lors de périodes de flux faibles ou élevés.
- Lors des périodes de flux extrêmes :
- Tant les flux obligataires que les flux d’actions sont beaucoup plus sensibles aux conditions financières mondiales qu’en temps normal.
- Les paramètres fondamentaux de l’économie nationale peuvent compter davantage pour les actions et les flux obligataires en monnaie locale.
- Une présence plus importante d’investisseurs étrangers sur des marchés obligataires en monnaie locale manquant de profondeur peut accroître considérablement la volatilité des rendements des obligations.
- Recommandations de politique :
- Utiliser les réserves pour réduire l’excès de volatilité.
- Appliquer des mesures de gestion des flux de capitaux.
- Se préparer à des perturbations de longue durée du financement extérieur.
Chapitre 4 — Secteur bancaire : faibles taux, faibles bénéfices ?
- Problème structurel :
- La rentabilité est un problème persistant pour les banques de plusieurs pays avancés depuis la crise financière mondiale.
- Le niveau très faible des taux d’intérêt a comprimé les marges d’intérêt nettes des banques.
- Impact de la COVID-19 :
- Au-delà des difficultés immédiates, la persistance de faibles taux d’intérêt sur une longue période risque de peser encore davantage sur la rentabilité des banques à moyen terme.
- Simulation et projections :
- Une simulation portant sur un groupe de neuf pays avancés indique qu’une part importante de leurs secteurs bancaires (mesurée en actifs) pourrait ne pas être en mesure de dégager des bénéfices supérieurs au coût de leurs fonds propres en 2025.
- Mesures d’atténuation et risques potentiels :
- Mesures que les banques pourraient prendre pour atténuer les pressions sur les bénéfices : relever leurs revenus tirés des frais de gestion ou réduire leurs coûts.
- Difficulté à atténuer pleinement ces pressions; risque que les banques prennent des risques excessifs pour compenser le manque à gagner.
- Accumulation potentielle de facteurs de vulnérabilité dans le système bancaire, jetant les bases de problèmes futurs.
- Recommandations de politique :
- Supprimer les obstacles structurels à la consolidation du secteur bancaire.
- Intégrer un scénario à bas taux d’intérêt dans l’évaluation des risques et le contrôle des banques.
- Recourir à des mesures macroprudentielles pour réduire les incitations à prendre des risques excessifs et assurer des flux de crédit suffisants à l’économie.
Chapitre 5 — Risques physiques et cours des actions
- Contexte et motivation :
- L'augmentation prévue de la fréquence et de la gravité des catastrophes dues au changement climatique risque de mettre en péril la stabilité financière.
- Les marchés des actions sont un segment essentiel et sensible aux risques à long terme, offrant un terrain d’étude pour l’influence des risques physiques sur les institutions et les marchés financiers.
- Éléments empiriques :
- Au cours des 50 dernières années, les grandes catastrophes ont généralement eu des effets modestes sur :
- les marchés des actions,
- les actions des banques,
- les actions des compagnies d'assurance non-vie,
- bien que des divergences soient observées selon les caractéristiques propres à chaque pays.
- Un taux de pénétration des assurances plus élevé et une plus grande force financière des États ont contribué à atténuer les effets néfastes des grandes catastrophes sur les marchés des actions et les institutions financières.
- La valorisation globale des actions en 2019 ne semble pas tenir compte de l'évolution des risques matériels prévue dans divers scénarios de changement climatique.
- Implications et recommandations :
- Les investisseurs boursiers ne prêtent peut-être pas suffisamment attention aux risques liés au changement climatique.
- Au-delà des mesures d’atténuation et d’adaptation climatique, les initiatives suivantes contribueraient à réduire les effets néfastes des catastrophes climatiques sur la stabilité financière :
- accroître le taux de pénétration des assurances,
- renforcer la santé financière des États.
- Il faut améliorer la mesure de l'exposition aux catastrophes climatiques et la divulgation d'informations afin de faciliter le pricing des risques physiques liés au changement climatique.
Source: Rapport sur la stabilité financière dans le monde, Avril 2020